Espace prolapsus et incontinence urinaire
Statique pelvienne · Comprendre
Comprendre le prolapsus et l’incontinence urinaire
Une sensation de « boule » dans le vagin, une pesanteur en fin de journée, des fuites lorsque l’on tousse ou lorsque l’envie d’uriner devient trop pressante : ces symptômes sont extrêmement fréquents, mais restent encore souvent difficiles à évoquer. Le prolapsus génital et l’incontinence urinaire appartiennent aux troubles du plancher pelvien. Ils peuvent être associés, mais il s’agit de problèmes différents et leurs traitements ne sont pas nécessairement les mêmes. Surtout, ni le prolapsus ni les fuites urinaires ne doivent être considérés comme une conséquence inévitable de l’âge ou des grossesses : lorsqu’ils deviennent gênants, plusieurs traitements efficaces existent. La Haute Autorité de Santé souligne que prolapsus et incontinence urinaire sont des pathologies fréquentes pouvant altérer significativement la qualité de vie. (Haute Autorité de Santé)
Qu’est-ce que le plancher pelvien ?
Le bassin contient plusieurs organes : la vessie et l’urètre en avant, l’utérus et le vagin au centre, le rectum en arrière.
Ces organes ne « flottent » pas librement dans le bassin. Ils sont soutenus par un ensemble de muscles, de fascias et de ligaments, que l’on regroupe souvent sous le terme de plancher pelvien ou de périnée.
On peut se représenter ce plancher pelvien comme un hamac musculaire et ligamentaire tendu sous les organes du petit bassin. Il participe au soutien de la vessie, de l’utérus et du rectum, mais également à la continence urinaire et anale. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Lorsque les systèmes de soutien deviennent moins efficaces, deux grandes catégories de symptômes peuvent apparaître :
les organes peuvent descendre vers le vagin : c’est le prolapsus ;
ou
le système permettant de retenir les urines peut devenir insuffisant : c’est l’incontinence urinaire.
Les deux phénomènes peuvent survenir ensemble, mais ce n’est pas obligatoire.
Qu’est-ce qu’un prolapsus ?
Un prolapsus génital, parfois appelé dans le langage courant « descente d’organes », correspond à la descente d’une ou plusieurs structures pelviennes vers l’intérieur du vagin, voire à travers son ouverture lorsque le prolapsus est important. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Le terme « descente d’organes » est pratique mais un peu simplificateur.
Dans de nombreuses situations, ce n’est pas réellement l’organe entier qui « tombe ». Ce sont surtout les parois du vagin et leurs systèmes de soutien qui se relâchent, permettant à la vessie, au rectum ou à l’utérus de faire saillie vers le vagin.
Un prolapsus est une maladie bénigne.
Il ne s’agit ni d’un cancer ni d’une maladie précancéreuse.
Et surtout, sa présence ne signifie pas nécessairement qu’un traitement est nécessaire : la prise en charge dépend principalement des symptômes et de la gêne ressentie. La HAS construit d’ailleurs ses recommandations thérapeutiques autour du prolapsus symptomatique. (Haute Autorité de Santé)
Une « descente d’organes » peut correspondre à plusieurs choses
Le vagin peut être schématiquement divisé en plusieurs zones de soutien.
Le prolapsus de la paroi antérieure : la vessie
La paroi située à l’avant du vagin soutient la vessie.
Lorsqu’elle se relâche, la vessie peut faire saillie dans le vagin : on parle de prolapsus antérieur, traditionnellement appelé cystocèle. Le NIDDK le décrit comme la forme la plus fréquente de prolapsus des organes pelviens. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
La patiente ne voit évidemment pas « sa vessie » directement : ce qu’elle peut sentir ou voir est la paroi vaginale qui bombe sous la poussée de la vessie située derrière elle.
Le prolapsus de l’utérus ou du sommet du vagin
Les ligaments situés dans la partie haute du pelvis soutiennent l’utérus et le sommet du vagin.
Lorsque ce système se relâche, le col puis l’utérus peuvent progressivement descendre dans le vagin.
Chez une femme ayant déjà eu une hystérectomie, l’utérus n’est évidemment plus présent, mais le sommet du vagin peut lui aussi descendre : on parle alors de prolapsus du dôme vaginal.
C’est pourquoi retirer l’utérus n’empêche pas nécessairement tout prolapsus ultérieur : le véritable enjeu est aussi celui du soutien du sommet du vagin.
Le prolapsus de la paroi postérieure : le rectum
À l’arrière, c’est le rectum qui est situé contre la paroi vaginale.
Lorsque cette paroi s’affaiblit, le rectum peut provoquer un bombement vers le vagin : il s’agit d’une rectocèle ou d’un prolapsus postérieur.
Dans certaines situations, le prolapsus postérieur peut s’accompagner de difficultés à évacuer les selles ou d’une sensation de vidange incomplète.
Mais la présence d’une rectocèle à l’examen ne signifie pas automatiquement qu’elle explique tous les troubles digestifs.
Plusieurs prolapsus sont souvent associés
Il est très fréquent qu’une patiente ne présente pas une seule anomalie parfaitement isolée.
Une cystocèle peut être associée à une descente de l’utérus et à une rectocèle.
C’est pourquoi le bilan cherche à analyser l’ensemble du soutien pelvien, et pas simplement la partie du prolapsus qui est la plus visible.
Cette analyse est importante avant un éventuel traitement, car corriger uniquement un compartiment alors que le principal défaut de soutien se situe ailleurs peut conduire à un résultat insuffisant.
Comment se manifeste un prolapsus ?
Le symptôme le plus caractéristique est une sensation de boule ou de corps étranger dans le vagin.
Certaines femmes décrivent l’impression :
que « quelque chose descend » ;
qu’un tampon serait mal positionné ;
d’avoir une lourdeur dans le bassin ;
ou de sentir une masse au niveau de l’entrée du vagin.
Lorsque le prolapsus est important, la patiente peut voir ou toucher elle-même une petite masse sortant de la vulve.
La HAS reconnaît notamment la sensation de pesanteur pelvienne comme l’un des principaux symptômes du prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Pourquoi la gêne est-elle souvent plus importante le soir ?
Le prolapsus est soumis à la gravité et à la pression abdominale.
Les symptômes peuvent donc être discrets le matin puis devenir plus marqués après plusieurs heures debout, une longue marche ou une journée physiquement active.
Certaines patientes constatent au contraire que la gêne diminue lorsqu’elles s’allongent.
La toux, les efforts importants ou le port de charges peuvent également accentuer temporairement la sensation de descente.
Un prolapsus peut-il provoquer des symptômes urinaires ?
Oui.
La modification de la position de la vessie et de l’urètre peut entraîner :
des difficultés à commencer à uriner ;
un jet moins efficace ;
une sensation de vidange incomplète ;
la nécessité d’uriner plusieurs fois ;
ou parfois une rétention d’urine.
Le NIDDK cite notamment la cystocèle parmi les situations pouvant être associées à une rétention urinaire. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Certaines femmes remarquent même qu’elles doivent repousser manuellement le prolapsus pour parvenir à uriner plus facilement.
Ces symptômes ne sont cependant pas systématiques.
Et des symptômes digestifs ?
Un prolapsus postérieur peut parfois gêner l’évacuation des selles.
Certaines patientes décrivent une sensation que les selles restent « bloquées » juste avant la sortie.
Plus rarement, elles doivent appuyer sur la paroi vaginale ou le périnée pour faciliter l’évacuation.
Mais constipation et prolapsus sont également liés de manière complexe : la constipation chronique et les poussées répétées peuvent favoriser les troubles du plancher pelvien, tandis qu’un prolapsus postérieur peut lui-même rendre la défécation plus difficile.
Le prolapsus peut-il gêner les rapports sexuels ?
Oui, mais pas toujours.
Certaines femmes ne ressentent absolument aucune différence.
D’autres décrivent une gêne mécanique, une sensation de pression, une diminution de certaines sensations ou parfois des douleurs.
La sécheresse vaginale, notamment après la ménopause, peut également participer aux symptômes et doit être distinguée du prolapsus lui-même.
La sexualité fait donc partie des éléments importants à aborder lors de la consultation lorsqu’elle constitue une préoccupation pour la patiente.
Un prolapsus peut-il être très important sans faire mal ?
Oui.
Le prolapsus n’est généralement pas une maladie douloureuse.
Il provoque davantage une sensation de poids, de gêne ou de corps étranger.
Certaines femmes présentent un prolapsus assez avancé mais relativement peu gênant.
À l’inverse, un prolapsus anatomiquement moins important peut être très mal vécu.
C’est une notion fondamentale : l’importance du prolapsus observé lors de l’examen et l’importance des symptômes ne sont pas toujours parfaitement corrélées.
Cette raison explique également pourquoi on ne décide pas d’une intervention à partir du seul « stade » du prolapsus.
Qu’est-ce que l’incontinence urinaire ?
L’incontinence urinaire correspond à une perte involontaire d’urine.
Mais toutes les fuites ne sont pas identiques.
Identifier dans quelles circonstances l’urine s’échappe est probablement l’information la plus importante pour comprendre le mécanisme en cause.
Les recommandations distinguent principalement l’incontinence urinaire d’effort, l’incontinence par urgenturie et les formes mixtes. (Nice)
L’incontinence urinaire d’effort
C’est la fuite typique qui survient :
lorsque l’on tousse ;
éternue ;
rit ;
court ;
saute ;
fait du sport ;
porte une charge ;
ou réalise un effort augmentant brutalement la pression dans l’abdomen.
La caractéristique importante est que la fuite survient sans être précédée d’une envie impérieuse d’uriner.
Un effort augmente brutalement la pression sur la vessie. Si le système de soutien de l’urètre et/ou le mécanisme sphinctérien ne compensent pas suffisamment cette pression, une petite quantité d’urine peut s’échapper.
Le NIDDK décrit précisément l’incontinence d’effort comme une fuite provoquée notamment par la toux, l’éternuement, le rire ou l’activité physique. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Pourquoi le périnée intervient-il dans l’incontinence d’effort ?
L’urètre est le petit conduit permettant à l’urine de sortir de la vessie.
Pour rester continente lors d’un effort, une femme doit pouvoir maintenir une pression suffisante dans l’urètre alors que la pression abdominale augmente.
Les muscles du plancher pelvien participent au soutien de cette région.
C’est pour cette raison que la rééducation des muscles du plancher pelvien peut améliorer l’incontinence urinaire d’effort chez de nombreuses patientes. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Mais une incontinence d’effort ne signifie pas nécessairement que « le périnée est faible » au sens simple du terme.
Le soutien ligamentaire, la mobilité de l’urètre et la fonction sphinctérienne interviennent également.
L’incontinence par urgenturie
Une autre patiente peut présenter un tableau complètement différent.
Elle ressent brutalement une envie extrêmement urgente d’uriner, difficile ou impossible à différer.
Elle se précipite vers les toilettes mais commence parfois à perdre des urines avant de les atteindre.
C’est l’incontinence urinaire par urgenturie.
Le problème n’est alors pas principalement qu’un effort dépasse les capacités du sphincter. Il est lié à un fonctionnement anormal du système de stockage de la vessie.
Qu’est-ce qu’une vessie hyperactive ?
On parle de syndrome d’hyperactivité vésicale lorsqu’il existe une urgenturie, généralement associée à une augmentation de la fréquence des mictions et parfois au besoin de se lever la nuit.
Une incontinence peut être associée, mais ce n’est pas obligatoire.
Une femme peut donc avoir une vessie hyperactive sans jamais avoir de fuite, simplement parce qu’elle parvient toujours à atteindre les toilettes à temps.
À l’inverse, une urgenturie très sévère peut provoquer des pertes urinaires importantes.
Le NIDDK inclut parmi les symptômes des troubles vésicaux les envies fréquentes, les mictions nocturnes et les pertes de contrôle urinaire. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
L’incontinence urinaire mixte
Certaines femmes présentent les deux mécanismes.
Elles perdent des urines lorsqu’elles toussent ou courent, mais également lorsqu’une envie urgente apparaît.
On parle alors d’incontinence urinaire mixte.
Il est utile de déterminer lequel des deux mécanismes est le plus gênant, car les traitements de l’incontinence d’effort et ceux de l’urgenturie sont différents.
Une intervention qui traite parfaitement les fuites à la toux ne traite pas nécessairement une envie impérieuse d’uriner.
Toutes les fuites urinaires ne sont donc pas la même maladie
Cette distinction est essentielle.
Dire simplement :
« J’ai des fuites urinaires »
est un début, mais ne suffit pas pour choisir un traitement.
Il faut savoir :
« À quel moment surviennent-elles ? »
Une fuite pendant un éternuement, une fuite précédée d’une envie irrépressible et une fuite continue jour et nuit correspondent à des situations très différentes.
C’est pourquoi le diagnostic précis précède toujours le traitement.
Prolapsus et incontinence urinaire sont-ils la même maladie ?
Non.
Ils peuvent avoir en commun certains facteurs de risque et certains mécanismes liés au plancher pelvien, mais ce sont deux problèmes différents.
Une femme peut avoir :
un prolapsus sans aucune fuite urinaire ;
une incontinence d’effort avec un soutien vaginal parfaitement satisfaisant ;
ou les deux simultanément.
La HAS traite d’ailleurs séparément les stratégies concernant le prolapsus et l’incontinence, même si leur association doit être recherchée. (Haute Autorité de Santé)
Un prolapsus important peut paradoxalement masquer une incontinence
C’est un phénomène assez surprenant.
Lorsqu’un prolapsus est important, il peut modifier l’angle de l’urètre ou le comprimer suffisamment pour empêcher temporairement les fuites à l’effort.
La patiente peut donc avoir l’impression qu’elle est parfaitement continente.
Lorsque le prolapsus est remis en place pendant l’examen — ou après sa correction — l’urètre retrouve une position différente et une incontinence jusque-là masquée peut apparaître.
Le CNGOF souligne précisément la nécessité de rechercher une incontinence pouvant être masquée par le prolapsus. (CNGOF)
C’est une des raisons pour lesquelles l’évaluation urinaire fait partie du bilan avant une intervention pour prolapsus.
Cela signifie-t-il qu’il faut systématiquement opérer prolapsus et incontinence en même temps ?
Non.
La situation est plus subtile.
Les recommandations françaises indiquent justement qu’une chirurgie du prolapsus et une chirurgie de l’incontinence d’effort ne doivent pas être automatiquement associées dans tous les cas. La possibilité d’un traitement en deux temps doit notamment être discutée avec la patiente. (Haute Autorité de Santé)
Autrement dit, découvrir deux anomalies ne signifie pas nécessairement devoir réaliser deux gestes simultanément.
Cette question sera détaillée dans l’article consacré aux traitements.
Pourquoi le plancher pelvien se fragilise-t-il ?
Il existe rarement une cause unique.
Le prolapsus et l’incontinence résultent plutôt de l’accumulation de plusieurs facteurs au cours de la vie.
La grossesse et l’accouchement jouent un rôle important.
Avec le temps, les muscles, les fascias et les ligaments du pelvis peuvent également perdre une partie de leurs propriétés mécaniques.
D’autres éléments peuvent augmenter régulièrement les contraintes exercées sur le plancher pelvien : surpoids, constipation chronique avec poussées répétées, toux chronique ou certaines activités impliquant des efforts importants. Les recommandations NICE consacrées au plancher pelvien prennent en compte ces différents facteurs modifiables dans la prévention et la prise en charge. (Nice)
Quel est le rôle des grossesses et des accouchements ?
La grossesse sollicite le plancher pelvien pendant plusieurs mois.
L’accouchement vaginal peut ensuite provoquer une distension importante des muscles et des structures de soutien.
Dans certaines situations, des lésions musculaires ou nerveuses peuvent persister après l’accouchement.
Cela ne signifie évidemment pas que toutes les femmes ayant accouché par voie vaginale développeront un prolapsus ou une incontinence.
Il existe une susceptibilité individuelle très variable.
Certaines femmes ayant eu plusieurs accouchements ne présenteront jamais de prolapsus important, tandis que d’autres peuvent développer des symptômes après une seule grossesse.
La césarienne protège-t-elle complètement ?
Non.
Elle évite une partie des contraintes directement liées au passage du bébé à travers le plancher pelvien, mais la grossesse elle-même exerce déjà des modifications importantes sur l’ensemble des tissus de soutien.
Le risque de troubles pelvi-périnéaux est donc influencé par le mode d’accouchement, mais ne se résume pas à lui seul.
Il serait donc excessif de considérer la césarienne comme une méthode permettant de garantir l’absence future de prolapsus ou d’incontinence.
Quel est le rôle de la ménopause ?
Avec l’âge et après la ménopause, les tissus vaginaux et pelviens se modifient.
La diminution des œstrogènes peut notamment provoquer une fragilité et une sécheresse des tissus vaginaux.
Mais le prolapsus n’est pas simplement une « maladie de la ménopause ».
Il résulte de l’histoire mécanique du plancher pelvien, de facteurs individuels, des grossesses, du vieillissement tissulaire et parfois des antécédents chirurgicaux.
De même, vieillir ne signifie pas devoir accepter des fuites urinaires comme normales.
Les antécédents familiaux ont-ils une importance ?
Probablement.
La résistance du tissu conjonctif varie d’une personne à l’autre, et une susceptibilité familiale aux prolapsus est observée.
Cela contribue à expliquer pourquoi des femmes ayant des histoires obstétricales comparables peuvent présenter des évolutions très différentes.
Le prolapsus n’est donc pas simplement la conséquence de quelque chose que la patiente aurait « mal fait ».
Le poids joue-t-il un rôle ?
Un excès pondéral augmente durablement la pression abdominale exercée sur le plancher pelvien et peut contribuer à certains symptômes.
La perte de poids peut notamment améliorer certaines formes d’incontinence urinaire chez les femmes en surpoids.
Cela ne signifie cependant pas que le poids est l’unique explication d’un prolapsus ou qu’une patiente devrait nécessairement perdre du poids avant de pouvoir bénéficier d’une prise en charge.
Il s’agit simplement d’un des éléments pouvant être modifiés lorsque cela est pertinent. NICE inclut les interventions sur le mode de vie parmi les mesures de prévention et de prise en charge des dysfonctions du plancher pelvien. (Nice)
Constipation et toux chronique
Tout ce qui entraîne de fortes augmentations répétées de la pression abdominale peut solliciter davantage le plancher pelvien.
Une constipation chronique nécessitant d’importantes poussées ou une toux chronique peuvent donc participer à la progression des symptômes chez certaines femmes.
Prendre en charge ces facteurs peut faire partie d’une stratégie globale, même lorsque le prolapsus est déjà présent. (Nice)
Le sport provoque-t-il les prolapsus ?
Il serait trop simple de l’affirmer.
L’activité physique apporte de nombreux bénéfices pour la santé et ne doit pas être découragée par principe.
Certaines activités produisant des pressions abdominales importantes peuvent cependant majorer temporairement les symptômes d’un prolapsus déjà présent ou révéler une incontinence d’effort.
L’objectif n’est donc généralement pas d’interdire le sport mais d’adapter l’activité aux symptômes et au fonctionnement du plancher pelvien.
Un prolapsus va-t-il forcément s’aggraver ?
