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Fibromes · Comprendre
Comprendre les fibromes utérins : une maladie bénigne très fréquente
Les fibromes utérins, également appelés myomes ou léiomyomes, sont des tumeurs bénignes qui se développent à partir du muscle de l’utérus. Ils sont extrêmement fréquents : la Haute Autorité de Santé estime qu’ils concernent environ 20 à 30 % des femmes de plus de 30 ans, avec une fréquence qui augmente après 40 ans. Pourtant, beaucoup de femmes ne sauront jamais qu’elles en ont, car la majorité des fibromes ne provoquent aucun symptôme. Lorsqu’ils deviennent gênants, leur impact dépend beaucoup moins de leur simple taille que de leur nombre et surtout de leur localisation : un petit fibrome situé dans la cavité utérine peut provoquer des règles très abondantes, tandis qu’un fibrome beaucoup plus volumineux situé vers l’extérieur de l’utérus peut rester longtemps silencieux. Surtout, un fibrome est une tumeur bénigne : sa présence ne signifie pas que l’on présente un cancer de l’utérus.
Qu’est-ce qu’un fibrome ?
L’utérus est principalement constitué d’une couche musculaire épaisse appelée myomètre. C’est ce muscle qui permet notamment à l’utérus de se contracter pendant les règles et lors de l’accouchement.
Un fibrome apparaît lorsqu’un groupe de cellules musculaires du myomètre se multiplie et forme progressivement un nodule. Il contient des cellules musculaires mais également du tissu fibreux, ce qui explique son aspect généralement ferme. Les termes fibrome, myome et léiomyome désignent en pratique la même maladie.
Un fibrome peut mesurer quelques millimètres ou devenir beaucoup plus volumineux. Une femme peut n’en avoir qu’un seul, mais ils sont souvent multiples : la HAS rapporte plusieurs fibromes dans environ 70 % des cas.
Cette grande diversité explique pourquoi deux femmes ayant toutes les deux « des fibromes » peuvent avoir des situations complètement différentes.
Les fibromes sont-ils fréquents ?
Oui. Ils constituent les tumeurs bénignes les plus fréquentes de l’appareil génital féminin. La HAS estime qu’ils concernent environ 20 à 30 % des femmes après 30 ans, tandis que les études utilisant systématiquement l’échographie retrouvent des fréquences encore plus importantes au cours de la vie.
La fréquence augmente avec l’âge pendant la période d’activité hormonale et les fibromes sont particulièrement fréquents entre 35 et 50 ans. Après la ménopause, ils ont généralement tendance à se stabiliser ou à diminuer de volume en raison de la baisse des hormones ovariennes.
Le fait qu’ils soient fréquents est important à garder à l’esprit : découvrir fortuitement un petit fibrome à l’échographie est une situation extrêmement banale et ne signifie pas qu’un traitement sera nécessaire.
Pourquoi développe-t-on des fibromes ?
Il n’existe pas une cause unique
Nous ne savons pas encore expliquer précisément pourquoi une femme développe un fibrome et une autre non.
Plusieurs mécanismes interviennent probablement simultanément, notamment des facteurs génétiques et hormonaux. Les œstrogènes et la progestérone jouent un rôle dans la croissance des fibromes, ce qui correspond à leur évolution habituelle : ils se développent principalement pendant les années de fonctionnement ovarien et ont tendance à arrêter de croître ou à diminuer après la ménopause.
Des anomalies génétiques acquises directement dans les cellules du fibrome ont également été identifiées. Plusieurs voies moléculaires sont actuellement étudiées, notamment autour de gènes comme MED12 ou HMGA2. Cela ne signifie pas que les fibromes sont habituellement une maladie héréditaire : il s’agit le plus souvent d’anomalies présentes uniquement dans les cellules du fibrome.
Les hormones font-elles « fabriquer » des fibromes ?
Pas exactement.
Les hormones ovariennes semblent plutôt participer à la croissance d’une tumeur déjà constituée.
C’est également ce qui explique que certains traitements hormonaux puissent réduire temporairement leur volume ou diminuer les symptômes, sans pour autant supprimer définitivement le mécanisme à l’origine du fibrome.
Les fibromes restent donc une maladie multifactorielle dont la cause exacte n’est pas complètement élucidée.
Où peuvent se trouver les fibromes ?
La localisation est probablement l’information la plus importante après leur taille.
On distingue schématiquement trois grandes situations.
Les fibromes sous-muqueux
Ils se développent vers l’intérieur de la cavité utérine, juste sous l’endomètre.
Certains peuvent même faire presque entièrement saillie dans la cavité, comme un polype.
Ce sont souvent les fibromes qui ont le plus d’impact sur les règles et parfois sur la fertilité, même lorsqu’ils sont relativement petits, car ils déforment directement la cavité dans laquelle s’implante une grossesse.
Les fibromes intramuraux
Ils sont situés dans l’épaisseur du muscle de l’utérus.
Ils peuvent rester entièrement inclus dans le myomètre ou devenir suffisamment volumineux pour déformer soit la cavité utérine, soit la surface externe de l’utérus.
Un fibrome intramural peut être totalement asymptomatique ou provoquer des règles abondantes, une sensation de poids ou d’autres symptômes selon sa taille et sa position.
Les fibromes sous-séreux
Ils se développent principalement vers l’extérieur de l’utérus, dans la cavité abdominale.
Ils déforment peu ou pas la cavité utérine et ont donc généralement moins d’impact sur les saignements ou l’implantation embryonnaire.
Lorsqu’ils deviennent volumineux, ils peuvent en revanche provoquer des symptômes de compression sur les organes voisins.
Pourquoi parle-t-on parfois de « type FIGO » ?
Les gynécologues utilisent une classification internationale qui décrit de manière plus précise la relation du fibrome avec la cavité utérine et avec la surface externe de l’utérus.
Elle va globalement des fibromes situés entièrement dans la cavité jusqu’aux fibromes situés essentiellement à l’extérieur du muscle. Cette classification est particulièrement utile lorsqu’il faut décider du type de traitement ou de la voie chirurgicale.
Pour une patiente, il est cependant souvent plus simple de retenir trois questions :
le fibrome déforme-t-il la cavité utérine ?
est-il essentiellement situé dans le muscle ?
ou se développe-t-il surtout vers l’extérieur ?
Ces informations comptent souvent davantage que le simple diamètre inscrit sur le compte rendu d’échographie.
Un gros fibrome provoque-t-il forcément davantage de symptômes ?
Non.
La taille seule ne suffit pas à prédire les symptômes. Le NICHD souligne que même un petit fibrome peut provoquer des symptômes importants, notamment lorsqu’il est situé près de la cavité utérine.
À l’inverse, certaines femmes possèdent un utérus contenant plusieurs fibromes volumineux sans présenter de gêne importante.
C’est pourquoi on ne traite pas une image d’échographie ou un nombre de centimètres.
On traite une patiente, des symptômes et éventuellement un projet de grossesse.
Pourquoi les fibromes peuvent-ils provoquer des règles abondantes ?
Les fibromes qui déforment la cavité utérine augmentent la surface de l’endomètre et modifient localement le fonctionnement du muscle utérin et de ses vaisseaux.
Le résultat peut être une augmentation importante du volume des règles ou leur durée.
Les saignements abondants constituent l’un des symptômes les plus classiques des fibromes et peuvent parfois devenir suffisamment importants pour provoquer une anémie par manque de fer. La HAS considère les saignements anormaux et leurs conséquences comme l’un des principaux motifs de traitement.
Une femme peut progressivement s’habituer à des règles extrêmement abondantes et ne réaliser leur importance qu’au moment où une prise de sang révèle une anémie.
Les fibromes peuvent-ils provoquer des douleurs ?
Oui, mais ce n’est pas systématique.
Certaines patientes présentent des règles plus douloureuses, des douleurs ou une pesanteur pelvienne. Les fibromes peuvent également provoquer une gêne liée à leur volume lorsque l’utérus devient beaucoup plus gros.
Il est cependant important de ne pas attribuer automatiquement toute douleur pelvienne à un fibrome découvert à l’échographie.
Une endométriose, une adénomyose, une pathologie digestive, urinaire ou musculaire peuvent par exemple être responsables des symptômes alors qu’un fibrome est simplement présent par hasard.
Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’un fibrome est petit ou situé loin de la région douloureuse.
Les fibromes peuvent-ils comprimer la vessie ou le rectum ?
Oui.