Non.
L’évolution n’est pas identique chez toutes les femmes.
Un prolapsus peut rester stable pendant de nombreuses années.
Les symptômes peuvent aussi varier selon les périodes, le poids, l’activité, la constipation ou d’autres facteurs.
La découverte d’un petit prolapsus ne signifie donc pas qu’une intervention sera nécessaire quelques années plus tard.
Et surtout, un prolapsus non gênant n’a généralement pas besoin d’être corrigé simplement pour prévenir une éventuelle aggravation. La HAS recommande une stratégie thérapeutique centrée sur le prolapsus symptomatique et prévoit notamment des possibilités de prise en charge conservatrice. (Haute Autorité de Santé)
Un prolapsus peut-il devenir dangereux ?
Dans l’immense majorité des cas, un prolapsus constitue surtout un problème de confort et de qualité de vie, pas une maladie dangereuse.
Certaines formes très importantes peuvent néanmoins entraîner des difficultés de vidange de la vessie, des irritations de la muqueuse lorsqu’elle reste extériorisée ou, plus rarement, d’autres complications nécessitant une prise en charge.
Une difficulté importante à uriner ou l’impossibilité de vider correctement la vessie mérite donc une évaluation médicale. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Les fuites urinaires sont-elles dangereuses ?
Le plus souvent, non.
Mais leur impact sur la vie quotidienne peut être considérable.
Certaines femmes arrêtent de courir, d’aller à la salle de sport, de rire sans précaution ou d’avoir certaines activités sociales.
D’autres organisent leurs déplacements en fonction de la présence de toilettes.
Certaines diminuent même volontairement leur consommation de boissons par peur des fuites.
La HAS souligne l’altération significative de la qualité de vie pouvant être liée à l’incontinence urinaire. (Haute Autorité de Santé)
Il ne faut donc pas considérer qu’une maladie doit être dangereuse pour mériter d’être traitée.
Une envie fréquente d’uriner signifie-t-elle forcément une vessie hyperactive ?
Non.
Une infection urinaire peut produire temporairement des envies fréquentes et urgentes.
Une consommation importante de boissons, de café ou d’autres substances peut modifier la fréquence des mictions.
Certains médicaments, certaines maladies neurologiques ou métaboliques et une difficulté à vider la vessie peuvent également modifier les habitudes urinaires.
Le diagnostic de vessie hyperactive ne doit donc pas être posé uniquement parce qu’une patiente va souvent aux toilettes.
Le NIDDK recommande une consultation en présence notamment de difficultés à uriner, de pertes urinaires, de mictions nocturnes ou de douleurs pelviennes afin d’en déterminer l’origine. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Les fuites après une envie urgente sont-elles « psychologiques » ?
Non.
L’urgenturie et la vessie hyperactive correspondent à de véritables troubles du fonctionnement vésical.
Le stress et certaines situations émotionnelles peuvent évidemment modifier la perception de l’envie ou les symptômes, comme pour de nombreux phénomènes physiologiques, mais cela ne signifie pas que la maladie serait imaginaire.
Il existe des traitements comportementaux, de rééducation et médicamenteux permettant d’agir sur ces symptômes.
Est-il normal de se lever plusieurs fois la nuit pour uriner ?
Cela dépend notamment de l’âge, des boissons consommées, du sommeil et de l’état médical général.
Une miction nocturne occasionnelle n’a évidemment rien d’inquiétant.
Des réveils urinaires répétés peuvent en revanche faire partie d’un syndrome d’hyperactivité vésicale mais aussi avoir de nombreuses autres causes.
C’est pourquoi le nombre de mictions sur 24 heures, leur volume et les horaires peuvent parfois être étudiés grâce à un calendrier mictionnel lors du bilan.
Une femme peut-elle avoir du mal à uriner et être incontinente en même temps ?
Oui.
Cela peut sembler contradictoire mais ces symptômes peuvent coexister.
Un prolapsus peut par exemple gêner la vidange de la vessie alors qu’une incontinence d’effort apparaît à d’autres moments.
Certaines patientes peuvent également présenter une vidange incomplète et des envies urinaires fréquentes parce que la vessie se remplit rapidement à nouveau.
La description précise des symptômes est donc beaucoup plus informative que le seul mot « incontinence ».
Faut-il avoir honte de parler des fuites ?
Non.
L’incontinence urinaire est extrêmement fréquente et constitue un motif médical à part entière.
Elle n’est ni un manque d’hygiène ni une incapacité personnelle à « se retenir ».
De nombreuses femmes attendent plusieurs années avant d’en parler parce qu’elles pensent que les fuites sont normales après une grossesse ou avec l’âge.
Cette attente est d’autant plus dommage qu’il existe des traitements efficaces, souvent non chirurgicaux en première intention. Le renforcement supervisé du plancher pelvien fait notamment partie des approches reconnues de l’incontinence et du prolapsus. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
La rééducation périnéale n’est pas seulement utile après un accouchement
Les muscles du plancher pelvien restent entraînables tout au long de la vie.
Une rééducation correctement réalisée peut améliorer l’incontinence urinaire d’effort et certains symptômes de prolapsus. La HAS indique que la rééducation améliore notamment la sensation de pesanteur et certains symptômes associés au prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Cela ne signifie pas que toutes les patientes peuvent « remuscler » suffisamment leur périnée pour faire disparaître un prolapsus anatomique important.
La rééducation peut améliorer la fonction et les symptômes sans nécessairement remettre anatomiquement tous les organes exactement à leur position initiale.
Cette différence est importante pour comprendre les objectifs du traitement.
Un prolapsus implique-t-il forcément une opération ?
Non.
C’est probablement l’une des idées reçues les plus fréquentes.
Un prolapsus peu gênant peut simplement être surveillé.
La rééducation périnéale peut améliorer les symptômes.
Un pessaire, dispositif placé dans le vagin pour soutenir les organes, peut permettre de corriger mécaniquement le prolapsus sans chirurgie.
La chirurgie est réservée aux situations dans lesquelles elle apporte un bénéfice suffisant par rapport aux traitements plus simples. La HAS recommande précisément une information sur les différentes options et reconnaît la place de la rééducation et du pessaire dans la prise en charge conservatrice. (Haute Autorité de Santé)
Une incontinence urinaire implique-t-elle forcément une opération ?
Non plus.
La réponse dépend d’abord du type d’incontinence.
La rééducation du plancher pelvien occupe une place importante dans l’incontinence d’effort. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Pour l’urgenturie et la vessie hyperactive, la prise en charge repose sur une logique différente, notamment la rééducation comportementale et vésicale et, lorsque cela est nécessaire, des médicaments ou d’autres traitements. (Nice)
La chirurgie concerne surtout certaines formes d’incontinence d’effort lorsque les solutions conservatrices sont insuffisantes et que la gêne justifie une intervention.
En France, la HAS a d’ailleurs engagé en avril 2026 l’élaboration de nouvelles recommandations générales sur le traitement de l’incontinence urinaire d’effort féminine. (Haute Autorité de Santé)
Pourquoi faut-il distinguer prolapsus et incontinence avant de traiter ?
Parce qu’une intervention conçue pour corriger l’un ne corrige pas nécessairement l’autre.
Remonter une vessie descendue n’est pas la même chose que renforcer le mécanisme de continence de l’urètre.
Inversement, une intervention destinée à empêcher une fuite à la toux ne traite pas un prolapsus de l’utérus.
Et une chirurgie d’incontinence d’effort ne constitue pas un traitement de la vessie hyperactive.
Un diagnostic précis évite donc de réaliser le bon traitement pour le mauvais symptôme.
Le périnée ne se résume pas à la vessie
Les troubles du plancher pelvien peuvent concerner simultanément :
la continence urinaire ;
le soutien des organes ;
la fonction digestive ;
la sexualité ;
et parfois la douleur.
Cette vision globale explique pourquoi les formes complexes peuvent nécessiter une approche d’urogynécologie, associant selon les situations gynécologues, urologues, kinésithérapeutes ou sages-femmes spécialisés, et parfois spécialistes digestifs. La HAS destine d’ailleurs ses recommandations sur le prolapsus à l’ensemble de ces professionnels. (Haute Autorité de Santé)
Quand faut-il consulter ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre que le prolapsus soit extériorisé ou que les fuites soient quotidiennes.
Une consultation est utile dès que les symptômes deviennent gênants :
sensation de boule vaginale ;
pesanteur pelvienne ;
fuites à l’effort ;
envies urinaires difficiles à contrôler ;
difficultés à vider la vessie ;
gêne pour aller à la selle ;
ou retentissement sur le sport, la sexualité ou les activités quotidiennes.
Les troubles urinaires tels que perte de contrôle, difficultés à uriner ou mictions nocturnes répétées méritent également une évaluation lorsqu’ils altèrent la qualité de vie. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Quand faut-il consulter plus rapidement ?
Une impossibilité brutale d’uriner, des douleurs importantes, du sang visible dans les urines, une infection urinaire avec fièvre ou une aggravation rapide inhabituelle ne doivent pas être simplement attribués à un prolapsus connu.
Ils peuvent relever d’un autre problème nécessitant une évaluation spécifique.
De même, une fuite urinaire permanente et continue, très différente de petites pertes à l’effort ou lors d’une urgenturie, mérite un bilan particulier.
Le message essentiel
Le prolapsus génital correspond à une défaillance du soutien des organes du petit bassin. La vessie peut bomber vers la paroi antérieure du vagin, l’utérus ou le sommet du vagin peuvent descendre, et le rectum peut faire saillie vers la paroi postérieure. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Le symptôme le plus caractéristique est une sensation de boule, de descente ou de pesanteur vaginale, parfois plus marquée en fin de journée. Mais l’importance anatomique du prolapsus et la gêne ressentie ne sont pas toujours identiques.
L’incontinence urinaire est un problème différent.
Dans l’incontinence d’effort, les fuites surviennent typiquement lors d’une toux, d’un éternuement, d’un rire, d’une course ou d’un effort. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Dans l’incontinence par urgenturie, la fuite est précédée d’une envie extrêmement pressante et difficile à différer.
Et dans l’incontinence mixte, les deux mécanismes sont associés. (Nice)
Prolapsus et incontinence peuvent coexister, mais l’un ne provoque pas automatiquement l’autre. Un prolapsus important peut même parfois masquer une incontinence d’effort, ce qui explique l’importance d’évaluer les symptômes urinaires avant un éventuel traitement. (CNGOF)
Les grossesses, les accouchements, l’âge et différents facteurs augmentant les contraintes sur le plancher pelvien peuvent favoriser ces troubles, mais il existe une grande variabilité individuelle. (Nice)
Et surtout :
avoir un prolapsus ne signifie pas devoir être opérée ; avoir des fuites urinaires ne signifie pas non plus devoir subir une chirurgie.
Rééducation périnéale, modification de certains facteurs favorisants, pessaire, traitements de la vessie et, lorsque cela devient nécessaire, différentes interventions permettent aujourd’hui d’adapter la prise en charge à chaque situation. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
La bonne question n’est donc pas simplement :
« Ai-je une descente d’organes ? »
ou
« Suis-je incontinente ? »
mais plutôt :
« Quel mécanisme explique réellement mes symptômes ? Qu’est-ce qui me gêne dans ma vie quotidienne ? Existe-t-il à la fois un problème de soutien et un problème urinaire ? Et quel niveau de traitement est nécessaire pour retrouver une qualité de vie satisfaisante ? »
C’est cette distinction entre anatomie du prolapsus, fonctionnement de la vessie et retentissement réel des symptômes qui permet ensuite de construire une prise en charge réellement personnalisée.
Statique pelvienne · Diagnostic
Prolapsus et incontinence urinaire : diagnostic et bilan
Le diagnostic d’un prolapsus ou d’une incontinence urinaire repose d’abord sur quelque chose de très simple : comprendre précisément les symptômes, puis réaliser un examen clinique adapté. Dans la majorité des situations, il n’est pas nécessaire de multiplier les examens techniques. Un prolapsus peut être diagnostiqué et quantifié lors de l’examen gynécologique. Une incontinence urinaire peut souvent être caractérisée à partir des circonstances des fuites, d’un test à la toux, d’un calendrier mictionnel et de quelques examens simples. Le bilan urodynamique, l’imagerie ou la cystoscopie sont réservés à certaines situations particulières, notamment lorsqu’il existe des symptômes complexes, des difficultés à vider la vessie ou lorsqu’une intervention est envisagée et que le mécanisme de l’incontinence reste incertain. La HAS précise d’ailleurs qu’un prolapsus isolé, sans autre symptôme associé, relève essentiellement d’un bilan clinique. (Haute Autorité de Santé)
Le bilan commence par comprendre ce qui gêne réellement
Deux femmes peuvent présenter un prolapsus anatomiquement très comparable et pourtant vivre des situations complètement différentes.
L’une ressent essentiellement une petite boule vaginale en fin de journée.
L’autre présente des difficultés à uriner, doit parfois repousser le prolapsus pour vider sa vessie et a arrêté plusieurs activités physiques.
De même, dire simplement « j’ai des fuites urinaires » ne permet pas encore de savoir quel mécanisme est en cause.
La première étape consiste donc à préciser les symptômes, leur fréquence et surtout leur retentissement sur la qualité de vie. La HAS recommande d’évaluer le prolapsus non seulement anatomiquement mais également à travers la gêne fonctionnelle, sexuelle et psychosociale qu’il entraîne. (Haute Autorité de Santé)
Quelles questions pose-t-on en cas de prolapsus ?
Le symptôme le plus évocateur est une sensation de boule dans le vagin, éventuellement visible ou palpable à l’entrée de la vulve.
Mais le bilan recherche également une sensation de pesanteur, une gêne augmentant en position debout ou lors des efforts, des difficultés urinaires ou digestives et une éventuelle gêne pendant les rapports sexuels.
Il est utile de savoir si la patiente doit parfois repousser manuellement le prolapsus pour uriner ou aller à la selle.
Le médecin s’intéresse également aux circonstances qui majorent les symptômes : journée prolongée debout, sport, constipation, toux chronique ou port de charges.
L’objectif est de savoir non seulement jusqu’où les organes descendent, mais ce que cette descente change réellement dans la vie quotidienne. (Haute Autorité de Santé)
Pour les fuites urinaires, la circonstance de la fuite est essentielle
L’interrogatoire permet souvent déjà de distinguer plusieurs mécanismes.
Une fuite lorsque l’on tousse, éternue, court, saute ou porte une charge évoque une incontinence urinaire d’effort.
Une fuite précédée d’une envie brutale, extrêmement pressante et difficile à retenir évoque davantage une incontinence par urgenturie.
Lorsque les deux situations existent, on parle d’incontinence mixte.
Cette distinction est fondamentale puisque les traitements ne sont pas identiques. NICE recommande précisément de classer l’incontinence à partir de l’histoire clinique en incontinence d’effort, par urgenturie ou mixte et, dans une forme mixte, d’identifier le symptôme prédominant. (Nice)
Il faut également rechercher les autres symptômes de la vessie
Une consultation d’urogynécologie ne s’intéresse pas uniquement aux fuites.
Nous demandons également s’il existe :
des envies fréquentes d’uriner ;
des envies difficiles à différer ;
des réveils nocturnes pour uriner ;
une difficulté à commencer la miction ;
un jet faible ou interrompu ;
une sensation de ne pas avoir complètement vidé la vessie ;
ou des infections urinaires répétées.
Ces symptômes permettent notamment de distinguer un problème de stockage des urines d’un problème de vidange de la vessie.
Cette distinction devient particulièrement importante lorsqu’un prolapsus est associé, car certaines descentes importantes de la paroi antérieure ou du sommet vaginal peuvent modifier mécaniquement la vidange vésicale. La HAS recommande d’intégrer les symptômes urinaires à l’évaluation du prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
L’examen gynécologique est l’examen principal du prolapsus
Le diagnostic de prolapsus est essentiellement clinique.
La patiente est examinée afin d’observer les différentes parois du vagin et le soutien de l’utérus ou du sommet vaginal.
On lui demande ensuite de pousser, comme lors d’un effort de défécation, ou parfois de tousser.
Cette poussée reproduit l’augmentation de pression qui survient dans la vie quotidienne et permet de voir jusqu’où descend chaque compartiment.
La HAS recommande la réalisation d’un examen pelvien pour caractériser le prolapsus et son importance. (Haute Autorité de Santé)
Pourquoi faut-il examiner plusieurs compartiments ?
Parce qu’un prolapsus n’est pas nécessairement une anomalie unique.
On analyse séparément :
la paroi antérieure du vagin, derrière laquelle se trouve la vessie ;
le compartiment apical, correspondant à l’utérus, au col ou au sommet du vagin après hystérectomie ;
et la paroi postérieure, située devant le rectum.
Une patiente peut présenter principalement une cystocèle mais avoir également une descente du sommet vaginal ou une rectocèle.
Cette analyse complète est particulièrement importante avant une éventuelle chirurgie, car la stratégie doit corriger les compartiments réellement responsables de la gêne et tenir compte du soutien de l’ensemble du vagin. (Haute Autorité de Santé)
Qu’est-ce que la classification POP-Q ?
La classification POP-Q, pour Pelvic Organ Prolapse Quantification, est aujourd’hui la méthode de référence pour décrire précisément un prolapsus.
Elle peut sembler complexe lorsque l’on lit un compte rendu, mais son principe est relativement simple.
Au lieu d’écrire seulement « petit prolapsus » ou « prolapsus important », le médecin mesure en centimètres la position de plusieurs points de la paroi vaginale par rapport à un repère fixe : l’hymen.
La HAS recommande préférentiellement cette classification pour quantifier le prolapsus. Elle mesure la descente de plusieurs points correspondant aux compartiments antérieur, apical et postérieur. (Haute Autorité de Santé)
Les différents stades du prolapsus
La classification POP-Q permet ensuite de définir des stades allant de 0 à IV.
Un stade 0 correspond à l’absence de prolapsus.
Au stade I, les structures restent nettement au-dessus de l’hymen.
Au stade II, le point le plus bas arrive à proximité de l’hymen.
Au stade III, une partie du prolapsus s’extériorise franchement au-delà de l’hymen.
Le stade IV correspond à une éversion vaginale pratiquement complète. (Haute Autorité de Santé)
Mais cette classification doit être interprétée avec prudence.
Un stade n’est pas une indication opératoire.
Un prolapsus de stade II peu symptomatique peut parfaitement ne nécessiter aucune intervention, tandis qu’un prolapsus comparable mais très gênant peut justifier un traitement.
La HAS insiste justement sur le retentissement fonctionnel et les attentes de la patiente, et non sur la classification anatomique seule. (Haute Autorité de Santé)
Pourquoi l’hymen est-il utilisé comme repère ?
Parce qu’il constitue un repère anatomique relativement fixe.
Une mesure négative indique qu’un point reste à l’intérieur du vagin, au-dessus de l’hymen.
Une mesure proche de zéro signifie qu’il arrive au niveau de l’entrée vaginale.
Une mesure positive signifie qu’il descend au-delà de l’hymen lors de la poussée.
Ainsi, un compte rendu mentionnant par exemple « Ba +2 » n’est pas un score abstrait : cela signifie que le point mesuré sur la paroi antérieure descend environ deux centimètres au-delà de l’hymen lors de l’effort.