Un fibrome volumineux situé sur la face antérieure de l’utérus peut appuyer sur la vessie et provoquer une sensation de pression ou des envies plus fréquentes d’uriner.
Une masse située vers l’arrière peut parfois participer à une sensation de pesanteur rectale ou à des difficultés pour aller à la selle. Les fibromes peuvent également provoquer une sensation de ventre gonflé ou de masse abdominale.
Ces symptômes de compression sont souvent davantage liés au volume global de l’utérus et à la direction dans laquelle le fibrome se développe qu’au nombre exact de fibromes.
Un fibrome peut-il grossir ?
Oui.
Un fibrome peut augmenter de volume, rester stable pendant plusieurs années ou parfois diminuer spontanément.
Cette évolution est difficile à prévoir individuellement.
La croissance dépend notamment de facteurs hormonaux et biologiques propres à chaque fibrome. Les fibromes ont généralement tendance à arrêter leur croissance ou à diminuer après la ménopause, même si cette règle n’est pas absolue dans chaque situation individuelle.
Un même utérus peut également contenir plusieurs fibromes ayant des comportements différents : l’un peut rester stable tandis qu’un autre augmente progressivement.
Un fibrome qui grossit vite est-il un cancer ?
Pas nécessairement.
Une croissance rapide peut conduire le médecin à réévaluer une masse, en particulier lorsque son aspect est inhabituel ou chez une femme proche ou après la ménopause.
Mais la vitesse de croissance d’une masse utérine ne permet pas, à elle seule, de déterminer si elle est bénigne ou maligne. Le principal problème est que certaines tumeurs utérines rares, notamment les sarcomes, peuvent parfois ressembler à des fibromes avant l’intervention.
Une augmentation de taille doit donc être interprétée dans son contexte : âge, symptômes, aspect échographique ou IRM et évolution globale de la masse.
Un fibrome peut-il devenir cancéreux ?
Le fibrome est par définition une tumeur bénigne. Il ne doit pas être considéré comme une lésion précancéreuse qui évoluerait progressivement vers un cancer.
La difficulté vient d’une autre situation, beaucoup plus rare : un léiomyosarcome utérin, qui est un véritable cancer du muscle utérin, peut parfois ressembler à un fibrome avant l’opération. Les examens disponibles diminuent ce risque lorsqu’une masse paraît suspecte, mais aucun test préopératoire ne permet d’exclure un sarcome avec une certitude absolue dans toutes les situations.
Le problème n’est donc généralement pas qu’un fibrome banal « se transforme » progressivement.
Il est qu’exceptionnellement, une masse que l’on pensait être un fibrome puisse avoir été une autre tumeur dès le départ.
Pourquoi cette question est-elle importante avant une chirurgie ?
Parce qu’une partie des chirurgies mini-invasives de fibromes volumineux peut nécessiter de fragmenter le tissu pour pouvoir l’extraire par de petites incisions.
Cette technique est appelée morcellement.
Si la masse est bien un fibrome, le morcellement peut faciliter une chirurgie mini-invasive. Mais si une tumeur maligne exceptionnellement méconnue est fragmentée dans l’abdomen, des cellules cancéreuses peuvent être dispersées.
Le risque doit donc être évalué avant une chirurgie, particulièrement selon l’âge, la ménopause et l’aspect de la masse, puis expliqué dans le cadre du consentement.
Les fibromes empêchent-ils d’avoir des enfants ?
Le plus souvent, non
De très nombreuses femmes présentant des fibromes deviennent enceintes spontanément et ont des grossesses normales.
La présence d’un fibrome ne doit donc pas conduire automatiquement à conclure qu’il existe une infertilité ni à proposer une intervention avant une grossesse.
L’impact dépend principalement de la localisation du fibrome et de la manière dont il modifie l’anatomie de l’utérus.
Quels fibromes ont le plus d’impact sur la fertilité ?
Les données sont les plus convaincantes pour les fibromes qui déforment la cavité utérine, notamment les fibromes sous-muqueux.
Ils peuvent perturber l’implantation embryonnaire et leur résection hystéroscopique peut améliorer les chances de grossesse dans certaines situations.
La situation est beaucoup moins claire pour les fibromes intramuraux qui ne déforment pas la cavité. Les études sont contradictoires, et il n’existe pas de justification à retirer systématiquement tout fibrome intramural découvert chez une femme infertile.
Les fibromes sous-séreux, qui se développent vers l’extérieur de l’utérus, ont généralement peu d’impact sur la fertilité lorsqu’ils ne déforment pas la cavité.
La décision dépend donc beaucoup plus de la relation du fibrome avec l’endomètre que de sa seule présence.
Faut-il retirer un fibrome avant une FIV ?
Pas systématiquement.
Les recommandations de médecine de la reproduction considèrent que la résection d’un fibrome déformant clairement la cavité peut améliorer les chances de grossesse dans certaines situations. À l’inverse, les données ne permettent pas de recommander une myomectomie systématique pour tous les fibromes intramuraux asymptomatiques ne déformant pas la cavité.
La réflexion prend en compte la taille, le nombre, la proximité avec l’endomètre, les antécédents de grossesse, l’âge de la patiente et les autres causes éventuelles d’infertilité.
Il n’existe donc pas une taille magique à partir de laquelle tout fibrome devrait être retiré avant une FIV.
Les fibromes peuvent-ils poser problème pendant une grossesse ?
Ils peuvent parfois être associés à certaines complications de grossesse ou de l’accouchement, mais beaucoup de grossesses chez des femmes porteuses de fibromes se déroulent normalement.
Le risque dépend là encore du nombre, de la taille et surtout de la localisation des fibromes.
Un fibrome placé très bas dans l’utérus peut par exemple gêner la présentation ou le passage du bébé, tandis qu’un fibrome situé ailleurs peut n’avoir pratiquement aucune conséquence.
La présence de fibromes peut donc conduire à une surveillance obstétricale adaptée sans signifier automatiquement qu’une grossesse sera compliquée.
Comment fait-on le diagnostic ?
L’échographie est généralement l’examen de départ
Un fibrome peut être découvert lors d’un examen gynécologique, mais il est le plus souvent identifié et mesuré grâce à une échographie pelvienne, souvent réalisée par voie vaginale.
L’échographie permet de préciser :
le nombre de fibromes ;
leur taille ;
leur localisation ;
leur relation avec la cavité utérine ;
et l’aspect général du myomètre.
Elle permet également de rechercher d’autres pathologies pouvant expliquer les symptômes.
Quand réalise-t-on une IRM ?
L’IRM n’est pas nécessaire pour chaque petit fibrome typique.
Elle devient particulièrement utile lorsque l’utérus contient de nombreux fibromes, lorsque les masses sont volumineuses, lorsqu’une cartographie précise est nécessaire avant un traitement ou lorsqu’un aspect mérite d’être caractérisé plus précisément. Le NICHD inclut l’IRM parmi les techniques d’imagerie utilisées pour préciser le diagnostic des fibromes.
Elle permet notamment de visualiser très précisément le rapport entre chaque fibrome, l’endomètre et la surface externe de l’utérus.
Dans une situation complexe, cette cartographie peut directement influencer le choix entre plusieurs techniques thérapeutiques.
À quoi sert l’hystéroscopie ?
L’hystéroscopie consiste à introduire une petite caméra à travers le col afin d’observer directement la cavité utérine.
Elle est particulièrement utile lorsqu’une échographie fait suspecter un fibrome sous-muqueux, c’est-à-dire faisant saillie dans la cavité.
Elle peut permettre de confirmer le diagnostic et, dans certaines situations, de retirer directement un petit fibrome au cours du même geste.
L’hystéroscopie n’a en revanche aucun intérêt pour voir un fibrome situé entièrement dans l’épaisseur du muscle ou sur la face externe de l’utérus.
Fibrome ou adénomyose : quelle différence ?
Les deux maladies concernent l’utérus et peuvent provoquer des règles abondantes et des douleurs, mais elles sont très différentes.
Un fibrome est une masse bien individualisée constituée principalement de muscle utérin.
L’adénomyose correspond à la présence de tissu ressemblant à l’endomètre au sein même du myomètre, entraînant davantage une modification diffuse ou localisée du muscle.
Les deux pathologies peuvent coexister chez la même patiente.
Cette distinction est importante car le traitement optimal d’un saignement ou d’une douleur n’est pas forcément le même selon la maladie responsable.
Pourquoi certaines femmes ont-elles beaucoup de fibromes ?