Pour la patiente, il n’est évidemment pas nécessaire de mémoriser toutes les lettres du POP-Q. L’intérêt est surtout d’avoir une description objective et reproductible de l’anatomie. (Haute Autorité de Santé)
Faut-il parfois examiner la patiente debout ?
Oui.
Chez certaines femmes, le prolapsus observé en position gynécologique paraît beaucoup moins important que celui qu’elles décrivent dans la vie quotidienne.
Le prolapsus peut en effet être plus marqué après plusieurs heures debout ou lors d’un effort important.
Si les symptômes sont très évocateurs mais que l’examen allongé ne reproduit pas la gêne, il peut être utile d’adapter les conditions de l’examen, notamment en demandant une poussée efficace ou, dans certaines situations, en réévaluant le prolapsus debout.
L’objectif est que l’examen corresponde autant que possible au prolapsus réellement vécu par la patiente.
L’examen évalue également le périnée
Le bilan ne consiste pas uniquement à regarder jusqu’où descend le vagin.
Le médecin ou le professionnel spécialisé peut également évaluer la capacité à contracter correctement les muscles du plancher pelvien.
Certaines femmes ont une contraction efficace.
D’autres contractent surtout les muscles abdominaux ou les fessiers sans parvenir à mobiliser correctement le périnée.
Cette information peut aider à orienter une éventuelle rééducation. NICE recommande une évaluation digitale de la contraction des muscles du plancher pelvien avant de mettre en place un programme supervisé de rééducation. (NHS Angleterre)
L’état de la muqueuse vaginale est également observé
Après la ménopause, la diminution des œstrogènes peut entraîner une muqueuse vaginale plus fine, plus sèche et parfois plus fragile.
Cette situation peut provoquer des brûlures, une gêne pendant les rapports ou des symptômes urinaires qui peuvent se superposer à ceux du prolapsus.
Lors de l’examen, on évalue donc également l’état de la muqueuse, notamment avant l’utilisation d’un pessaire ou une éventuelle chirurgie. NICE inclut l’évaluation de l’atrophie, de la sécheresse ou de l’inflammation vaginale dans l’examen d’un prolapsus. (Nice)
Comment diagnostique-t-on une incontinence urinaire d’effort ?
L’histoire clinique est extrêmement importante.
Lorsque la patiente décrit une fuite reproductible à chaque toux, éternuement ou effort physique, le diagnostic peut déjà être très évocateur.
Pendant l’examen, on peut chercher à reproduire la fuite avec un test à la toux, idéalement lorsque la vessie contient suffisamment d’urine.
La patiente tousse ou réalise un effort et le médecin observe s’il existe une fuite par l’urètre.
Lorsque l’histoire et l’examen concordent parfaitement, des examens beaucoup plus complexes ne sont pas toujours nécessaires avant la prise en charge initiale. NICE indique notamment que le bilan urodynamique n’est pas systématique avant une première chirurgie lorsque l’incontinence d’effort est clairement démontrée par l’histoire et l’examen. (Nice)
Le prolapsus peut masquer une incontinence d’effort
C’est une situation importante avant une chirurgie.
Un prolapsus important peut parfois déformer suffisamment l’urètre pour empêcher les fuites.
La patiente affirme alors ne jamais être incontinente.
Si l’on remet temporairement le prolapsus à sa place, l’urètre retrouve une position plus habituelle et une fuite peut apparaître lors de la toux.
On parle alors parfois d’incontinence urinaire d’effort occulte ou masquée.
La HAS rappelle que la réduction d’un prolapsus, par exemple avec un pessaire, peut révéler des fuites urinaires qui étaient jusque-là masquées. (Haute Autorité de Santé)
Cette information est particulièrement importante avant une chirurgie du prolapsus, mais elle ne signifie pas automatiquement qu’il faille ajouter un geste chirurgical contre l’incontinence dans le même temps.
Pourquoi ne pas traiter automatiquement une incontinence « masquée » ?
Parce qu’une anomalie retrouvée lors d’un test ne signifie pas nécessairement qu’elle deviendra gênante après la chirurgie.
Traiter préventivement toutes les patientes exposerait certaines femmes à une intervention supplémentaire dont elles n’auraient peut-être jamais eu besoin.
Les recommandations françaises insistent donc sur l’information de la patiente et la possibilité d’une prise en charge en deux temps, plutôt que sur un traitement concomitant systématique. (Haute Autorité de Santé)
Le bilan sert donc avant tout à estimer un risque et à préparer la discussion, pas à créer automatiquement une deuxième indication opératoire.
Le calendrier mictionnel : un examen très simple mais très informatif
Pour les symptômes urinaires, l’un des outils les plus utiles ne nécessite aucune machine : c’est le calendrier mictionnel.
Pendant quelques jours, la patiente note :
les heures auxquelles elle urine ;
si possible le volume uriné ;
les boissons consommées ;
les épisodes d’envie urgente ;
les éventuelles fuites ;
et parfois les circonstances de ces fuites.
NICE recommande son utilisation dès l’évaluation initiale des femmes présentant une incontinence ou une hyperactivité vésicale, avec un enregistrement pendant au moins trois jours incluant si possible des journées aux activités différentes. (Nice)
Pourquoi ce calendrier est-il si utile ?
Parce qu’une impression peut être trompeuse.
Une patiente peut avoir le sentiment d’uriner « constamment » alors que le calendrier révèle six mictions par jour mais accompagnées d’envies extrêmement urgentes.
Une autre peut réellement uriner toutes les heures parce qu’elle boit quatre litres d’eau quotidiennement.
Une troisième peut présenter de très petites mictions répétées associées à une mauvaise vidange de la vessie.
Le calendrier permet donc de comprendre le fonctionnement réel de la vessie sur plusieurs journées, et il peut ensuite servir à évaluer l’efficacité d’un traitement.
La HAS retient également le calendrier mictionnel parmi les outils d’évaluation de l’hyperactivité vésicale et de l’incontinence par urgenturie.
Une analyse d’urines est-elle nécessaire ?
Dans le bilan d’une incontinence ou de symptômes d’hyperactivité vésicale, une analyse simple des urines peut être utile pour rechercher notamment une infection, du sang ou d’autres anomalies.
Une infection urinaire peut en effet provoquer temporairement des envies très fréquentes, des urgenturies et parfois des fuites.
Il serait donc inadapté de diagnostiquer immédiatement une vessie hyperactive chronique chez une patiente dont les symptômes sont en réalité liés à une infection.
NICE recommande l’utilisation d’une bandelette urinaire dans l’évaluation initiale d’une incontinence féminine. (Nice)
Selon les symptômes et les résultats, un ECBU peut ensuite être demandé.
Qu’est-ce que le résidu post-mictionnel ?
Après avoir uriné, la vessie devrait normalement être largement vidée.
Il est possible de mesurer la quantité d’urine qui reste à l’intérieur : c’est le résidu post-mictionnel.
Cette mesure se fait le plus souvent très simplement avec une échographie vésicale, sans sonde urinaire.
Elle n’est pas forcément nécessaire chez toutes les femmes.
Elle devient surtout utile lorsqu’il existe des signes suggérant une mauvaise vidange : jet faible, nécessité de pousser, sensation de vessie non vide, infections urinaires récidivantes ou prolapsus important.
NICE recommande précisément de mesurer le résidu chez les femmes présentant des symptômes de trouble de la vidange ou des infections urinaires répétées. (Nice)
Pourquoi un prolapsus peut-il augmenter le résidu ?
Lorsque la vessie ou le sommet vaginal descend fortement, l’anatomie de la jonction entre vessie et urètre peut être modifiée.
L’urètre peut être coudé ou comprimé, ce qui rend la vidange moins efficace.
Certaines patientes remarquent d’ailleurs qu’elles urinent beaucoup mieux lorsqu’elles replacent manuellement leur prolapsus.
Si un résidu important est retrouvé, le bilan peut être complété afin de comprendre s’il existe une obstruction liée au prolapsus ou un problème de contraction de la vessie.
Faut-il mesurer le débit urinaire ?
Dans certaines situations, oui.
La débitmétrie consiste simplement à uriner dans un appareil mesurant le volume d’urine et la vitesse du jet.
Elle peut être intéressante lorsqu’une patiente décrit des difficultés de vidange ou lorsqu’un résidu important a été retrouvé.
Le résultat est cependant interprété avec le contexte clinique et parfois avec le bilan urodynamique : un débit faible peut avoir plusieurs explications et ne signifie pas automatiquement qu’il existe une obstruction.
Qu’est-ce qu’un bilan urodynamique ?
Le bilan urodynamique est un ensemble de mesures destinées à étudier plus précisément le fonctionnement de la vessie et de l’urètre.
De fines sondes permettent notamment de mesurer les pressions dans la vessie pendant son remplissage puis pendant la miction.
L’examen peut rechercher :
des contractions involontaires de la vessie ;
une incontinence d’effort ;
un problème de vidange ;
une mauvaise contraction du muscle vésical ;
ou certaines formes d’obstruction.
C’est donc un examen fonctionnel beaucoup plus détaillé qu’une simple échographie.
Faut-il un bilan urodynamique pour toutes les patientes incontinentes ?
Non.
C’est probablement l’une des idées reçues les plus fréquentes.
Une femme présentant une incontinence d’effort typique, clairement reproduite à l’examen, n’a pas nécessairement besoin d’un bilan urodynamique avant sa prise en charge.
NICE recommande même de ne pas réaliser systématiquement une cystométrie multicanal avant une première chirurgie lorsque l’incontinence urinaire d’effort est clairement diagnostiquée sur l’histoire clinique et démontrée lors de l’examen. (Nice)
L’examen est surtout utile lorsque le tableau est plus complexe.
Quand le bilan urodynamique devient-il particulièrement utile ?
Il peut être discuté lorsque :
les symptômes ne permettent pas de savoir clairement s’il s’agit d’une incontinence d’effort ou d’une urgenturie ;
l’urgenturie est prédominante dans une incontinence mixte ;
il existe des difficultés importantes pour vider la vessie ;
un prolapsus important est associé ;
une chirurgie urinaire a déjà été réalisée ;
ou lorsque les résultats de l’examen clinique ne concordent pas avec ce que décrit la patiente.
Dans ces situations, comprendre précisément le fonctionnement de la vessie peut modifier le choix du traitement. (Nice)
Le bilan urodynamique n’est donc pas un examen qui rend le diagnostic “plus sérieux” : il doit être demandé lorsqu’il peut réellement changer une décision.
Une hyperactivité de la vessie est-elle toujours visible au bilan urodynamique ?
Non.
Le syndrome d’hyperactivité vésicale est avant tout défini par les symptômes, notamment l’urgenturie.
Une patiente peut présenter des envies très pressantes dans la vie quotidienne sans reproduire exactement ces symptômes pendant l’examen.
À l’inverse, des contractions involontaires peuvent être observées pendant une cystométrie chez certaines patientes.
Le bilan urodynamique apporte donc des informations fonctionnelles supplémentaires, mais il ne remplace pas l’histoire clinique.
Le pad-test est-il nécessaire ?
Le pad-test consiste à peser une protection avant et après une période standardisée d’activité pour quantifier la quantité d’urine perdue.
Il peut être utile dans certains contextes particuliers ou de recherche.
Mais il n’est pas recommandé en routine pour le bilan initial d’une incontinence urinaire. NICE recommande explicitement de ne pas utiliser systématiquement ces tests pour l’évaluation courante. (Nice)
Encore une fois, le bilan n’a pas vocation à accumuler des examens si les symptômes et l’examen apportent déjà les informations nécessaires.
Faut-il faire une échographie pelvienne ?
Pas pour diagnostiquer un prolapsus isolé.
Le prolapsus est une anomalie de soutien qui se voit lors de l’examen clinique.
Une échographie ne permet pas mieux qu’un examen gynécologique de savoir jusqu’où la paroi vaginale descend lors de la poussée.
La HAS indique ainsi que le bilan peut rester uniquement clinique lorsqu’un prolapsus est isolé et sans autre symptôme associé. (Haute Autorité de Santé)
Une échographie peut bien sûr être demandée pour une autre raison : saignements gynécologiques, masse pelvienne, douleurs, pathologie utérine ou ovarienne associée.
Mais elle ne constitue pas l’examen standard permettant de « confirmer » un prolapsus.
Et l’échographie du plancher pelvien ?
Des techniques spécialisées d’échographie périnéale ou endovaginale permettent d’étudier le plancher pelvien, l’urètre ou certaines structures musculaires.
Elles peuvent apporter des informations intéressantes dans certaines situations complexes.
Mais elles ne remplacent pas le bilan clinique standard et ne sont pas nécessaires à toutes les patientes.
Le diagnostic du prolapsus reste principalement clinique et sa quantification repose sur l’examen, de préférence avec le système POP-Q. (Haute Autorité de Santé)
Une IRM est-elle nécessaire ?
Très rarement dans le bilan courant d’un prolapsus ou d’une incontinence simple.
Elle peut être utile lorsque l’anatomie est particulièrement complexe, lorsqu’une autre pathologie pelvienne est suspectée ou dans certaines situations de récidive ou de symptômes inhabituels.
Mais réaliser systématiquement une IRM avant toute chirurgie de prolapsus n’est pas nécessaire.
Une bonne consultation et un bon examen clinique apportent généralement beaucoup plus d’informations utiles qu’une IRM standard du pelvis pour comprendre un prolapsus.
Quelle est la place de la cystoscopie ?
La cystoscopie consiste à regarder directement l’intérieur de la vessie avec une petite caméra.
Elle n’est pas réalisée systématiquement pour explorer une simple incontinence ou un prolapsus.
Elle peut devenir utile dans certaines situations particulières, par exemple en présence de sang dans les urines, de symptômes urinaires inhabituels, de complications d’une chirurgie antérieure ou lorsqu’une anomalie de la vessie doit être recherchée.
Elle peut également être utilisée pendant certaines opérations de prolapsus afin de vérifier l’intégrité de la vessie et des uretères lorsque le type de chirurgie expose à un risque de lésion. La HAS recommande ainsi une cystoscopie peropératoire pour certaines procédures à risque, ce qui est différent d’une cystoscopie systématique lors du bilan initial. (Haute Autorité de Santé)
Faut-il faire un examen neurologique ?
Pas systématiquement de manière approfondie.
Mais certains symptômes doivent faire rechercher une cause neurologique, notamment lorsqu’une incontinence ou une difficulté à vider la vessie apparaît dans un contexte de maladie neurologique connue ou avec de nouveaux signes neurologiques.
Une incontinence féminine habituelle est le plus souvent non neurologique.
Mais un changement brutal associé à une faiblesse des jambes, des troubles sensitifs ou d’autres symptômes neurologiques nécessite évidemment une évaluation spécifique.
Et les symptômes digestifs ?
Ils doivent faire partie du bilan du prolapsus.
Une patiente peut présenter une constipation ancienne qui a contribué aux efforts de poussée.
Mais elle peut également avoir une difficulté d’évacuation directement liée à une rectocèle.
Il faut notamment demander s’il existe :
une sensation de blocage ;
une vidange incomplète ;
des efforts de poussée très importants ;
ou la nécessité d’appuyer sur le périnée ou dans le vagin pour évacuer les selles.
La HAS rappelle que les symptômes ano-rectaux, notamment la constipation, peuvent être associés aux prolapsus postérieurs. (Haute Autorité de Santé)
Dans les situations complexes, un avis spécialisé digestif ou des examens complémentaires peuvent être nécessaires.
Le bilan doit-il parler de sexualité ?
Oui, lorsque cela est pertinent pour la patiente.
Un prolapsus peut être gênant lors des rapports, provoquer une sensation de masse ou modifier certaines sensations.
Une sécheresse vaginale peut également être associée.
Et certaines interventions peuvent avoir des conséquences sur la sexualité.
Il est donc important d’évaluer la situation avant tout traitement afin de connaître les symptômes qui existaient déjà et les objectifs de la patiente. La HAS considère le retentissement sexuel comme un élément de la gravité fonctionnelle du prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Les questionnaires ont-ils une utilité ?
Des questionnaires validés peuvent être utilisés pour mesurer les symptômes urinaires, la gêne liée au prolapsus ou leur retentissement sur la qualité de vie.
Ils sont particulièrement intéressants pour objectiver la situation avant un traitement puis mesurer l’amélioration après celui-ci.
Ils ne remplacent cependant ni la discussion ni l’examen.
Un chiffre obtenu sur un questionnaire n’a de sens que s’il permet de mieux comprendre ce qui gêne la patiente et ce qu’elle souhaite améliorer.
Pourquoi faut-il parfois réduire le prolapsus pendant le bilan ?
Replacer temporairement le prolapsus dans le vagin, manuellement ou à l’aide d’un dispositif, peut répondre à plusieurs questions.
Cela peut montrer si les difficultés urinaires s’améliorent lorsque l’anatomie est restaurée.
Cela peut également révéler une incontinence d’effort jusque-là masquée.
Enfin, l’essai d’un pessaire peut parfois permettre de savoir concrètement si la correction du prolapsus améliore suffisamment les symptômes avant de décider d’une intervention.
La HAS rappelle que le repositionnement par pessaire peut notamment révéler des fuites urinaires occultées par le prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Le bilan avant chirurgie est-il différent ?
Oui, parce que la question devient plus exigeante.
Avant une intervention, il faut disposer d’une cartographie précise du prolapsus, comprendre les symptômes urinaires et digestifs associés et rechercher les facteurs susceptibles d’influencer le résultat.
La HAS recommande notamment de graduer anatomiquement chaque compartiment, de préférence avec le POP-Q, et de confronter cette anatomie aux symptômes. (Haute Autorité de Santé)
Il faut également discuter :
des symptômes que l’on espère améliorer ;
de ceux que la chirurgie risque de ne pas modifier ;
du risque d’apparition ou de persistance d’une incontinence ;
des antécédents chirurgicaux ;
et des attentes concernant la sexualité et la conservation ou non de l’utérus.
Une chirurgie de prolapsus se prépare donc à partir d’un bilan fonctionnel autant qu’anatomique.
Un bilan normal signifie-t-il que les symptômes ne sont pas réels ?
Non.
Certains symptômes urinaires varient énormément d’un jour à l’autre et peuvent ne pas être reproduits pendant une consultation.
Une urgenturie peut ne jamais survenir durant l’heure passée à l’hôpital.
Une fuite d’effort qui apparaît uniquement lors d’un footing peut être difficile à reproduire sur une table d’examen.
Un petit prolapsus peut également devenir beaucoup plus marqué en fin de journée.
Lorsque l’histoire clinique est très évocatrice mais que l’examen ne reproduit pas le symptôme, la bonne démarche consiste à adapter l’évaluation, pas à conclure que la plainte n’existe pas.
Quels symptômes doivent conduire à rechercher autre chose qu’un simple prolapsus ou une incontinence ?
Certaines situations nécessitent une investigation spécifique.
La présence de sang visible dans les urines, des infections urinaires répétées, une impossibilité ou une grande difficulté à uriner, une masse pelvienne, une douleur inhabituelle ou des signes neurologiques ne doivent pas être automatiquement attribués à une incontinence banale ou à un prolapsus.