Nous ne savons pas prédire précisément le nombre de fibromes qu’une femme développera.
Les facteurs génétiques et hormonaux jouent probablement un rôle. Les antécédents familiaux sont associés à un risque accru, et certaines populations présentent une fréquence plus élevée ainsi qu’un âge plus précoce au diagnostic.
Mais avoir une mère ou une sœur porteuse de fibromes ne signifie pas que l’on développera nécessairement la même maladie ni la même sévérité.
Chaque fibrome possède également sa propre biologie, ce qui explique pourquoi leur nombre et leur évolution peuvent être très variables d’une femme à l’autre.
Un fibrome nécessite-t-il toujours une surveillance ?
Pas nécessairement de manière intensive.
Lorsqu’un fibrome possède un aspect typiquement bénin, ne provoque aucun symptôme et ne pose pas de problème particulier de fertilité, il peut simplement être laissé en place.
La HAS rappelle que les traitements des fibromes sont principalement indiqués lorsqu’ils sont symptomatiques.
Il n’existe donc pas de règle imposant d’opérer un fibrome simplement parce qu’il atteint une certaine taille.
Selon le contexte, une surveillance clinique ou échographique peut être proposée, mais elle doit elle aussi répondre à une question précise et non simplement à l’existence du fibrome.
Quand faut-il consulter ?
Plusieurs situations peuvent justifier une évaluation gynécologique :
des règles devenues très abondantes ou prolongées ;
une anémie ou une fatigue inexpliquée ;
une sensation de masse ou de pesanteur pelvienne ;
des envies urinaires très fréquentes liées à une compression ;
des douleurs nouvelles ;
une difficulté à concevoir lorsqu’un fibrome est connu ;
ou une modification inhabituelle d’une masse déjà surveillée.
Un saignement survenant après la ménopause doit en revanche toujours être évalué indépendamment de la présence d’un fibrome : il ne doit pas être automatiquement attribué à un myome connu.
Un fibrome asymptomatique doit-il être traité « avant qu’il ne grossisse » ?
En général, non.
La présence d’un fibrome n’implique pas qu’il deviendra nécessairement volumineux ou symptomatique.
La HAS rappelle que la prise en charge thérapeutique est principalement destinée aux fibromes responsables de symptômes, et que le choix du traitement doit dépendre de la situation individuelle.
Intervenir préventivement sur chaque fibrome découvert fortuitement exposerait de très nombreuses femmes aux conséquences d’un traitement dont elles n’auraient peut-être jamais eu besoin.
Le principe est donc de mettre en balance les symptômes et les bénéfices attendus du traitement avec les risques et les conséquences de celui-ci.
Quels traitements existent ?
Il existe aujourd’hui plusieurs familles de traitements, et aucune n’est systématiquement la meilleure.
Les médicaments peuvent principalement agir sur les saignements ou sur l’environnement hormonal du fibrome.
Une myomectomie permet de retirer le ou les fibromes en conservant l’utérus.
Selon leur localisation, certains fibromes peuvent être retirés par hystéroscopie, d’autres par cœlioscopie, chirurgie robot-assistée ou chirurgie ouverte.
L’embolisation des artères utérines cherche à diminuer l’apport sanguin des fibromes afin de les faire régresser.
D’autres techniques de destruction ciblée existent ou sont en cours d’évaluation selon les situations.
Enfin, l’hystérectomie retire définitivement l’utérus et constitue le seul traitement supprimant tout risque de nouveaux fibromes dans cet organe. La HAS insiste cependant sur la nécessité d’une décision partagée entre plusieurs options et sur le fait qu’un traitement non médicamenteux n’est pas indiqué simplement parce qu’un fibrome existe.
Ces différentes possibilités seront détaillées dans l’article consacré au traitement.
Pourquoi le désir de grossesse change-t-il autant la stratégie ?
Parce que certaines interventions conservent l’utérus tandis que d’autres empêchent définitivement toute grossesse.
Mais même parmi les traitements conservant l’utérus, les conséquences sur une grossesse future ne sont pas toutes identiques.
La décision doit donc intégrer dès le départ :
les symptômes actuels ;
l’âge ;
le type et la localisation des fibromes ;
le désir éventuel de grossesse ;
le délai souhaité avant cette grossesse ;
et les autres causes éventuelles d’infertilité.
Chez une femme souhaitant un enfant, l’objectif n’est pas simplement de faire disparaître le maximum de fibromes.
Il est de déterminer lesquels ont réellement intérêt à être traités et quelle technique préserve le mieux le projet reproductif.
Et après la ménopause ?
La majorité des fibromes diminuent ou se stabilisent après la ménopause du fait de la diminution de la stimulation hormonale.
Une femme qui approche de la ménopause et présente des symptômes modérés peut donc parfois choisir une stratégie différente d’une femme de 30 ans présentant exactement les mêmes fibromes.
À l’inverse, l’apparition ou l’augmentation inhabituelle d’une masse utérine après la ménopause doit être évaluée avec davantage de prudence, notamment parce que le risque qu’une masse utérine soit d’une autre nature augmente avec l’âge.
Le fibrome n’est pas forcément responsable de tous les symptômes
Cette idée mérite d’être répétée.
Les fibromes sont tellement fréquents qu’ils peuvent être découverts chez une patiente ayant des douleurs pour une tout autre raison.
Une femme peut par exemple présenter simultanément :
des fibromes ;
une adénomyose ;
une endométriose ;
un syndrome douloureux pelvien ;
ou une autre pathologie gynécologique.
Le fait qu’un fibrome soit visible à l’IRM ne prouve donc pas automatiquement qu’il est responsable des symptômes.
L’objectif de la consultation est de mettre en relation l’anatomie du fibrome avec ce que ressent réellement la patiente.
Une maladie bénigne qui peut néanmoins avoir un impact important
Dire que les fibromes sont bénins ne signifie pas qu’ils soient toujours anodins.
Chez certaines femmes, des règles très abondantes peuvent entraîner une anémie importante, avec fatigue, essoufflement ou diminution des capacités physiques.
D’autres peuvent être gênées par un utérus très volumineux, une pression sur la vessie, des douleurs ou un retentissement sur leur vie professionnelle et sociale.
La HAS estime que des symptômes sont présents dans environ 20 à 50 % des cas et souligne qu’ils peuvent avoir un retentissement important sur la qualité de vie.
Il faut donc éviter deux excès opposés :
considérer tout fibrome comme une maladie nécessitant une opération ;
ou, à l’inverse, banaliser des symptômes invalidants sous prétexte que la tumeur est bénigne.
Le message essentiel
Un fibrome est une tumeur bénigne du muscle de l’utérus. Il s’agit de l’une des pathologies gynécologiques les plus fréquentes, et beaucoup de femmes en ont sans jamais présenter de symptôme.
Les symptômes dépendent avant tout de la localisation, du nombre et du volume des fibromes.
Les fibromes proches ou à l’intérieur de la cavité utérine peuvent surtout provoquer des règles abondantes et, dans certaines situations, avoir un impact sur la fertilité.
Les fibromes qui se développent vers l’extérieur provoquent davantage des symptômes liés au volume ou à la compression lorsqu’ils deviennent importants.
La plupart des fibromes ne nécessitent aucun traitement. La HAS recommande de traiter principalement les fibromes symptomatiques, en tenant compte de l’âge, du désir de grossesse et des caractéristiques anatomiques de chaque myome.
Et surtout :
avoir un fibrome ne signifie pas avoir un cancer et un fibrome n’est pas considéré comme une lésion précancéreuse. Le problème oncologique est différent : très rarement, une autre tumeur du muscle utérin, appelée sarcome, peut initialement ressembler à un fibrome, ce qui explique les précautions prises dans certaines situations avant une chirurgie.
La question utile n’est donc généralement pas :
« Comment faire disparaître tous mes fibromes ? »
mais plutôt :
« Mes fibromes sont-ils réellement responsables de mes symptômes ou d’un problème de fertilité, et quel traitement apporte le meilleur bénéfice dans ma situation ? »
C’est cette logique qui permet aujourd’hui d’adapter la prise en charge : ne rien faire lorsqu’un fibrome ne gêne pas, traiter les symptômes lorsqu’ils le nécessitent, préserver l’utérus lorsque cela est souhaité et réserver les interventions les plus importantes aux situations où elles apportent un véritable bénéfice.