Le bilan est alors adapté afin de rechercher une autre pathologie.
De même, une fuite urinaire permanente, jour et nuit, est très différente d’une incontinence à la toux et peut nécessiter une exploration particulière.
Il ne faut pas chercher à faire tous les examens possibles
C’est probablement le message le plus important de ce bilan.
Une patiente avec une boule vaginale typique, un prolapsus clairement visible à l’examen, aucune difficulté urinaire et aucun autre symptôme inhabituel n’a pas besoin d’un scanner, d’une IRM, d’une cystoscopie et d’un bilan urodynamique simplement pour confirmer le prolapsus.
La HAS résume cette situation de manière très claire : en présence d’un prolapsus isolé sans symptôme associé, le bilan est clinique. (Haute Autorité de Santé)
De la même manière, une incontinence d’effort très typique et démontrée à l’examen n’impose pas automatiquement un bilan urodynamique avant toute prise en charge. (Nice)
Un bon bilan n’est pas celui qui comporte le plus d’examens. C’est celui qui répond aux questions nécessaires avant de choisir un traitement.
Ce que doit finalement permettre de savoir le bilan
À l’issue de l’évaluation, nous cherchons à pouvoir répondre à quelques questions assez simples.
Existe-t-il réellement un prolapsus et quels compartiments sont concernés ?
Quelle est son importance anatomique selon le POP-Q ?
Correspond-il aux symptômes décrits par la patiente ?
Existe-t-il une incontinence urinaire d’effort, une hyperactivité vésicale ou une forme mixte ?
La vessie se vide-t-elle correctement ?
Une incontinence est-elle éventuellement masquée par le prolapsus ?
Existe-t-il des symptômes digestifs, sexuels ou une autre pathologie associée ?
Et surtout :
quels symptômes la patiente souhaite-t-elle réellement améliorer ?
Le message essentiel
Le diagnostic d’un prolapsus et d’une incontinence urinaire repose avant tout sur l’interrogatoire et l’examen clinique.
Pour le prolapsus, l’examen permet d’analyser séparément les compartiments antérieur, apical et postérieur et de mesurer objectivement leur descente. La classification POP-Q constitue la méthode de référence pour quantifier cette anatomie. (Haute Autorité de Santé)
Mais le stade anatomique ne suffit pas : la gêne ressentie et le retentissement sur la qualité de vie sont essentiels pour décider d’un éventuel traitement. (Haute Autorité de Santé)
Pour l’incontinence urinaire, il faut d’abord déterminer dans quelles circonstances surviennent les fuites afin de distinguer incontinence d’effort, urgenturie et formes mixtes.
Un calendrier mictionnel d’au moins trois jours constitue un outil particulièrement utile pour comprendre la fréquence des mictions, les volumes, les urgenturies et les épisodes de fuite. (Nice)
Une analyse d’urines permet d’éliminer notamment une infection, et la mesure du résidu post-mictionnel est particulièrement utile lorsqu’il existe des difficultés à vider la vessie ou des infections urinaires récidivantes. (Nice)
Le bilan urodynamique n’est pas systématique. Une incontinence d’effort typique et démontrée cliniquement ne nécessite pas nécessairement cet examen avant une première prise en charge ; il prend davantage de valeur lorsque les symptômes sont complexes, discordants ou associés à un trouble de la vidange. (Nice)
Enfin, scanner, IRM, cystoscopie et autres examens spécialisés ne sont pas demandés de manière automatique. Pour un prolapsus isolé et typique, le bilan peut rester entièrement clinique. (Haute Autorité de Santé)
La question essentielle n’est donc pas :
« Quels examens dois-je faire pour mon prolapsus ou mes fuites ? »
mais plutôt :
« Avons-nous suffisamment compris le mécanisme de mes symptômes pour savoir ce que nous devons traiter ? »
C’est cette association entre description précise des symptômes, examen du prolapsus, analyse du fonctionnement de la vessie et examens complémentaires uniquement lorsqu’ils apportent une information utile qui permet ensuite de proposer une prise en charge réellement personnalisée.
Statique pelvienne · Traitements
Traitements non chirurgicaux du prolapsus et de l’incontinence urinaire
Un prolapsus ou une incontinence urinaire ne conduisent pas automatiquement à une intervention chirurgicale. Dans de nombreuses situations, des traitements simples permettent déjà d’obtenir une amélioration importante : rééducation du plancher pelvien, modification de certaines habitudes, pessaire pour soutenir les organes, rééducation de la vessie ou traitements médicamenteux en cas d’urgenturie. Même lorsqu’une chirurgie est finalement envisagée, ces traitements conservent une place importante avant, après ou parfois à la place de l’intervention. L’objectif n’est pas de corriger à tout prix une anomalie anatomique, mais de réduire suffisamment les symptômes pour que la patiente retrouve une qualité de vie satisfaisante. Pour le prolapsus, la HAS recommande en première intention des traitements conservateurs associant notamment rééducation, pessaire et mesures adaptées au mode de vie. (Haute Autorité de Santé)
Le traitement dépend d’abord du symptôme
Une sensation de boule vaginale, une fuite lorsque l’on tousse et une envie d’uriner impossible à différer ne correspondent pas au même problème.
Il faut donc distinguer trois grandes situations :
le prolapsus, qui est principalement un problème de soutien des organes ;
l’incontinence urinaire d’effort, où la fuite survient lors d’une toux, d’un sport ou d’une augmentation de pression abdominale ;
et l’hyperactivité vésicale, caractérisée par des envies urinaires soudaines et difficiles à différer, avec ou sans fuite.
Les traitements non chirurgicaux sont différents selon le mécanisme.
Une rééducation périnéale peut par exemple être très efficace sur une incontinence d’effort, tandis qu’un médicament destiné à calmer la vessie n’aura pratiquement aucun intérêt sur une fuite exclusivement provoquée par la toux.
La HAS travaille d’ailleurs actuellement à des recommandations françaises actualisées séparant précisément le traitement de l’incontinence d’effort de celui de l’hyperactivité vésicale et de l’incontinence par urgenturie. (Haute Autorité de Santé)
Un prolapsus peu gênant n’a pas forcément besoin d’être traité
C’est le premier principe.
Un prolapsus peut être parfaitement visible à l’examen mais provoquer très peu de symptômes.
Dans cette situation, il n’existe aucune obligation de le « remettre en place » simplement parce qu’il est présent.
La HAS rappelle que le traitement est surtout indiqué lorsque le prolapsus entraîne une gêne réelle ou des troubles urinaires, digestifs ou sexuels ; dans les autres situations, une surveillance peut être suffisante. (Haute Autorité de Santé)
On traite donc la gêne provoquée par le prolapsus, pas uniquement son stade anatomique.
La rééducation du plancher pelvien
La rééducation pelvi-périnéale constitue l’un des traitements fondamentaux des troubles du plancher pelvien.
Elle ne consiste pas simplement à « faire des contractions ».
Le premier objectif est de comprendre quels muscles contracter, comment les utiliser et surtout comment les intégrer aux activités quotidiennes.
Certaines femmes contractent spontanément correctement leur périnée.
D’autres sollicitent principalement leurs abdominaux ou leurs fessiers.
Une rééducation supervisée par un professionnel formé permet donc d’abord d’identifier le fonctionnement réel du plancher pelvien.
La HAS considère la rééducation comme l’un des traitements conservateurs de référence du prolapsus et indique qu’elle peut améliorer les symptômes et la qualité de vie, seule dans certaines formes modérées ou associée à un pessaire. (Haute Autorité de Santé)
Peut-on « remonter » un prolapsus avec la rééducation ?
Pas nécessairement.
Cette distinction est importante.
Lorsque les ligaments et les fascias ont été distendus, renforcer les muscles ne permet pas toujours de remettre définitivement les organes dans leur position initiale.
Mais la rééducation peut améliorer le soutien dynamique du pelvis, la sensation de pesanteur et la capacité à gérer les efforts.
Une patiente peut donc aller beaucoup mieux alors que le prolapsus reste visible à l’examen.
C’est exactement comme pour de nombreuses autres pathologies : le succès d’un traitement ne se mesure pas uniquement en centimètres.
La HAS souligne justement que la rééducation vise à optimiser le travail musculaire dans les activités quotidiennes et à limiter les situations favorisant les symptômes. (Haute Autorité de Santé)
Rééducation et incontinence urinaire d’effort
La rééducation du plancher pelvien est particulièrement importante dans l’incontinence urinaire d’effort.
Lorsqu’une femme tousse, court ou saute, la pression dans l’abdomen augmente très rapidement.
Le plancher pelvien participe alors au soutien de l’urètre et au mécanisme permettant de maintenir la continence.
L’entraînement musculaire vise à améliorer cette réponse.
Les recommandations internationales placent la rééducation supervisée du plancher pelvien parmi les traitements de première intention de l’incontinence d’effort. (Nice)
Chez certaines patientes, l’amélioration est suffisante pour qu’aucun autre traitement ne soit nécessaire.
Apprendre à contracter au bon moment
La force musculaire n’est pas le seul élément important.
Une contraction efficace mais réalisée deux secondes trop tard ne protège pas nécessairement d’une fuite déclenchée par un éternuement.
La rééducation peut donc apprendre à anticiper certains efforts : contracter le plancher pelvien juste avant de tousser, de porter une charge ou de réaliser un mouvement susceptible de provoquer une fuite.
Avec le temps, cette stratégie peut devenir automatique.
L’objectif est donc moins d’avoir un périnée « extrêmement fort » que d’obtenir un périnée efficace au bon moment.
Biofeedback et électrostimulation
Selon la situation, le professionnel peut utiliser différentes techniques complémentaires.
Le biofeedback permet de visualiser ou d’entendre la contraction musculaire afin d’aider la patiente à mieux identifier son périnée.
L’électrostimulation peut parfois être utilisée lorsqu’une contraction volontaire est difficile à obtenir.
Ces techniques ne sont pas indispensables chez toutes les femmes.
Elles sont surtout des outils permettant d’améliorer la qualité de la rééducation lorsqu’un travail musculaire volontaire classique est insuffisant.
La rééducation doit donc être individualisée plutôt que reposer sur un protocole identique pour toutes les patientes.
Combien de séances faut-il ?
Il n’existe pas un nombre universel.
La durée dépend notamment du type de trouble, de la capacité initiale à contracter le périnée et de l’amélioration obtenue.
Les recommandations internationales proposent généralement un programme supervisé sur plusieurs semaines, avec poursuite des exercices à domicile. Pour le prolapsus symptomatique, NICE recommande par exemple un programme supervisé d’au moins 16 semaines dans certaines situations. (Nice)
L’objectif est progressivement que la patiente puisse maintenir elle-même les bénéfices acquis.
Le pessaire : une véritable alternative à la chirurgie du prolapsus
Le pessaire est probablement le traitement non chirurgical le plus spécifique du prolapsus.
Il s’agit d’un dispositif placé dans le vagin afin de soutenir mécaniquement les organes qui descendent.
Il existe plusieurs formes et plusieurs tailles.
Certains ressemblent à un anneau souple.
D’autres sont conçus pour offrir un soutien plus important lorsque le prolapsus est plus marqué.
La HAS considère le pessaire comme un traitement conservateur efficace, pouvant être proposé quel que soit l’âge et pour différents degrés de prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Comment agit un pessaire ?
Son principe est très simple.
Le dispositif prend appui sur les parois vaginales et maintient mécaniquement le prolapsus à l’intérieur.
Lorsque la taille et la forme sont adaptées, la patiente ne doit généralement pas le sentir en permanence.
L’effet peut être quasi immédiat :
la sensation de boule disparaît ou diminue fortement ;
la pesanteur peut être améliorée ;
certaines activités physiques deviennent plus confortables.
Le pessaire ne « répare » cependant pas les ligaments.
Lorsqu’il est retiré, le prolapsus retrouve généralement son anatomie initiale.
C’est donc un traitement mécanique des symptômes, pas une guérison anatomique définitive.
Le pessaire est-il réservé aux femmes âgées ?
Non.
C’est une idée reçue fréquente.
Un pessaire peut être particulièrement intéressant chez une femme jeune souhaitant éviter ou différer une chirurgie, chez une patiente très active qui souhaite l’utiliser uniquement pour certaines activités, ou chez une femme ayant un projet de grossesse.
Il peut également être utilisé à long terme chez une patiente plus âgée qui ne souhaite pas d’intervention.
La HAS précise qu’il peut être utilisé en permanence ou occasionnellement et qu’il peut convenir à des patientes de différents âges et degrés de prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Peut-on mettre le pessaire uniquement pour le sport ?
Oui, pour certains modèles et chez certaines patientes.
Une femme peut par exemple être relativement peu gênée dans la vie quotidienne mais ressentir une descente importante lorsqu’elle court ou réalise certaines activités physiques.
Un pessaire peut alors être mis avant l’activité puis retiré ensuite.
D’autres patientes préfèrent au contraire le porter en permanence.
La stratégie dépend du type de prolapsus, du modèle utilisé et des préférences de la patiente.
Trouver le bon pessaire nécessite parfois plusieurs essais
Il existe différentes tailles et différentes formes.
Le premier pessaire essayé n’est donc pas toujours le bon.
Un dispositif trop petit peut descendre ou être expulsé.
Un dispositif trop grand peut provoquer une gêne ou une pression excessive.
La HAS rappelle qu’il est parfois nécessaire d’essayer plusieurs modèles avant de trouver celui qui convient réellement. (Haute Autorité de Santé)
Le bon pessaire est celui qui soutient suffisamment le prolapsus sans devenir lui-même une source de gêne.
Peut-on avoir des rapports sexuels avec un pessaire ?
Cela dépend du type de pessaire.
Certains anneaux peuvent parfois être conservés pendant les rapports avec pénétration si cela reste confortable.
D’autres modèles plus volumineux doivent être retirés.
Cette question doit donc être intégrée au choix du dispositif lorsque la sexualité avec pénétration est importante pour la patiente.
Faut-il retirer et nettoyer le pessaire ?
Oui, mais la fréquence dépend du modèle et de l’autonomie de la patiente.
Certaines femmes apprennent à le mettre et à le retirer elles-mêmes.
D’autres préfèrent qu’il soit retiré et contrôlé régulièrement lors d’une consultation.
Un suivi est nécessaire pour vérifier que le pessaire reste bien toléré et que la muqueuse vaginale est en bon état.
Le pessaire est donc un traitement simple, mais pas un dispositif que l’on met une fois pour toutes sans surveillance.
La ménopause et les traitements vaginaux locaux
Après la ménopause, la diminution des œstrogènes peut rendre la muqueuse vaginale plus fine, plus sèche et plus fragile.
Cela peut provoquer brûlures, sécheresse, gêne sexuelle et parfois contribuer à certains symptômes urinaires.
Un traitement œstrogénique local vaginal peut alors être proposé chez certaines femmes, après vérification des contre-indications et du contexte médical.
Ce traitement ne fait pas remonter un prolapsus et ne renforce pas mécaniquement le périnée.
Son rôle est plutôt d’améliorer la qualité des tissus vaginaux et les symptômes liés au syndrome génito-urinaire de la ménopause.
Il peut notamment faciliter la tolérance d’un pessaire chez certaines patientes.
Traiter la constipation
La constipation est particulièrement importante dans la prise en charge du prolapsus.
Des efforts de poussée intenses et répétés augmentent la pression exercée sur le plancher pelvien.
Lorsqu’une constipation existe, l’objectif est donc d’obtenir des selles plus faciles à évacuer et de réduire les poussées prolongées.
Cela peut passer par l’alimentation, une hydratation adaptée, l’activité physique et, lorsque cela est nécessaire, un traitement de la constipation.
La HAS recommande explicitement de prendre en charge la constipation chronique et d’améliorer la gestion des efforts de poussée dans le traitement conservateur du prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Faut-il arrêter de porter des charges ?
Pas nécessairement.
Le message n’est pas d’interdire toute activité.
Il est plus utile d’apprendre à gérer la pression abdominale, à respirer correctement et à utiliser le plancher pelvien lors des efforts.
La HAS recommande d’adapter la manière de porter les charges et de favoriser l’activité physique plutôt que la sédentarité. (Haute Autorité de Santé)
Une patiente ne devrait donc pas avoir l’impression que le diagnostic de prolapsus signifie qu’elle doit désormais éviter tout sport ou tout effort.
Perdre du poids peut-il améliorer les symptômes ?
Chez les femmes en situation de surpoids, une réduction pondérale peut diminuer la pression abdominale et contribuer à améliorer certains symptômes pelvi-périnéaux, notamment urinaires.
La HAS intègre la prise en charge du poids parmi les mesures pouvant accompagner le traitement conservateur du prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Il ne faut cependant pas transformer ce conseil en condition préalable à toute prise en charge.
Une patiente présentant une gêne importante mérite un traitement même si une perte de poids est difficile ou impossible.
Rééducation de la vessie : apprendre à différer l’envie
Le traitement de l’hyperactivité vésicale est très différent de celui d’une incontinence d’effort.
Lorsque le problème principal est une urgenturie — une envie brutale et difficile à différer — l’un des traitements de première intention est la rééducation vésicale.
L’objectif est progressivement d’augmenter le délai entre l’apparition de l’envie et le passage aux toilettes.
Cela ne signifie pas qu’il faut se retenir pendant des heures malgré une douleur.
Le travail est progressif.
La patiente apprend à reconnaître une envie urgente, à utiliser des techniques permettant de la contrôler et à augmenter progressivement l’intervalle entre les mictions.
Les recommandations internationales placent le bladder training parmi les traitements initiaux de l’urgenturie et de l’incontinence mixte à prédominance urgente. (Nice)
Éviter d’uriner « au cas où » trop souvent
Certaines patientes ayant peur des fuites prennent l’habitude d’aller aux toilettes extrêmement fréquemment :
avant de sortir ;
avant une réunion ;
avant de prendre la voiture ;
dès qu’elles voient des toilettes ;
parfois alors que la vessie contient très peu d’urine.
Cette stratégie peut être rassurante à court terme mais entretient parfois l’habitude de vider la vessie pour de très petits volumes.
Le calendrier mictionnel permet alors de comprendre le rythme réel des mictions et d’organiser progressivement une rééducation adaptée.
Faut-il moins boire ?
Pas systématiquement.
Une hydratation excessive peut évidemment augmenter la fréquence des mictions.
Mais réduire drastiquement les boissons pour éviter les fuites peut provoquer d’autres problèmes et rendre les urines plus concentrées.
L’objectif est généralement d’avoir une consommation raisonnable et répartie au cours de la journée, adaptée au contexte médical et à l’activité.
La rééducation cherche donc davantage à retrouver un fonctionnement vésical normal qu’à organiser la vie autour d’une restriction permanente des boissons.
Café, thé et autres irritants vésicaux
Chez certaines patientes, la caféine peut accentuer les symptômes d’urgence et de fréquence urinaire.
Une réduction du café, du thé très caféiné ou de certaines boissons peut être testée lorsque les symptômes sont importants.
Il n’est cependant pas nécessaire d’imposer une liste interminable d’aliments interdits à toutes les femmes.
L’intérêt est d’identifier les facteurs qui modifient réellement les symptômes chez la patiente concernée.
Les médicaments de la vessie hyperactive
Lorsque la rééducation vésicale et les mesures simples ne suffisent pas, des médicaments peuvent être proposés.
Ils sont destinés à diminuer l’urgenturie, la fréquence des mictions et les épisodes de fuite.
Ils ne sont pas des traitements du prolapsus et n’ont pas d’efficacité attendue sur une incontinence d’effort pure.
La HAS a engagé en 2025 une actualisation spécifique des recommandations françaises concernant le traitement de l’hyperactivité vésicale et de l’incontinence par urgenturie, notamment parce que plusieurs nouvelles options thérapeutiques sont apparues depuis les précédentes recommandations. (Haute Autorité de Santé)
Les médicaments anticholinergiques
Les anticholinergiques, parfois appelés antimuscariniques, diminuent les contractions involontaires de la vessie.
Plusieurs molécules existent.
Ils peuvent réduire les urgences, les mictions fréquentes et les fuites par urgenturie.
Ils présentent cependant des effets indésirables possibles, notamment sécheresse de la bouche et constipation, et leur utilisation doit être particulièrement réfléchie chez certaines patientes âgées ou polymédiquées.
Le choix dépend donc du bénéfice obtenu et de la tolérance.
Un médicament efficace mais responsable d’effets secondaires gênants n’est pas nécessairement une bonne solution à long terme.
Les agonistes bêta-3 adrénergiques
Une autre famille agit sur les récepteurs bêta-3 du muscle de la vessie afin de favoriser son relâchement pendant la phase de remplissage.
Le mirabégron appartient à cette famille et possède une autorisation européenne dans le syndrome d’hyperactivité vésicale. (European Medicines Agency (EMA))
Plus récemment, le vibégron a également été autorisé dans l’Union européenne pour le traitement symptomatique de l’hyperactivité vésicale ; la HAS l’a considéré en 2025 comme une option thérapeutique dans cette indication. (Haute Autorité de Santé)
Ces traitements permettent une alternative aux anticholinergiques, mais leur choix dépend du profil médical de la patiente, des autres traitements et des contre-indications éventuelles.
Les médicaments guérissent-ils la vessie hyperactive ?
Pas nécessairement.
Ils contrôlent les symptômes pendant leur utilisation.
Chez certaines femmes, quelques mois de traitement associés à une rééducation permettent ensuite de conserver une amélioration satisfaisante.
Chez d’autres, les symptômes réapparaissent lorsque le médicament est arrêté.
Comme pour de nombreuses maladies fonctionnelles, il faut donc réfléchir en termes de contrôle des symptômes plutôt qu’en termes de disparition définitive d’une anomalie.
Pourquoi les médicaments ne sont-ils pas utiles pour une incontinence d’effort pure ?
Parce que le mécanisme est différent.
Dans l’incontinence d’effort, la vessie ne se contracte pas nécessairement au mauvais moment.
Le problème survient surtout lorsque la pression abdominale augmente brutalement et que le système de continence urétrale ne compense pas suffisamment.
Les médicaments destinés à calmer une vessie hyperactive ne corrigent donc pas ce mécanisme.
Pour une incontinence d’effort pure, la rééducation pelvi-périnéale reste l’approche non chirurgicale principale. La HAS prépare actuellement de nouvelles recommandations dédiées spécifiquement à cette situation. (Haute Autorité de Santé)
Et lorsque l’incontinence est mixte ?
Il faut déterminer quelle composante est la plus gênante.
Si une femme présente principalement des fuites lorsqu’elle court, avec quelques urgenturies occasionnelles, la stratégie peut être orientée d’abord vers l’effort.
Chez une autre patiente, les fuites à la toux sont minimes mais les envies urgentes provoquent plusieurs accidents quotidiens : l’hyperactivité vésicale devient alors la priorité.
Les deux mécanismes peuvent ensuite être traités successivement ou parallèlement.
Le diagnostic d’incontinence mixte ne signifie pas qu’un traitement unique pourra corriger les deux problèmes.
La toxine botulique dans la vessie
Lorsque l’hyperactivité vésicale reste très gênante malgré les traitements conservateurs et médicamenteux, une injection de toxine botulique de type A dans le muscle de la vessie peut être discutée.
Il ne s’agit pas d’une chirurgie classique.
L’intervention est réalisée à l’aide d’une petite caméra introduite par l’urètre et permet d’injecter la toxine à plusieurs endroits dans la paroi vésicale.
La toxine diminue temporairement l’activité excessive du muscle de la vessie.
La toxine botulique dispose en France d’une indication dans certaines hyperactivités vésicales idiopathiques symptomatiques. (Haute Autorité de Santé)
Quel est l’inconvénient du Botox vésical ?
Son effet est temporaire et peut nécessiter des injections répétées.
Il existe également un risque d’infection urinaire et surtout, chez une petite proportion de patientes, de difficulté à vider la vessie après le traitement.
Avant l’intervention, il faut donc expliquer que des autosondages temporaires peuvent exceptionnellement devenir nécessaires.
C’est pour cette raison que la toxine botulique est généralement envisagée après des traitements plus simples, lorsque les symptômes sont suffisamment importants pour justifier cette contrainte.
La stimulation du nerf tibial
Une autre stratégie non chirurgicale consiste à stimuler le nerf tibial, au niveau de la cheville.
Cela peut sembler surprenant puisque ce nerf est loin de la vessie.
Mais les voies nerveuses qu’il rejoint partagent des connexions avec les circuits contrôlant la fonction vésicale.
Des séances répétées de stimulation peuvent donc améliorer les symptômes d’hyperactivité vésicale chez certaines patientes.
Cette approche appartient aux techniques de neuromodulation et peut être proposée dans certaines prises en charge spécialisées lorsque les stratégies de première intention sont insuffisantes.
Et la neuromodulation sacrée ?
La neuromodulation sacrée agit directement sur les nerfs sacrés participant au contrôle de la vessie.
Elle nécessite l’implantation d’un dispositif et se situe donc à la frontière entre traitement interventionnel et chirurgie.
Elle est généralement réservée aux hyperactivités vésicales importantes et résistantes aux traitements plus simples. La HAS a évalué des dispositifs de neuromodulation sacrée dans cette indication. (Haute Autorité de Santé)
Dans un espace destiné aux patientes, il est surtout important de retenir qu’il existe encore des solutions de deuxième ou troisième ligne lorsque rééducation et médicaments ne suffisent pas.
Les protections ne sont pas un traitement, mais elles peuvent aider
Les protections absorbantes ne corrigent évidemment pas l’incontinence.
Elles peuvent néanmoins être utiles temporairement ou chez certaines patientes pour lesquelles les autres traitements ne sont pas souhaités ou suffisamment efficaces.
Le même raisonnement vaut pour certains dispositifs de recueil urinaire dans des situations particulières.
L’objectif doit rester de proposer un traitement du mécanisme lorsque cela est possible, tout en reconnaissant que les solutions pratiques destinées à rendre la vie quotidienne plus confortable ont également leur place.
Peut-on combiner plusieurs traitements ?
Oui, et c’est très fréquent.
Une femme ayant un prolapsus et une incontinence d’effort peut par exemple associer :
un pessaire pour la sensation de descente ;
et une rééducation périnéale pour les fuites.
Une patiente ayant un prolapsus et une hyperactivité vésicale peut associer :
pessaire ;
rééducation vésicale ;
et éventuellement traitement médicamenteux.
Il n’est donc pas nécessaire de choisir un unique traitement pour l’ensemble des symptômes.
Les troubles du plancher pelvien sont souvent multifactoriels, et leur prise en charge peut l’être également.
Le pessaire peut modifier les symptômes urinaires
Remettre un prolapsus en place peut parfois améliorer la vidange de la vessie.
Mais cela peut également révéler une incontinence d’effort jusque-là masquée par la position du prolapsus.
Une patiente peut donc constater qu’elle urine beaucoup mieux avec son pessaire mais qu’elle présente alors quelques fuites lorsqu’elle tousse.
Cela ne signifie pas que le pessaire a « créé » une maladie.
Il a simplement modifié l’anatomie et révélé un mécanisme de continence qui était auparavant masqué.
Cette situation est connue et doit être prise en compte lorsque l’on adapte le traitement.
Faut-il traiter immédiatement tous les symptômes ?
Non.
Lorsqu’une patiente présente plusieurs problèmes, il est parfois plus simple de traiter d’abord celui qui est le plus gênant, puis de réévaluer la situation.
Par exemple, traiter un prolapsus avec un pessaire peut modifier suffisamment les symptômes urinaires pour que la stratégie devienne plus claire.
De même, une rééducation vésicale peut diminuer très fortement les urgenturies, laissant ensuite seulement une petite incontinence d’effort à prendre en charge.
Une stratégie progressive évite parfois de multiplier inutilement les traitements.
Quand considère-t-on que les traitements non chirurgicaux ont échoué ?
Il n’existe pas de seuil universel.
Un traitement ne doit pas être considéré comme un échec simplement parce que le prolapsus reste visible ou parce qu’une fuite exceptionnelle persiste.
La question est :
la gêne est-elle devenue acceptable ?
Une patiente qui présentait cinq fuites par jour et n’en a plus qu’une occasionnelle peut considérer le résultat comme excellent.
Une autre qui ne fuit plus mais continue à avoir une pesanteur vaginale majeure peut rester très insatisfaite.
Le succès est donc avant tout fonctionnel et personnel.
Et si le prolapsus reste gênant malgré pessaire et rééducation ?
La chirurgie peut alors être discutée.
La HAS recommande justement une prise en charge progressive : traitements conservateurs en première intention dans la majorité des situations, puis chirurgie lorsque ceux-ci sont insuffisants ou ne correspondent pas aux préférences de la patiente. (Haute Autorité de Santé)
Cela ne signifie pas qu’il soit obligatoire d’essayer pendant des années tous les traitements non chirurgicaux avant d’avoir le droit d’être opérée.
Une patiente très symptomatique peut parfaitement préférer une solution chirurgicale après avoir été correctement informée des différentes possibilités.
Et si l’incontinence d’effort reste importante malgré la rééducation ?
Une chirurgie spécifique de l’incontinence d’effort peut alors être discutée.
Elle fera partie de l’article consacré aux traitements chirurgicaux.
Mais l’existence de solutions chirurgicales ne diminue pas l’intérêt d’une rééducation préalable : certaines femmes n’auront finalement pas besoin d’intervention, tandis que d’autres auront appris à mieux utiliser leur plancher pelvien, ce qui reste utile indépendamment de la chirurgie.
La HAS finalise actuellement une actualisation des recommandations françaises spécifiquement consacrée au traitement de l’incontinence urinaire d’effort féminine. (Haute Autorité de Santé)
Et si l’hyperactivité vésicale résiste aux médicaments ?
La prise en charge ne s’arrête pas là.
Selon la situation, plusieurs traitements spécialisés peuvent être discutés :
toxine botulique intravésicale ;
stimulation du nerf tibial ;
ou, dans certaines formes résistantes, neuromodulation sacrée.
La stratégie française de prise en charge de l’hyperactivité vésicale fait actuellement l’objet d’une actualisation par l’AFU et le CNGOF dans le cadre d’une labellisation HAS, précisément parce que l’éventail thérapeutique s’est élargi depuis les anciennes recommandations. (Haute Autorité de Santé)
Un traitement non chirurgical peut parfois être définitif dans la pratique
Techniquement, un pessaire ne répare pas les ligaments et une rééducation ne modifie pas toujours l’anatomie.
Mais cela ne signifie pas qu’ils doivent nécessairement être considérés comme des solutions temporaires.
Une femme parfaitement satisfaite d’un pessaire pendant quinze ans n’a aucune obligation de se faire opérer.
De même, une femme dont l’incontinence d’effort disparaît après rééducation n’a pas besoin d’une intervention pour « sécuriser » le résultat.
Le meilleur traitement est celui qui apporte suffisamment de bénéfice avec un niveau de contrainte acceptable.
La chirurgie n’est pas le but du parcours
C’est une notion importante.
Le traitement conservateur n’est pas une simple étape obligatoire avant la « vraie » prise en charge chirurgicale.
Pour de nombreuses patientes, il constitue le traitement définitif choisi.
La HAS souligne que pessaire et rééducation améliorent les symptômes et peuvent être utilisés seuls ou associés dans la prise en charge du prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Il en va de même pour les troubles urinaires : certaines femmes obtiennent une amélioration suffisante avec rééducation, rééducation vésicale et éventuellement traitement médicamenteux et ne souhaiteront jamais aller plus loin.
Le message essentiel
Le traitement non chirurgical du prolapsus et de l’incontinence urinaire repose avant tout sur un diagnostic précis du mécanisme responsable des symptômes.
Pour le prolapsus, la prise en charge conservatrice repose principalement sur la rééducation du plancher pelvien, le pessaire et la correction de certains facteurs favorisant les contraintes sur le périnée, comme la constipation ou des efforts de poussée mal contrôlés. La HAS recommande ces stratégies en première intention dans la majorité des situations symptomatiques. (Haute Autorité de Santé)
Le pessaire peut être porté en permanence ou seulement lorsque la patiente en ressent le besoin. Il permet souvent de soulager rapidement la sensation de boule ou de pesanteur et peut être utilisé à différents âges et pour différents degrés de prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
Pour l’incontinence urinaire d’effort, la rééducation pelvi-périnéale supervisée constitue le principal traitement non chirurgical. Elle vise à améliorer la force mais également le contrôle et la coordination du plancher pelvien. (Nice)
Pour l’urgenturie et l’hyperactivité vésicale, la logique est différente. La prise en charge peut associer rééducation vésicale, adaptation de certaines habitudes et médicaments destinés à diminuer l’activité excessive de la vessie. Les traitements disponibles comprennent notamment les anticholinergiques et les agonistes bêta-3 adrénergiques ; le vibégron a récemment rejoint les options thérapeutiques européennes et a été évalué favorablement comme option par la HAS. (Haute Autorité de Santé)
Lorsque ces stratégies restent insuffisantes, des traitements spécialisés comme la toxine botulique intravésicale, la stimulation tibiale ou la neuromodulation peuvent encore être discutés avant ou à la place de certaines interventions chirurgicales. (Haute Autorité de Santé)
Il n’existe donc pas une opposition simple entre :
« ne rien faire »
et
« se faire opérer ».
Entre les deux existe toute une gamme de traitements capables d’améliorer très significativement les symptômes.
La bonne question est plutôt :
« Qu’est-ce qui me gêne réellement : la descente, les fuites à l’effort, les envies urgentes, ou plusieurs de ces problèmes à la fois ? Et quelle est la solution la moins contraignante permettant d’obtenir une amélioration suffisante ? »
Pour certaines patientes, ce sera la rééducation.
Pour d’autres, un pessaire.
Pour d’autres encore, un traitement de la vessie hyperactive.
Et il est fréquent d’associer plusieurs de ces approches.
L’objectif n’est pas d’obtenir un plancher pelvien parfait à l’examen, mais de permettre à la patiente de reprendre ses activités, son sport, ses déplacements et sa vie quotidienne sans organiser en permanence sa vie autour d’une sensation de descente ou de la peur d’une fuite.
Statique pelvienne · Chriurgie
Chirurgie du prolapsus et de l’incontinence urinaire
La chirurgie peut être proposée lorsqu’un prolapsus ou une incontinence urinaire reste suffisamment gênant malgré les traitements conservateurs, ou lorsque ceux-ci ne correspondent pas aux attentes de la patiente. Mais il n’existe pas une seule « opération du prolapsus » ni une seule « opération des fuites urinaires ». La technique dépend de l’organe qui descend, de l’âge, des antécédents, de la sexualité, du souhait de conserver l’utérus et des symptômes urinaires associés. Il est également essentiel de distinguer la chirurgie du prolapsus de celle de l’incontinence urinaire d’effort : les deux problèmes peuvent coexister, mais les corriger simultanément n’est pas toujours nécessaire ni souhaitable. La HAS recommande que le choix d’une chirurgie du prolapsus repose sur une décision partagée, après discussion des traitements conservateurs, des différentes techniques, de leur efficacité et de leurs complications potentielles. (Haute Autorité de Santé)
Quand propose-t-on une chirurgie du prolapsus ?
Un prolapsus visible à l’examen n’est pas en lui-même une indication opératoire.
La chirurgie est surtout envisagée lorsque la descente d’organes provoque une gêne suffisamment importante : sensation de boule ou de pesanteur, limitation de l’activité physique, difficultés urinaires ou digestives, gêne sexuelle ou altération générale de la qualité de vie.
Dans la majorité des situations, des traitements conservateurs comme le pessaire et la rééducation peuvent être proposés auparavant. Mais ils ne constituent pas une étape obligatoire pendant plusieurs années : une chirurgie peut être discutée lorsqu’ils sont insuffisants, mal tolérés ou simplement lorsque la patiente ne souhaite pas les utiliser. (Haute Autorité de Santé)
On n’opère donc pas un stade de prolapsus : on opère une patiente gênée par son prolapsus.
Une chirurgie doit corriger le bon compartiment
Le vagin possède plusieurs zones de soutien.
À l’avant se trouve la vessie : sa descente provoque un prolapsus antérieur ou cystocèle.
Au sommet peuvent descendre l’utérus, le col ou le fond vaginal après une hystérectomie : il s’agit d’un prolapsus apical.
À l’arrière, le rectum peut bomber vers le vagin : on parle de prolapsus postérieur ou rectocèle. (Haute Autorité de Santé)
Plusieurs compartiments peuvent être atteints simultanément.
Le bilan préopératoire cherche donc à comprendre quel défaut de soutien est réellement responsable du prolapsus. Une cystocèle visible peut par exemple être en partie liée à une descente du sommet du vagin : corriger uniquement la paroi antérieure sans restaurer correctement le soutien apical peut alors être insuffisant.
La chirurgie doit donc être pensée comme une reconstruction du système de soutien pelvien, et non simplement comme le retrait d’une « boule ».
Deux grandes familles de chirurgie du prolapsus
Les principales techniques utilisées aujourd’hui peuvent être regroupées en deux grandes approches :
la chirurgie par voie vaginale utilisant principalement les tissus de la patiente ;
et
la chirurgie par voie abdominale, généralement cœlioscopique, avec promontofixation.
La HAS considère ces deux stratégies comme des options valables, dont les avantages et les inconvénients diffèrent. La promontofixation obtient généralement de meilleurs résultats anatomiques pour les prolapsus antérieurs et apicaux, tandis que la voie vaginale autologue évite l’utilisation d’un implant et peut permettre une intervention plus simple dans certaines situations. (Haute Autorité de Santé)
La chirurgie par voie vaginale
Réparer avec les propres tissus de la patiente
Dans la chirurgie vaginale dite autologue ou « native tissue repair », le chirurgien passe entièrement par le vagin.
Il utilise les fascias et les ligaments de la patiente pour restaurer le soutien des organes, sans mettre en place de grande prothèse synthétique vaginale.
Il n’y a donc généralement aucune cicatrice visible sur l’abdomen.