Fibromes · Diagnostic
Fibrome utérin : faire le diagnostic et comprendre son bilan
Le diagnostic d’un fibrome utérin est le plus souvent simple : les symptômes et l’examen gynécologique orientent, puis l’échographie permet généralement de confirmer qu’il existe un ou plusieurs fibromes et d’en préciser la taille et la localisation. Mais le véritable objectif du bilan ne consiste pas seulement à répondre « oui, il y a un fibrome ». Il faut déterminer si ce fibrome explique réellement les symptômes, comprendre ses rapports avec la cavité utérine, rechercher une éventuelle autre maladie comme une adénomyose ou un polype, évaluer les conséquences de saignements abondants et, lorsqu’un traitement est envisagé, disposer d’une cartographie suffisamment précise pour choisir la technique la plus adaptée. L’échographie constitue l’examen de première intention ; l’hystéroscopie, l’hystérosonographie et l’IRM sont réservées aux situations dans lesquelles elles apportent une information supplémentaire utile.
Dans quelles circonstances découvre-t-on un fibrome ?
De nombreux fibromes sont découverts par hasard.
Une échographie peut avoir été réalisée pendant une grossesse, pour rechercher une autre pathologie gynécologique ou à l’occasion de douleurs sans rapport avec le fibrome. Certaines femmes apprennent ainsi qu’elles ont plusieurs myomes alors qu’elles n’ont jamais présenté le moindre symptôme.
Dans d’autres situations, le bilan est réalisé en raison de symptômes évocateurs :
règles particulièrement abondantes ou prolongées ;
saignements entre les règles ;
anémie ;
pesanteur ou augmentation du volume abdominal ;
envies fréquentes d’uriner ;
constipation ou sensation de compression ;
douleurs pelviennes ;
ou parfois difficultés à obtenir une grossesse.
Mais ces symptômes ne sont pas spécifiques.
Une adénomyose peut provoquer des règles abondantes et douloureuses.
Un polype de l’endomètre peut entraîner des saignements.
Une endométriose peut expliquer des douleurs pelviennes.
Et une infertilité peut avoir de nombreuses autres causes.
Le premier objectif de la consultation est donc de déterminer si le fibrome est réellement susceptible d’expliquer ce que ressent la patiente.
Le diagnostic commence par les symptômes
Les règles abondantes doivent être décrites précisément
Dire que l’on a « des règles importantes » peut recouvrir des situations très différentes.
Le médecin cherche notamment à connaître leur durée, le nombre de protections nécessaires, la présence de caillots, les débordements nocturnes et l’impact des règles sur les activités quotidiennes.
L’Assurance Maladie propose notamment l’utilisation du score de Higham, qui permet d’estimer de façon plus objective l’importance des pertes menstruelles à partir du nombre et du degré de saturation des protections utilisées.
Cette évaluation est utile parce que certaines femmes se sont progressivement habituées à des règles très abondantes.
Elles peuvent considérer leur situation comme « normale » alors qu’une prise de sang révèle parfois une anémie importante.
On recherche également des signes d’anémie
Fatigue inhabituelle, essoufflement à l’effort, palpitations, vertiges ou pâleur peuvent traduire un manque de fer et une diminution de l’hémoglobine.
En présence de saignements importants, un bilan sanguin recherche donc généralement une anémie ferriprive, notamment par la numération sanguine et l’évaluation des réserves en fer.
Cette information est importante à deux niveaux.
Elle permet d’évaluer la gravité réelle des saignements.
Mais elle permet aussi de corriger une éventuelle anémie avant une intervention lorsqu’un traitement chirurgical est envisagé.
L’examen gynécologique
Lors de l’examen, le gynécologue peut parfois constater que l’utérus est augmenté de volume, irrégulier ou déformé.
Un gros fibrome peut parfois être perçu directement à la palpation.
L’Assurance Maladie indique que l’examen gynécologique permet d’évaluer notamment le volume, la forme et la consistance de l’utérus avant de demander l’imagerie adaptée.
Mais un examen clinique normal n’élimine évidemment pas un petit fibrome.
Il ne permet pas non plus de connaître précisément sa localisation dans l’épaisseur du muscle ou son rapport avec la cavité utérine.
C’est le rôle de l’échographie.
L’échographie : l’examen principal
L’examen de première intention
Lorsqu’un fibrome est suspecté, l’échographie pelvienne est généralement l’examen permettant de confirmer le diagnostic.