La HAS décrit cette approche comme l’une des principales stratégies chirurgicales du prolapsus. (Haute Autorité de Santé)
La chirurgie de la cystocèle
Lorsqu’un prolapsus antérieur prédomine, une réparation de la paroi antérieure du vagin peut être réalisée.
Le chirurgien remet la vessie dans une position plus haute puis reconstruit les tissus qui soutiennent la paroi vaginale.
On parle traditionnellement de colporraphie antérieure.
Mais il est également important d’évaluer le sommet du vagin : lorsqu’un défaut de soutien apical contribue à la cystocèle, traiter ce soutien peut être indispensable pour obtenir un résultat durable.
La chirurgie de la rectocèle
Une rectocèle symptomatique peut être corrigée par une réparation postérieure.
L’intervention vise à restaurer le soutien entre le vagin et le rectum et, lorsque cela est nécessaire, à reconstruire certaines structures du périnée.
Cette chirurgie est surtout pertinente lorsque la rectocèle provoque une véritable gêne vaginale ou des difficultés d’évacuation cohérentes avec l’anatomie.
Une constipation isolée ne constitue pas à elle seule une indication à opérer une petite rectocèle.
La HAS considère la réparation vaginale avec les tissus natifs comme une option particulièrement pertinente pour certaines rectocèles isolées. (Haute Autorité de Santé)
Que fait-on lorsque l’utérus descend ?
Pendant longtemps, prolapsus utérin et hystérectomie ont souvent été presque synonymes.
Ce n’est plus le cas.
Il n’est pas nécessaire de retirer systématiquement l’utérus pour traiter un prolapsus.
Il est possible de conserver l’utérus et de le suspendre à des structures ligamentaires solides.
À l’inverse, une hystérectomie peut être réalisée lorsque cela correspond mieux à la situation ou aux préférences de la patiente.
Les recommandations françaises indiquent explicitement qu’en l’absence d’une autre indication, il n’y a pas de raison de pratiquer systématiquement une hystérectomie uniquement parce qu’une chirurgie du prolapsus est réalisée. (Haute Autorité de Santé)
Conserver l’utérus peut donc être une véritable option
Cette possibilité peut être importante même lorsque la patiente ne souhaite plus de grossesse.
Certaines femmes souhaitent conserver leur utérus pour des raisons personnelles.
D’autres préfèrent une hystérectomie si elle permet de simplifier ou d’adapter la reconstruction.
Il n’existe pas une réponse universelle.
La décision dépend du type de prolapsus, de l’existence éventuelle d’une pathologie utérine associée — fibromes, saignements anormaux, pathologie du col ou de l’endomètre — et des préférences de la patiente.
La présence d’un prolapsus ne constitue donc pas en elle-même une indication d’hystérectomie. (Haute Autorité de Santé)
Comment suspend-on le sommet du vagin par voie vaginale ?
Plusieurs techniques existent.
Le sommet vaginal ou le col peuvent notamment être fixés à des ligaments pelviens résistants afin de restaurer leur hauteur.
Les techniques précises varient selon l’anatomie et les habitudes de l’équipe.
Pour la patiente, le principe est surtout à retenir :
la chirurgie ne consiste pas uniquement à resserrer le vagin ; elle doit restaurer un véritable point d’ancrage du sommet vaginal lorsqu’il est défaillant.
La promontofixation
La promontofixation est l’une des principales techniques de chirurgie du prolapsus antérieur et apical.
Elle est réalisée par voie abdominale, aujourd’hui le plus souvent par cœlioscopie.
Une ou plusieurs bandes de matériau synthétique sont fixées au vagin et éventuellement au col ou à l’utérus, puis reliées à une structure solide située en avant du sacrum, au niveau du promontoire.
Cela permet de remettre le vagin et les organes pelviens en position haute. La HAS recommande la promontofixation avec implant synthétique notamment pour les prolapsus apicaux et certaines cystocèles, et recommande la voie cœlioscopique lorsqu’une promontofixation est indiquée. (Haute Autorité de Santé)
Pourquoi utiliser une prothèse dans la promontofixation ?
Le matériau synthétique sert de ligament artificiel entre le vagin et le promontoire.
Il ne remplace pas un organe et ne remplit pas le pelvis.
Il s’agit de bandes relativement fines qui créent un soutien durable.
L’intérêt principal de la promontofixation est sa bonne efficacité anatomique, particulièrement pour le soutien du sommet vaginal et du compartiment antérieur. Les recommandations françaises considèrent que son risque de récidive anatomique est plus faible que celui de certaines réparations vaginales utilisant uniquement les tissus natifs, même si les résultats fonctionnels ressentis par les patientes peuvent être comparables. (Haute Autorité de Santé)
Prothèse abdominale et prothèse vaginale : ce n’est pas la même chose
Cette distinction est fondamentale compte tenu des controverses importantes qui ont entouré les « meshes » ou prothèses du prolapsus.
Une promontofixation met en place un implant par voie abdominale, généralement cœlioscopique.
Les anciennes techniques dites de mesh transvaginal introduisaient au contraire de larges implants directement à travers le vagin.
Ces deux situations n’ont ni la même voie d’implantation ni exactement le même profil de complications.
En France, les implants synthétiques destinés à traiter un prolapsus par voie vaginale ne font plus partie de la chirurgie courante ; la HAS indique qu’aucune prothèse synthétique pour prolapsus implantée par voie basse ne peut actuellement être utilisée hors d’un cadre de recherche clinique. (Haute Autorité de Santé)
Les implants utilisés par voie haute pour une promontofixation restent en revanche une option thérapeutique reconnue, avec un encadrement réglementaire spécifique. (Légifrance)
La promontofixation peut-elle être réalisée avec un robot ?
Oui.
La chirurgie robot-assistée permet de réaliser les mêmes grandes étapes qu’une promontofixation cœlioscopique : dissection, fixation de l’implant et sutures.
Le robot constitue cependant un outil chirurgical, pas une opération différente.
Les recommandations de la HAS privilégient la voie cœlioscopique lorsque la promontofixation est indiquée mais ne disposent pas de données montrant que l’assistance robotique améliore en elle-même l’efficacité ou diminue la morbidité pour la patiente par rapport à une cœlioscopie conventionnelle. (Haute Autorité de Santé)
La voie choisie dépend donc notamment de l’anatomie, de la complexité du cas et de l’expertise de l’équipe.
Voie vaginale ou promontofixation : laquelle est la meilleure ?
Il n’existe pas une technique meilleure dans toutes les situations.
La HAS résume assez bien ce choix.
Lorsque la durabilité anatomique, notamment pour un prolapsus apical ou antérieur, constitue la priorité, la promontofixation cœlioscopique peut être privilégiée.
Lorsque l’objectif principal est de réduire la complexité opératoire et les risques périopératoires, en particulier chez certaines patientes fragiles, une chirurgie vaginale avec les tissus propres de la patiente peut être une excellente option. (Haute Autorité de Santé)
L’âge n’est pas le seul critère.
La sexualité, les antécédents chirurgicaux, le poids, les autres maladies, le type de prolapsus et les préférences de la patiente interviennent également.
Le colpocléisis : une chirurgie très particulière
Chez certaines femmes très âgées ou fragiles qui ne souhaitent plus avoir de rapports sexuels avec pénétration vaginale, il existe une solution très efficace et relativement peu invasive : le colpocléisis.
L’intervention consiste à fermer tout ou partie du canal vaginal de manière à empêcher les organes de descendre.
Elle évite ainsi des reconstructions plus complexes.
Mais sa conséquence est définitive : les rapports sexuels avec pénétration vaginale ne sont plus possibles.
Cette technique doit donc être réservée à des patientes parfaitement informées pour lesquelles cette conséquence est compatible avec leurs souhaits. La HAS la considère comme une option notamment chez certaines femmes âgées et fragiles. (Haute Autorité de Santé)
Le prolapsus peut-il récidiver après chirurgie ?
Oui.
Aucune chirurgie du prolapsus ne garantit que le soutien restera parfaitement identique pendant toute la vie.
Les tissus continuent à vieillir et les contraintes exercées sur le plancher pelvien persistent.
Une récidive peut survenir sur le compartiment déjà traité ou sur un autre compartiment.
Ce risque fait partie des informations devant être discutées avant l’intervention et la réglementation française impose notamment que les patientes soient informées du risque de récidive lorsqu’une chirurgie du prolapsus avec implant est envisagée. (Légifrance)
Une petite récidive anatomique ne signifie toutefois pas automatiquement un échec : si la patiente n’a plus de gêne, aucune nouvelle intervention n’est nécessaire.
Quelles complications peuvent survenir après une chirurgie du prolapsus ?
Comme toute intervention, la chirurgie peut être associée à des complications immédiates : saignement, infection, difficultés transitoires à uriner ou lésions exceptionnelles des organes voisins.
À plus long terme peuvent apparaître une récidive du prolapsus, des troubles urinaires, des douleurs ou une gêne sexuelle.
Lorsqu’un implant synthétique est utilisé, il existe également des complications spécifiques telles qu’exposition ou érosion du matériau, infection et douleurs chroniques. Ces complications ont conduit la HAS, l’AFU, le CNGOF et d’autres sociétés savantes à publier des recommandations spécifiques pour leur diagnostic et leur traitement. (Haute Autorité de Santé)
Elles restent suffisamment importantes pour justifier une information précise et un suivi, sans pour autant signifier que toute chirurgie utilisant un implant entraîne des complications.
En France, la promontofixation avec implant est particulièrement encadrée
Depuis 2025, la pose d’un implant de suspension par voie chirurgicale haute pour traiter un prolapsus doit être réalisée dans des établissements répondant à des critères spécifiques d’autorisation et d’activité. (Légifrance)
L’indication doit notamment être discutée en concertation pluridisciplinaire de pelvi-périnéologie après avoir envisagé les traitements conservateurs et les autres possibilités chirurgicales. La réglementation prévoit au moins la participation de spécialistes de gynécologie et d’urologie, avec d’autres professionnels selon les symptômes associés. (Légifrance)
Lorsque cette chirurgie avec implant est retenue, un délai de réflexion d’au moins deux semaines est prévu entre la consultation où l’indication est posée et l’intervention. Un compte rendu de la concertation doit être transmis à la patiente. Un contrôle précoce puis un suivi à un an sont également prévus. (Légifrance)
Cet encadrement vise notamment à s’assurer que l’utilisation d’un implant correspond réellement à la meilleure option pour la situation concernée.
Et la chirurgie de l’incontinence urinaire ?
Il faut d’abord distinguer très clairement l’incontinence urinaire d’effort de l’incontinence par urgenturie.
La chirurgie classique de l’incontinence concerne principalement l’incontinence urinaire d’effort, c’est-à-dire les fuites provoquées par la toux, le sport, l’éternuement ou l’effort.
Une femme présentant surtout une envie brutale et irrépressible d’uriner n’a pas le même problème : une bandelette sous l’urètre n’est pas un traitement de la vessie hyperactive.
Cette distinction doit impérativement avoir été faite avant une intervention. La HAS a d’ailleurs engagé en avril 2026 une actualisation complète des recommandations françaises concernant spécifiquement le traitement de l’incontinence urinaire d’effort. (Haute Autorité de Santé)
Quand opérer une incontinence urinaire d’effort ?
Une chirurgie est surtout envisagée lorsque l’incontinence d’effort est clairement identifiée, suffisamment gênante et persiste malgré une prise en charge conservatrice, notamment la rééducation pelvi-périnéale, ou lorsque celle-ci ne convient pas à la patiente.
Le degré de gêne est essentiel.
Une femme qui perd quelques gouttes une fois par mois en réalisant un effort exceptionnel n’a pas nécessairement intérêt à subir une intervention.
À l’inverse, une patiente qui ne peut plus courir, faire du sport, travailler normalement ou tousser sans fuite peut avoir un bénéfice considérable à traiter son incontinence.
Les bandelettes sous-urétrales demeurent en France des dispositifs utilisés pour le traitement chirurgical de l’incontinence d’effort, avec des indications et des conditions d’implantation spécifiquement encadrées. (Santé Gouvernement)
La bandelette sous-urétrale
La bandelette sous-urétrale est aujourd’hui l’une des interventions les plus connues pour traiter l’incontinence urinaire d’effort.
Une petite bande de matériau synthétique est placée sous la partie moyenne de l’urètre.
Elle n’est pas destinée à comprimer en permanence l’urètre.
Son rôle est plutôt d’offrir un support supplémentaire au moment où la pression abdominale augmente, par exemple lors d’une toux ou d’un effort.
La chirurgie cherche ainsi à restaurer un mécanisme de continence efficace lors des augmentations brutales de pression.
Une intervention généralement peu invasive
La bandelette est introduite à partir d’une petite incision vaginale sous l’urètre.
Selon la technique, ses extrémités suivent ensuite un trajet rétropubien ou transobturateur.
Il n’est pas nécessaire d’ouvrir l’abdomen.
La récupération est donc généralement beaucoup plus simple que celle d’une chirurgie abdominale majeure.
Mais « peu invasive » ne signifie pas « anodine » : il s’agit d’un implant permanent et l’information préopératoire doit prendre en compte à la fois ses bénéfices et ses complications potentielles. La réglementation française de 2025 impose précisément cette information et une concertation pluridisciplinaire avant implantation. (Légifrance)
Bandelette rétropubienne et transobturatrice
Il existe principalement deux grands trajets historiques de bandelette.
Dans la voie rétropubienne, la bandelette remonte derrière l’os du pubis.
Dans la voie transobturatrice, elle passe davantage latéralement à travers la région obturatrice.
Les profils de complications ne sont pas exactement identiques.
Le choix dépend du type d’incontinence, des antécédents et de l’évaluation réalisée par l’équipe.
Les dispositifs actuellement évalués par la HAS en France peuvent relever de différentes voies d’implantation, et les recommandations nationales consacrées au choix entre les techniques sont en cours d’actualisation en 2026. (Haute Autorité de Santé)
Une bandelette est-elle une « prothèse » ?
Oui, puisqu’il s’agit d’un matériau synthétique permanent.
Mais il faut à nouveau distinguer une petite bandelette sous-urétrale destinée à traiter l’incontinence des anciennes grandes prothèses vaginales utilisées pour certains prolapsus.
La taille, la fonction et le site d’implantation sont différents.
Les problèmes rencontrés avec certaines prothèses de prolapsus ne permettent donc pas de conclure que toutes les utilisations de matériaux synthétiques en chirurgie pelvienne sont équivalentes.
Cela n’empêche pas les bandelettes d’avoir leurs propres complications potentielles, et c’est précisément pour cette raison que leur implantation et la prise en charge de leurs complications sont aujourd’hui fortement encadrées en France. (Haute Autorité de Santé)
Quelles complications peuvent survenir après une bandelette ?
Dans les suites immédiates, certaines patientes peuvent présenter des difficultés à vider la vessie.
Des infections urinaires, des saignements ou des douleurs peuvent également survenir.
À plus long terme, il existe des complications spécifiques de l’implant : exposition vaginale de la bandelette, érosion dans l’urètre ou la vessie, infection, douleurs chroniques ou troubles urinaires. (Haute Autorité de Santé)
Ces complications ne concernent qu’une minorité des patientes mais peuvent être difficiles à traiter lorsqu’elles surviennent, ce qui explique l’importance du choix de l’indication, de l’information préopératoire et du suivi.
La France a d’ailleurs défini depuis 2025 des centres spécifiquement identifiés pour prendre en charge certaines complications graves et les explantations complexes de bandelettes ou d’implants de prolapsus. (Légifrance)
En France, la pose d’une bandelette est elle aussi très encadrée
Depuis mai 2025, les actes d’implantation de bandelettes sous-urétrales doivent être réalisés dans des établissements répondant à des conditions réglementaires précises.
L’indication doit être évaluée en consultation puis discutée par une équipe multidisciplinaire de pelvi-périnéologie après avoir envisagé les différentes options conservatrices et chirurgicales. (Légifrance)
La réglementation prévoit également un délai de réflexion d’au moins deux semaines, une information écrite spécifique, la traçabilité du dispositif implanté et un suivi comportant notamment une consultation à un an. Les établissements autorisés doivent par ailleurs répondre à des critères d’activité et de formation des opérateurs. (Légifrance)
Cette réglementation illustre une idée importante : une bandelette est une bonne option lorsqu’elle est correctement indiquée, mais elle ne doit pas devenir le traitement automatique de toute fuite urinaire.
Existe-t-il des chirurgies sans bandelette synthétique ?
Oui.
La bandelette synthétique n’est pas la seule possibilité chirurgicale de l’incontinence d’effort.
Des techniques plus anciennes restent utilisables dans certaines situations, notamment la colposuspension ou les bandelettes réalisées à partir des propres tissus de la patiente, par exemple une bandelette fasciale autologue.
NICE retient ainsi parmi les principales options chirurgicales à discuter la colposuspension, la bandelette fasciale autologue et la bandelette sous-urétrale rétropubienne synthétique. (Nice)
Ces interventions sont généralement plus lourdes qu’une bandelette sous-urétrale synthétique et ont leurs propres risques.
Elles peuvent néanmoins constituer des alternatives importantes lorsqu’une patiente ne souhaite pas d’implant synthétique ou dans certaines situations complexes ou récidivantes.
Les injections autour de l’urètre
Des produits peuvent également être injectés autour de l’urètre afin d’augmenter sa résistance à la fuite.
Ces agents de comblement urétral constituent une approche moins invasive qu’une chirurgie reconstructrice classique.
Ils peuvent être particulièrement intéressants dans certaines situations où une intervention plus importante n’est pas souhaitée ou paraît disproportionnée.
Leur principal inconvénient est que l’effet est généralement moins durable et que plusieurs injections peuvent être nécessaires.
Ils ne constituent donc pas exactement l’équivalent d’une bandelette mais peuvent avoir une place dans une stratégie personnalisée.
Et le sphincter urinaire artificiel ?
Il s’agit d’une solution beaucoup plus spécialisée.
Le sphincter urinaire artificiel est destiné à certaines incontinences sévères, notamment lorsque le mécanisme sphinctérien est très déficient ou après l’échec d’autres traitements.
Il ne constitue pas la chirurgie habituelle d’une première incontinence d’effort.
La HAS inclut actuellement la place du sphincter urinaire artificiel parmi les questions examinées dans l’actualisation 2026 de ses recommandations sur l’incontinence d’effort féminine. (Haute Autorité de Santé)
La chirurgie traite-t-elle l’urgenturie ?
Pas avec une bandelette.
Une femme ayant une incontinence par urgenturie ou une vessie hyperactive doit bénéficier d’une stratégie spécifique : rééducation vésicale, traitements médicamenteux puis, dans les formes résistantes, toxine botulique ou neuromodulation.
Certaines de ces procédures sont interventionnelles, mais elles n’ont rien à voir avec une bandelette sous-urétrale.
Une bandelette traite une défaillance de continence à l’effort ; elle ne calme pas une vessie qui se contracte ou déclenche des urgences au mauvais moment.
C’est pourquoi une patiente présentant une incontinence mixte doit savoir quelle composante on cherche réellement à traiter.
Une incontinence mixte peut ne pas disparaître complètement après chirurgie
Prenons l’exemple d’une femme qui perd ses urines lorsqu’elle tousse mais également lorsqu’elle ressent une envie extrêmement urgente.
Si la composante d’effort est traitée par une bandelette, les fuites à la toux peuvent disparaître.
Mais les urgences urinaires peuvent persister et nécessiter leur propre traitement.
La satisfaction après chirurgie dépend donc beaucoup de l’information préopératoire :
l’opération doit être jugée sur le symptôme qu’elle était destinée à corriger.
Faut-il opérer l’incontinence en même temps que le prolapsus ?
Pas systématiquement.
C’est probablement l’un des points les plus importants de toute la chirurgie urogynécologique.
Une femme peut présenter un prolapsus et une incontinence d’effort clairement gênante.
Mais une autre peut avoir un prolapsus important sans aucune fuite.
Et chez certaines patientes, le prolapsus masque une incontinence qui n’apparaît que lorsqu’on le remet temporairement en place.
La tentation pourrait être de poser préventivement une bandelette lors de toute chirurgie de prolapsus.
Les recommandations françaises ne préconisent pas cette stratégie systématique : traiter simultanément l’incontinence expose certaines patientes à un surtraitement et à la morbidité propre du geste urinaire. Il peut donc être préférable d’informer la patiente du risque de fuite postopératoire et d’envisager, si nécessaire, une deuxième intervention ultérieure. (Haute Autorité de Santé)
Pourquoi une incontinence peut-elle apparaître après avoir remonté le prolapsus ?
Un prolapsus important peut modifier la position de l’urètre et parfois le comprimer suffisamment pour limiter les fuites.
Lorsque la chirurgie remet les organes en position normale, cet effet disparaît.
Une incontinence jusque-là « masquée » peut alors devenir visible.
C’est pourquoi le bilan préopératoire recherche une incontinence lorsque le prolapsus est temporairement réduit.
Mais même lorsque ce test est positif, cela ne signifie pas automatiquement qu’une bandelette doit être posée au même moment.
La décision dépend de la probabilité que l’incontinence devienne réellement gênante et de l’acceptation par la patiente d’une éventuelle deuxième intervention. (Haute Autorité de Santé)
Deux opérations en une ou deux opérations séparées ?
Il n’existe pas une réponse unique.
Traiter simultanément le prolapsus et une incontinence clairement symptomatique peut éviter une deuxième anesthésie.
Mais ajouter un geste urinaire augmente également les possibilités de difficultés à vider la vessie et expose aux complications propres à la chirurgie de l’incontinence.
Une stratégie en deux temps permet au contraire de corriger d’abord le prolapsus puis d’observer ce qui se passe réellement sur la continence avant de décider d’un deuxième geste.
Cette stratégie peut éviter d’opérer inutilement certaines patientes. Les recommandations françaises demandent précisément que cette possibilité soit expliquée avant l’intervention. (Haute Autorité de Santé)
Une chirurgie du prolapsus peut-elle au contraire améliorer les symptômes urinaires ?
Oui.
Certains troubles urinaires sont directement liés à l’anatomie du prolapsus.
Une patiente qui vide mal sa vessie parce que l’urètre est coudé peut uriner plus facilement après correction du prolapsus.
Certaines urgenturies peuvent également évoluer après l’intervention.
Mais les résultats sont moins prévisibles que pour la sensation de boule elle-même.
Il faut donc éviter de promettre que la correction anatomique du prolapsus « remettra automatiquement la vessie à zéro ».
Et les symptômes digestifs ?
La chirurgie d’une rectocèle peut améliorer certains troubles d’évacuation lorsqu’ils sont réellement liés au prolapsus.
Mais une constipation chronique possède souvent plusieurs causes.
Corriger anatomiquement une rectocèle ne garantit donc pas la disparition d’une constipation fonctionnelle préexistante.
Là encore, le bilan cherche à savoir quel symptôme possède réellement une explication mécanique avant de proposer une opération.
Qu’en est-il de la sexualité après chirurgie ?
La majorité des techniques reconstructrices ont pour objectif de maintenir une anatomie vaginale compatible avec les rapports sexuels.
Une amélioration de la sensation de boule ou de gêne peut même améliorer la sexualité chez certaines femmes.
Mais une chirurgie vaginale ou l’utilisation d’un implant peut également être associée à des douleurs ou une gêne chez une minorité de patientes. Les complications douloureuses et sexuelles font partie des éléments surveillés après chirurgie prothétique. (Haute Autorité de Santé)
Cette question doit donc être abordée avant l’intervention lorsqu’elle est importante pour la patiente.
Le colpocléisis constitue l’exception évidente puisqu’il empêche définitivement la pénétration vaginale. (Haute Autorité de Santé)
Combien de temps faut-il pour récupérer ?
La récupération dépend énormément du geste réalisé.
Une petite chirurgie vaginale ou une bandelette sous-urétrale n’a pas les mêmes suites qu’une reconstruction complexe du plancher pelvien.
La durée d’hospitalisation est souvent courte pour les interventions mini-invasives, mais les tissus du périnée nécessitent ensuite plusieurs semaines de cicatrisation.
La reprise des efforts, du sport, du port de charges et des rapports sexuels doit être adaptée au type d’intervention et aux consignes de l’équipe.
Le plus important est de distinguer sortie rapide de l’hôpital et cicatrisation complète : ce ne sont pas la même chose.
Quels symptômes doivent amener à consulter après l’intervention ?
Une difficulté importante ou nouvelle à uriner, une fièvre, des douleurs inhabituelles ou croissantes, un saignement important ou des pertes vaginales anormales doivent conduire à contacter l’équipe.
Après une chirurgie utilisant un implant, des douleurs persistantes, des saignements vaginaux ou urinaires inhabituels ou d’autres symptômes nouveaux peuvent parfois révéler une complication tardive et méritent une évaluation, même plusieurs mois ou plusieurs années après l’intervention. (Haute Autorité de Santé)
La réglementation française prévoit d’ailleurs un suivi spécifique après pose d’implants de prolapsus ou de bandelettes afin de détecter aussi les complications tardives. (Légifrance)
Une récidive implique-t-elle forcément une nouvelle opération ?
Non.
Comme pour le prolapsus initial, la décision dépend des symptômes.
Une petite récidive visible uniquement lors de l’examen mais ne provoquant aucune gêne peut parfaitement être laissée en place.
Une nouvelle prise en charge devient pertinente lorsque la récidive affecte réellement la qualité de vie.
Pessaire, rééducation ou nouvelle chirurgie peuvent alors être rediscutés selon la situation.
Pourquoi le choix de la première intervention est-il important ?
Parce qu’une chirurgie modifie l’anatomie.
Une récidive après une première réparation vaginale, une récidive après promontofixation et un prolapsus jamais opéré ne posent pas exactement les mêmes questions.
Les interventions précédentes, la présence éventuelle d’un implant et les symptômes doivent donc être parfaitement connus avant une nouvelle chirurgie.
Cela ne signifie pas qu’une récidive soit impossible à traiter, mais simplement que la stratégie doit devenir de plus en plus individualisée.
La meilleure chirurgie n’est pas nécessairement la plus importante
Une patiente présentant principalement une rectocèle basse n’a probablement pas besoin d’une reconstruction abdominale complète du pelvis.
À l’inverse, multiplier de petites réparations vaginales sur un prolapsus apical majeur peut ne pas répondre au problème central.
De même, une femme ayant une petite incontinence d’effort ne bénéficie pas nécessairement d’un traitement préventif simplement parce qu’une chirurgie de prolapsus est programmée.
La qualité de la prise en charge repose donc beaucoup sur la capacité à ne corriger que ce qui mérite réellement de l’être.
La place essentielle de la décision partagée
Il existe souvent plusieurs solutions médicalement raisonnables.
Pour un même prolapsus, une patiente peut privilégier :
une chirurgie vaginale sans implant ;
une promontofixation cœlioscopique ;
la conservation de l’utérus ;
ou, lorsque cela est approprié, son retrait.
Une autre patiente peut décider de continuer à utiliser un pessaire et de ne pas être opérée.
Pour l’incontinence, certaines femmes accepteront volontiers une bandelette synthétique, tandis que d’autres préféreront discuter une solution utilisant leurs propres tissus ou une stratégie moins invasive.
Le rôle de la consultation n’est donc pas simplement d’annoncer :
« voici l’opération que vous devez avoir ».
Il est de comparer les bénéfices, les contraintes et les risques des différentes stratégies afin que la décision corresponde réellement aux priorités de la patiente. C’est le principe de décision médicale partagée placé au cœur des recommandations de la HAS. (Haute Autorité de Santé)
Le message essentiel
La chirurgie du prolapsus et celle de l’incontinence urinaire répondent à deux objectifs différents.
Pour le prolapsus, la chirurgie cherche à restaurer le soutien de la vessie, du vagin, de l’utérus ou du rectum lorsque la descente provoque une gêne suffisamment importante.
Deux grandes stratégies sont utilisées.
La chirurgie vaginale autologue reconstruit le soutien avec les propres tissus de la patiente et sans grande prothèse vaginale. (Haute Autorité de Santé)
La promontofixation, généralement réalisée par cœlioscopie, utilise un implant synthétique fixé par voie abdominale pour restaurer notamment le soutien du sommet vaginal et du compartiment antérieur. Elle offre généralement une excellente correction anatomique et constitue une des techniques de référence pour certains prolapsus apicaux et cystocèles. (Haute Autorité de Santé)
L’hystérectomie n’est pas obligatoire pour corriger un prolapsus utérin : la conservation de l’utérus peut être proposée dans de nombreuses situations. (Haute Autorité de Santé)
Les grandes prothèses synthétiques implantées directement par voie vaginale pour traiter le prolapsus ne font plus partie de la pratique courante en France, tandis que les implants utilisés par voie abdominale pour la promontofixation restent autorisés dans un cadre désormais très réglementé. (Haute Autorité de Santé)
Pour l’incontinence urinaire d’effort, la chirurgie la plus connue repose sur la bandelette sous-urétrale, destinée à soutenir l’urètre lorsqu’un effort augmente brutalement la pression abdominale. Les bandelettes restent utilisées en France mais leur implantation est aujourd’hui strictement encadrée : évaluation préalable, concertation pluridisciplinaire, information détaillée, délai de réflexion d’au moins deux semaines, établissement autorisé et suivi spécifique. (Légifrance)
D’autres opérations existent, notamment les bandelettes utilisant les propres tissus de la patiente et certaines techniques de colposuspension ; elles permettent d’offrir des alternatives lorsqu’un implant synthétique n’est pas souhaité ou n’est pas adapté. (Nice)
En revanche, une bandelette sous-urétrale ne traite pas une vessie hyperactive ou une incontinence par urgenturie. Le mécanisme doit donc être parfaitement identifié avant toute chirurgie.
Enfin, prolapsus et incontinence d’effort peuvent être associés, mais ils ne doivent pas nécessairement être opérés simultanément. Ajouter systématiquement une chirurgie de continence expose certaines patientes à un traitement dont elles n’auraient finalement pas eu besoin. Une stratégie en deux temps est donc parfois préférable. (Haute Autorité de Santé)
La bonne question n’est finalement pas :
« Quelle est la meilleure opération du prolapsus ? »
ou
« Faut-il mettre une bandelette ? »
mais plutôt :
« Quel est exactement le mécanisme responsable de ma gêne ? Quel compartiment doit réellement être réparé ? Est-ce que je souhaite conserver mon utérus ? Est-ce que mes fuites sont liées à l’effort ou à une urgence vésicale ? Ai-je intérêt à traiter le prolapsus et l’incontinence en même temps ? Et parmi plusieurs techniques efficaces, laquelle correspond le mieux à mes priorités ? »
C’est cette analyse qui permet de choisir une chirurgie suffisamment efficace pour corriger le problème, mais sans ajouter de geste inutile, tout en intégrant le risque de récidive, les conséquences fonctionnelles et les préférences de chaque patiente.
Statique pelvienne · Notre centre
Notre centre : une prise en charge spécialisée et multidisciplinaire du prolapsus et de l’incontinence urinaire
Le prolapsus génital et l’incontinence urinaire sont des troubles fréquents du plancher pelvien, mais leur prise en charge peut devenir complexe lorsqu’ils sont associés, lorsqu’une première intervention a déjà été réalisée ou lorsque des symptômes urinaires, digestifs et gynécologiques coexistent. À l’Hôpital Nord de Marseille, nous avons choisi une organisation multidisciplinaire réunissant gynécologues, urologues et, lorsque cela est nécessaire, chirurgiens viscéraux. Notre objectif n’est pas de conduire systématiquement les patientes vers une intervention : nous disposons au contraire de traitements conservateurs, notamment la rééducation et les pessaires, mais également de l’ensemble des principales techniques chirurgicales — voie vaginale, cœlioscopie et chirurgie robot-assistée — lorsque l’opération représente la meilleure solution. Cette diversité nous permet de construire la prise en charge autour de chaque patiente plutôt que d’appliquer la même technique à toutes les situations. L’AP-HM décrit depuis longtemps une organisation d’urogynécologie associant prise en charge du prolapsus, de l’incontinence et réunions pluridisciplinaires consacrées aux troubles de la statique pelvienne. (AP-HM)
Une consultation spécialisée consacrée au plancher pelvien
La première étape est une consultation spécialisée de statique pelvienne et d’urogynécologie.
Cette consultation a une particularité importante : les problèmes du plancher pelvien se situent à la frontière de plusieurs spécialités.
Une sensation de descente peut relever principalement d’un prolapsus gynécologique.
Des fuites urinaires peuvent nécessiter une expertise urologique.
Une difficulté à évacuer les selles peut être liée à une rectocèle mais aussi à un trouble digestif fonctionnel.
Et il est fréquent qu’une même patiente présente plusieurs de ces problèmes.
C’est pourquoi notre prise en charge repose sur une collaboration étroite entre gynécologues et urologues, plutôt que sur deux parcours indépendants. Le service d’urologie de l’Hôpital Nord prend notamment en charge l’incontinence urinaire féminine, tandis que le service de gynécologie possède une expertise spécifique dans la chirurgie des prolapsus. (AP-HM)
Comprendre ce qui gêne avant de choisir un traitement
Une consultation de prolapsus ne consiste pas uniquement à déterminer un « stade ».
Nous cherchons surtout à comprendre ce que la patiente souhaite améliorer.
Est-ce principalement :
une sensation de boule dans le vagin ?
une pesanteur en fin de journée ?
des difficultés à uriner ?
des fuites lorsque l’on tousse ou que l’on fait du sport ?
des envies urgentes difficiles à retenir ?
des difficultés pour aller à la selle ?
une gêne pendant les rapports sexuels ?
Ces symptômes peuvent être associés mais ils ne répondent pas nécessairement au même traitement.
Une excellente correction anatomique du prolapsus ne garantit pas, par exemple, qu’une vessie hyperactive disparaîtra.
À l’inverse, traiter parfaitement une incontinence urinaire d’effort ne remet pas en place un prolapsus.
La première expertise consiste donc souvent à identifier le bon problème avant de chercher la bonne opération.
Un examen complet du prolapsus et de la continence
L’examen permet d’évaluer séparément les différentes parties du plancher pelvien :
la paroi antérieure du vagin et le soutien de la vessie ;
le sommet du vagin et éventuellement l’utérus ;
la paroi postérieure et ses rapports avec le rectum.
Le prolapsus peut être quantifié de manière objective, notamment grâce à la classification POP-Q.
Mais nous évaluons également le fonctionnement de la vessie et recherchons une éventuelle incontinence urinaire associée.
Cette étape est particulièrement importante lorsqu’un prolapsus important peut masquer une incontinence d’effort, qui n’apparaît qu’une fois les organes remis temporairement dans leur position normale.
L’objectif est d’éviter deux erreurs opposées :
ne pas traiter un symptôme important qui aurait dû être anticipé ;
mais aussi ne pas ajouter une intervention inutile simplement parce qu’une anomalie peut être démontrée lors d’un test.
Les essais de pessaires directement en consultation
L’un des éléments importants de notre prise en charge est la possibilité de réaliser des essais de pessaires pendant la consultation.
Le pessaire est un dispositif placé dans le vagin afin de soutenir mécaniquement le prolapsus.
Il existe plusieurs formes et plusieurs tailles.
Le choix ne peut donc pas toujours être fait à partir d’une simple prescription : il est souvent utile d’essayer directement le dispositif, de vérifier qu’il corrige suffisamment le prolapsus, qu’il reste en place lorsque la patiente marche ou pousse, et surtout qu’il est confortable.
Un premier modèle ne convient pas toujours.
Il est parfois nécessaire d’essayer plusieurs tailles avant de trouver celle qui assure un soutien efficace sans provoquer de gêne.
Le pessaire n’est pas uniquement une solution d’attente
C’est une idée que nous cherchons particulièrement à transmettre.
Le pessaire n’est pas simplement un dispositif proposé à une patiente « en attendant qu’elle soit opérée ».
Pour certaines femmes, il constitue le traitement choisi à long terme.
Une patiente peut être parfaitement satisfaite d’un pessaire pendant plusieurs années et ne jamais souhaiter de chirurgie.
Une autre peut choisir de le porter uniquement lors d’une activité physique.
Chez une femme jeune, il peut permettre de différer une intervention.
Et chez une patiente présentant des facteurs médicaux rendant une chirurgie moins souhaitable, il peut offrir une excellente solution sans anesthésie.
La chirurgie n’est donc pas l’aboutissement obligatoire du parcours.
Un pessaire peut aussi nous aider à comprendre les symptômes
L’essai d’un pessaire possède parfois une véritable valeur diagnostique.
Lorsqu’une patiente présente à la fois une descente d’organes et des difficultés urinaires, remettre temporairement le prolapsus en place permet de voir si la vidange de la vessie s’améliore.
Il peut également révéler une incontinence d’effort jusque-là masquée par le prolapsus.
Enfin, il permet parfois à la patiente de répondre concrètement à une question importante :
« Est-ce que je vais réellement mieux lorsque mon prolapsus est corrigé ? »
Cette information peut être extrêmement utile avant d’envisager une chirurgie définitive.
Une prise en charge non chirurgicale chaque fois qu’elle est suffisante
Notre centre dispose d’une offre chirurgicale large, mais cette expertise n’a de sens que si elle s’accompagne également d’une capacité à ne pas opérer lorsque cela n’est pas nécessaire.
Selon les symptômes, nous pouvons proposer ou organiser :
rééducation pelvi-périnéale ;
rééducation vésicale ;
pessaire ;
traitement local de la ménopause lorsque cela est indiqué ;
prise en charge de la constipation et des facteurs favorisant les efforts de poussée ;
ou traitements médicamenteux d’une vessie hyperactive.
Un prolapsus anatomiquement important mais parfaitement toléré n’a pas nécessairement besoin d’être opéré.
De même, une incontinence d’effort suffisamment améliorée par la rééducation ne nécessite pas de bandelette simplement parce qu’une intervention pourrait techniquement être réalisée.
La qualité d’un centre de chirurgie se mesure aussi à sa capacité à proposer une alternative à la chirurgie lorsqu’elle est préférable.
Quand la chirurgie devient la meilleure solution
À l’inverse, il ne faut pas hésiter à proposer une intervention lorsque la gêne est importante et que la chirurgie offre une solution proportionnée.
Certaines patientes vivent depuis des années avec une boule vaginale extériorisée, limitent leurs déplacements ou leurs activités et organisent toute leur journée autour de leur prolapsus.
D’autres ne peuvent plus courir, tousser ou faire du sport sans fuite malgré une rééducation correctement réalisée.
Dans ces situations, continuer indéfiniment des traitements qui ne fonctionnent pas suffisamment n’est pas nécessairement plus « conservateur ».
Savoir proposer une chirurgie au bon moment fait aussi partie d’une prise en charge personnalisée.
Une maîtrise des différentes voies de chirurgie du prolapsus
L’un des intérêts de notre centre est de pouvoir proposer plusieurs voies chirurgicales.
Nous réalisons la chirurgie du prolapsus :
par voie vaginale ;
par voie cœlioscopique ;
et par chirurgie robot-assistée lorsque celle-ci est adaptée à la situation.
L’AP-HM mentionne actuellement la chirurgie du prolapsus parmi les activités spécialisées du service de gynécologie de l’Hôpital Nord, avec une expertise en chirurgie pelvienne bénigne et en chirurgie mini-invasive. (AP-HM)
Cette diversité est importante, car aucune voie n’est supérieure dans toutes les situations.
La chirurgie par voie vaginale
La voie vaginale permet de réaliser toute l’intervention par les voies naturelles, sans incision abdominale.
Elle peut notamment permettre de traiter certains prolapsus antérieurs, postérieurs ou apicaux en utilisant les propres tissus de la patiente.
Elle peut également être particulièrement intéressante chez certaines patientes pour lesquelles une chirurgie abdominale plus longue n’apporterait pas de bénéfice supplémentaire.
La chirurgie vaginale ne doit pas être considérée comme une chirurgie « ancienne » opposée à une chirurgie moderne cœlioscopique.
Dans les bonnes indications, elle reste une excellente voie mini-invasive.
L’AP-HM mentionne explicitement la chirurgie du prolapsus par voie vaginale et par cœlioscopie dans son activité gynécologique. (AP-HM)
La chirurgie cœlioscopique
La cœlioscopie permet d’accéder au pelvis à travers de petites incisions abdominales.
Elle est notamment utilisée pour réaliser certaines suspensions du vagin ou de l’utérus, en particulier la promontofixation.
Cette voie offre une vision très précise de l’anatomie pelvienne et permet de réaliser une reconstruction du soutien apical tout en évitant une grande incision abdominale.
Elle peut également être particulièrement intéressante lorsqu’une pathologie pelvienne associée doit être prise en compte.
La chirurgie robot-assistée
Notre centre dispose également d’une expertise en chirurgie robot-assistée.
Le robot ne réalise évidemment pas l’opération de manière autonome.
Il s’agit d’un système commandé en permanence par le chirurgien, qui permet une vision tridimensionnelle et une grande mobilité des instruments dans le pelvis.
Il peut être utilisé pour certaines chirurgies de reconstruction pelvienne et notamment certaines promontofixations.
L’Hôpital Nord développe une activité importante de chirurgie robotique et mini-invasive en gynécologie comme en urologie, et l’AP-HM identifie spécifiquement cette expertise dans les activités de ces services. (AP-HM)
Mais là encore, le robot n’est pas un objectif en soi.
La meilleure voie est celle qui convient à la situation anatomique et à la patiente.
Ne pas proposer la même opération à tous les prolapsus
Un prolapsus de la paroi postérieure isolé n’appelle pas nécessairement la même intervention qu’une importante descente du sommet vaginal.
Une patiente ayant déjà subi plusieurs opérations ne pose pas les mêmes problèmes qu’une femme opérée pour la première fois.
Une femme souhaitant conserver son utérus peut également avoir des priorités différentes.
C’est précisément pour cette raison qu’il est utile que l’équipe maîtrise différentes voies opératoires.
Lorsque l’on ne maîtrise qu’une technique, on risque de chercher à faire correspondre toutes les patientes à cette technique.
Notre objectif est inverse : disposer de suffisamment de possibilités pour pouvoir sélectionner la technique à partir du problème rencontré.
Conserver l’utérus lorsque cela est souhaité et pertinent
Une chirurgie du prolapsus ne signifie pas nécessairement hystérectomie.
Dans de nombreuses situations, l’utérus peut être conservé et suspendu.
Chez d’autres patientes, une hystérectomie peut être proposée parce qu’elle correspond mieux au contexte gynécologique ou au choix de la patiente.
Cette décision est discutée avant l’intervention.
Elle dépend notamment de l’âge, de l’existence d’une pathologie utérine, des antécédents et des préférences personnelles.
Le prolapsus seul n’impose pas automatiquement de retirer l’utérus.
La prise en charge de l’incontinence urinaire fait partie du même parcours
Le service d’urologie de l’Hôpital Nord prend en charge l’incontinence urinaire féminine, et la collaboration avec la gynécologie permet d’intégrer continence et statique pelvienne dans une même réflexion. (AP-HM)
Cette organisation est particulièrement importante chez les patientes présentant à la fois un prolapsus et des fuites.
Il faut en effet distinguer :
l’incontinence urinaire d’effort, typiquement provoquée par la toux, la course ou le sport ;
et l’incontinence par urgenturie, associée à une envie brutale et difficile à contrôler.
Une intervention destinée à traiter l’incontinence d’effort n’est pas un traitement d’une vessie hyperactive.
Le diagnostic précis du mécanisme reste donc indispensable avant d’envisager un geste chirurgical.
Une chirurgie de l’incontinence seulement lorsque cela est nécessaire
Lorsque l’incontinence d’effort reste importante malgré la rééducation, une chirurgie peut être proposée.
Elle peut notamment reposer, selon la situation, sur une chirurgie de soutien de l’urètre.
Mais là encore, une anomalie objectivable n’est pas nécessairement une indication à intervenir.
La question centrale est :
les fuites sont-elles suffisamment gênantes pour justifier les contraintes et les risques d’une intervention ?
Cette approche permet d’éviter une chirurgie inutile chez une patiente dont l’incontinence est faible ou suffisamment contrôlée par des traitements conservateurs.
Prolapsus et incontinence : parfois une seule intervention, parfois deux temps
Lorsque prolapsus et incontinence sont associés, la question du calendrier de traitement est importante.
Dans certaines situations, il peut être pertinent de traiter les deux problèmes au cours de la même intervention.
Dans d’autres, il est préférable de corriger d’abord le prolapsus puis de réévaluer la continence.
Cette stratégie peut notamment éviter d’ajouter un geste urinaire chez une patiente qui n’en aurait finalement pas eu besoin.
Deux problèmes présents chez la même patiente ne signifient donc pas nécessairement deux opérations réalisées le même jour.
Le choix dépend des symptômes, du bilan préopératoire et des préférences de la patiente.
Une RCP dédiée à la statique pelvienne
Les situations complexes peuvent être présentées au cours de notre Réunion de Concertation Pluridisciplinaire de statique pelvienne.
Cette réunion permet de confronter plusieurs regards autour d’un même dossier.
Elle associe notamment :
le Dr Jennifer Campagna, urologue ;
le Dr Camille Delecourt et le Dr Laurence Piechon, gynécologues ;
le Pr Laura Beyer et le Dr Karine Visée, chirurgiens viscéraux.
Les pages actuelles de l’AP-HM confirment l’activité du Dr Jennifer Campagna au sein de l’équipe d’urologie de l’Hôpital Nord, l’expertise du Dr Camille Delecourt et du Dr Laurence Piechon dans la chirurgie pelvienne et les prolapsus, ainsi que l’appartenance du Pr Laura Beyer-BERJOT et du Dr Visée à l’équipe de chirurgie viscérale et digestive de l’Hôpital Nord. (AP-HM)
Pourquoi associer des chirurgiens viscéraux ?
Parce que le plancher pelvien ne s’arrête pas à la frontière entre les spécialités médicales.
Un prolapsus postérieur peut être associé à :
une rectocèle ;
des difficultés importantes d’évacuation ;
une pathologie anorectale ;
ou parfois d’autres troubles digestifs.
Dans ces situations, une discussion entre gynécologue et chirurgien digestif permet de déterminer si les symptômes sont réellement liés au prolapsus et si un geste digestif doit ou non être associé.
L’équipe de chirurgie viscérale de l’Hôpital Nord possède une expertise des pathologies colorectales et pelviennes, ce qui facilite cette approche transversale. (AP-HM)
Pourquoi associer un urologue ?
Pour la même raison.
La vessie et l’urètre font partie intégrante du plancher pelvien.
Une patiente peut présenter simultanément :
un prolapsus ;
une incontinence d’effort ;
une vessie hyperactive ;
des difficultés à uriner ;
ou un résidu post-mictionnel important.
Certaines de ces situations nécessitent une évaluation urologique plus spécifique.
La présence du Dr Jennifer Campagna, urologue de l’Hôpital Nord, dans cette organisation permet d’intégrer directement ces questions au parcours de statique pelvienne. L’activité actuelle du service d’urologie inclut explicitement la prise en charge de l’incontinence urinaire féminine. (AP-HM)
Pourquoi plusieurs gynécologues ?
Parce que la chirurgie du prolapsus elle-même comporte plusieurs stratégies.
Le Dr Camille Delecourt est spécialisée en chirurgie pelvienne pour pathologies bénignes, parmi lesquelles le prolapsus. (AP-HM)
Le Dr Laurence Piechon possède également une expertise particulière dans les pathologies gynécologiques bénignes et les prolapsus génitaux. (AP-HM)
Cette expertise partagée permet de discuter les voies vaginales et abdominales, la conservation éventuelle de l’utérus et les différentes possibilités de reconstruction plutôt que de faire dépendre la décision d’un seul opérateur.
Tous les prolapsus n’ont évidemment pas besoin d’une RCP complexe
Une patiente présentant un prolapsus typique avec une stratégie thérapeutique évidente n’a pas nécessairement besoin de mobiliser cinq spécialistes.
La multidisciplinarité prend surtout de la valeur lorsque plusieurs problèmes se superposent :
prolapsus récidivant ;
chirurgie antérieure ;
association de symptômes urinaires et digestifs ;
incontinence complexe ;
difficulté de vidange de la vessie ;
rectocèle avec troubles digestifs importants ;
ou hésitation entre plusieurs stratégies chirurgicales.
La RCP permet alors de répondre à une question simple :
quelle stratégie apporte le meilleur bénéfice global, plutôt que de traiter séparément chaque organe ?
Une organisation adaptée aux nouvelles exigences de la chirurgie pelvienne
La chirurgie du prolapsus et certaines chirurgies de l’incontinence utilisant des implants font aujourd’hui l’objet d’un encadrement renforcé en France, avec une importance particulière donnée à l’évaluation spécialisée, à la concertation pluridisciplinaire et à l’information des patientes.
L’existence d’une organisation associant gynécologie, urologie et chirurgie viscérale est donc particulièrement adaptée à cette évolution de la prise en charge.
Mais au-delà des exigences réglementaires, l’intérêt clinique est évident :
une décision collective réduit le risque de raisonner uniquement en fonction d’un seul organe ou d’une seule technique.
Une expertise particulière des récidives et des situations complexes
Une récidive de prolapsus après une première intervention doit être analysée différemment d’un prolapsus jamais opéré.
Il faut comprendre :
quelle intervention a déjà été réalisée ;
quel compartiment récidive ;
s’il existe un implant ;
si les symptômes actuels correspondent réellement à la récidive anatomique ;
et quelle autre technique serait susceptible d’apporter un bénéfice durable.
Dans ces situations, la capacité à proposer à la fois chirurgie vaginale, cœlioscopique et robot-assistée est particulièrement utile.
Une récidive après chirurgie vaginale peut parfois conduire à discuter une voie abdominale.
À l’inverse, une patiente ayant déjà subi une chirurgie abdominale peut être une excellente candidate à une réparation vaginale ciblée.
Une récidive n’impose donc pas automatiquement de refaire la même opération.
Une chirurgie mini-invasive lorsque cela apporte un bénéfice
Notre objectif est de privilégier une approche mini-invasive lorsque celle-ci permet de réaliser correctement l’intervention.
Cela peut signifier :
une chirurgie entièrement vaginale ;
une cœlioscopie ;
ou une chirurgie robot-assistée.
Mais « mini-invasive » ne signifie pas nécessairement « robotique ».
Une chirurgie vaginale sans aucune incision abdominale peut parfois être la stratégie la moins invasive.
Le choix dépend donc de l’anatomie et du geste nécessaire.
La sophistication technologique d’une intervention n’est pas un objectif médical en elle-même.
Une décision construite avec la patiente
Une particularité de la statique pelvienne est qu’il existe souvent plusieurs traitements raisonnables pour la même situation.
Prenons une femme présentant un prolapsus symptomatique.
Elle peut parfois choisir :
de poursuivre une rééducation ;
d’utiliser un pessaire ;
d’être opérée par voie vaginale ;
ou de bénéficier d’une chirurgie cœlioscopique ou robot-assistée.
Les différences entre ces stratégies concernent notamment la durée de récupération, le risque de récidive, l’utilisation éventuelle d’un implant et les complications potentielles.
Le rôle de la consultation est donc d’expliquer ces compromis.
Une bonne décision ne consiste pas uniquement à choisir la technique qui possède le meilleur résultat anatomique moyen : elle doit correspondre aux priorités de la patiente.
L’âge ne décide pas à lui seul du traitement
Une femme âgée peut parfaitement être candidate à une chirurgie si son état général est satisfaisant et si son prolapsus altère fortement sa qualité de vie.
À l’inverse, une femme plus jeune peut préférer pendant plusieurs années un pessaire si celui-ci lui permet de vivre normalement.
L’âge, l’état général, les antécédents, la sexualité, les activités physiques et les préférences personnelles sont considérés ensemble.
Il n’existe pas un âge auquel on devient « trop jeune » pour un pessaire ou « trop âgée » pour bénéficier d’une véritable correction chirurgicale.
La sexualité fait partie de la décision
Les objectifs concernant la sexualité sont abordés lorsque cela est pertinent pour la patiente.
Certaines interventions peuvent modifier la longueur ou la souplesse vaginale.
D’autres cherchent spécifiquement à préserver au maximum l’anatomie vaginale.
Le choix entre différentes chirurgies peut donc être influencé par l’activité sexuelle et les priorités de la patiente.
Cette question doit être discutée avant l’intervention plutôt que découverte après celle-ci.
Le suivi fait partie du traitement
Après une chirurgie, l’objectif n’est pas seulement de constater que le prolapsus a été remis en place.
Nous évaluons également :
la reprise des mictions ;
la continence ;
la disparition de la sensation de boule ;
l’évolution d’éventuelles urgenturies ;
les symptômes digestifs ;
et la récupération globale.
Après un traitement conservateur, la logique est identique : un pessaire doit être réévalué afin de vérifier sa tolérance et son efficacité.
Le traitement du plancher pelvien doit donc être considéré comme un parcours, pas simplement comme un acte technique.
Notre philosophie : disposer de toute la chirurgie pour pouvoir choisir de ne pas opérer
Cela résume probablement le mieux notre organisation.
Nous sommes capables de réaliser les principales chirurgies nécessaires à la prise en charge du prolapsus et de l’incontinence :
chirurgie par voie vaginale ;
chirurgie cœlioscopique ;
chirurgie robot-assistée ;
ainsi que les traitements chirurgicaux adaptés de l’incontinence urinaire.
Cette expertise permet de traiter les situations complexes et d’opérer lorsque cela apporte un véritable bénéfice. L’activité de l’Hôpital Nord associe actuellement expertise gynécologique du prolapsus, chirurgie mini-invasive et robotique, ainsi que prise en charge urologique de l’incontinence. (AP-HM)
Mais être capable d’opérer ne signifie pas devoir opérer.
Nous pouvons également proposer une rééducation, essayer différents pessaires directement en consultation, traiter une vessie hyperactive ou simplement surveiller un prolapsus peu gênant.
Chez certaines patientes, une intervention sera clairement la meilleure solution.
Chez d’autres, le meilleur traitement sera précisément celui qui permettra de l’éviter.
Le message essentiel
Notre prise en charge du prolapsus et de l’incontinence urinaire à l’Hôpital Nord repose sur une approche spécialisée, personnalisée et multidisciplinaire.
Les patientes peuvent bénéficier de consultations spécialisées associant expertise gynécologique et urologique, afin d’évaluer simultanément le prolapsus, le fonctionnement de la vessie et les éventuels symptômes associés. Les services de gynécologie et d’urologie de l’Hôpital Nord disposent actuellement d’activités spécifiques consacrées respectivement aux prolapsus pelviens et à l’incontinence urinaire féminine. (AP-HM)
Les pessaires peuvent être essayés directement en consultation, ce qui permet de choisir une forme et une taille adaptées et de vérifier immédiatement si la correction du prolapsus améliore les symptômes.
Lorsque la chirurgie n’est pas nécessaire, nous privilégions les solutions permettant de l’éviter ou de la différer : rééducation pelvi-périnéale, pessaire, rééducation vésicale et traitements médicaux selon le type de trouble urinaire.
Lorsque l’intervention représente au contraire la meilleure solution, notre centre maîtrise les principales voies chirurgicales : voie vaginale, cœlioscopie et chirurgie robot-assistée, permettant d’adapter l’opération au type de prolapsus plutôt que d’utiliser systématiquement la même technique. L’AP-HM décrit explicitement l’activité de chirurgie du prolapsus par voie vaginale et cœlioscopique et l’expertise en chirurgie mini-invasive et robotique du site. (AP-HM)
Les situations nécessitant plusieurs expertises peuvent être discutées dans notre RCP de statique pelvienne, réunissant notamment le Dr Jennifer Campagna, urologue ; le Dr Camille Delecourt et le Dr Laurence Piechon, gynécologues ; le Pr Laura Beyer et le Dr Karine Visée, chirurgiens viscéraux. Les équipes correspondantes d’urologie, de gynécologie et de chirurgie viscérale sont actuellement toutes présentes sur le site de l’Hôpital Nord. (AP-HM)
Cette organisation permet notamment de prendre en charge des situations où troubles gynécologiques, urinaires et digestifs se superposent.
Notre objectif n’est finalement pas de répondre à toutes les patientes par une intervention.
Il est de pouvoir dire :
« Nous savons opérer si cela est nécessaire, par la voie la plus adaptée. Mais si une solution plus simple permet d’obtenir le même bénéfice dans votre vie quotidienne, nous savons aussi ne pas opérer. »
La meilleure prise en charge n’est donc ni systématiquement la chirurgie ni systématiquement son évitement.
C’est celle qui permet à chaque patiente de retrouver une vie quotidienne satisfaisante avec le traitement suffisamment efficace et le moins contraignant possible, qu’il s’agisse d’un pessaire, d’une rééducation, d’un traitement de la vessie ou, lorsque cela est réellement indiqué, d’une chirurgie spécialisée.
Prendre un rendez-vous
Prenez rendez-vous avec l’un de nos spécialistes pour une consultation adaptée à votre situation et à vos besoins.
Téléphone : 04 91 96 46 58 de 8h00 à 12h00
Mail : rdvgyneconord@ap-hm.fr