Elle peut associer une exploration abdominale et une échographie endovaginale. Cette dernière permet souvent une analyse particulièrement précise de l’utérus, tandis que la voie abdominale peut compléter l’examen lorsque l’utérus ou les fibromes sont très volumineux.
L’échographie permet de préciser :
combien de fibromes sont présents ;
leur taille ;
leur localisation ;
et leurs rapports avec la cavité utérine et les autres structures pelviennes.
Cette description est beaucoup plus utile que la simple phrase « présence de fibromes utérins ».
Que ressemble un fibrome à l’échographie ?
Un fibrome typique apparaît généralement comme une masse bien individualisée issue du muscle de l’utérus.
Son aspect peut toutefois varier.
Certains sont très homogènes.
D’autres comportent des zones de dégénérescence, de calcification ou de remaniements liés à une diminution de leur vascularisation.
Le Doppler, qui étudie la circulation sanguine, peut compléter l’examen. L’Assurance Maladie mentionne ainsi l’échographie abdomino-pelvienne couplée au Doppler dans le bilan diagnostique.
L’objectif n’est toutefois pas simplement de « reconnaître une boule ».
Il faut surtout comprendre où elle se situe.
La localisation est souvent plus importante que la taille
Un compte rendu utile doit permettre de savoir si le fibrome :
se développe principalement vers la cavité utérine ;
reste dans l’épaisseur du muscle ;
ou se développe surtout vers l’extérieur de l’utérus.
Cette distinction explique souvent les symptômes.
Un fibrome relativement petit qui déforme fortement la cavité peut provoquer des règles très abondantes ou poser une question de fertilité.
À l’inverse, un fibrome beaucoup plus volumineux situé vers l’extérieur peut ne provoquer aucun saignement et seulement devenir gênant lorsqu’il comprime la vessie ou augmente suffisamment le volume abdominal.
C’est pourquoi la question :
« combien mesure le fibrome ? »
doit presque toujours être accompagnée de :
« où est-il situé ? »
Fibrome sous-muqueux, intramural ou sous-séreux
Les termes employés dans les comptes rendus peuvent sembler complexes.
Un fibrome sous-muqueux se développe vers la cavité utérine et peut y faire saillie.
Un fibrome intramural est principalement situé dans l’épaisseur du muscle utérin.
Un fibrome sous-séreux se développe davantage vers la surface externe de l’utérus.
Certains fibromes sont intermédiaires et appartiennent à plusieurs compartiments.
Cette description permet notamment d’anticiper le traitement possible : un fibrome largement situé dans la cavité peut parfois être traité par hystéroscopie, alors qu’un fibrome profondément intramural nécessite une stratégie différente.
À quoi sert la classification FIGO ?
Les gynécologues utilisent fréquemment une classification internationale appelée classification FIGO des fibromes.
Elle décrit de manière plus précise les rapports du myome avec la cavité utérine, le muscle et la surface externe de l’utérus.
Pour une patiente, il n’est pas indispensable de mémoriser les différents chiffres.
L’intérêt pratique de cette classification est surtout de disposer d’un langage commun entre échographiste, gynécologue, chirurgien et radiologue.
Ainsi, lorsque l’on envisage par exemple une hystéroscopie, une myomectomie, une embolisation ou une autre technique, le type de fibrome permet de savoir si cette option est techniquement adaptée.
Le compte rendu d’imagerie doit donc idéalement être suffisamment précis pour permettre cette cartographie.
Pourquoi mesurer plusieurs diamètres ?
Un fibrome n’est pas nécessairement parfaitement rond.
Sa taille peut donc être décrite selon deux ou trois dimensions.
Cela permet de mieux apprécier son volume et, lorsqu’une surveillance est réalisée, de comparer correctement deux examens successifs.
Il faut toutefois rester prudent avant de conclure qu’un fibrome a « beaucoup grossi » sur la base de quelques millimètres de différence.
L’orientation de la sonde et la manière dont la mesure est prise peuvent faire légèrement varier le résultat d’une échographie à l’autre.
L’évolution doit donc être interprétée globalement et non sur un chiffre isolé.
Faut-il compter tous les fibromes ?
Lorsque l’utérus contient un ou deux fibromes, chacun peut facilement être décrit.
Lorsqu’il existe une dizaine ou davantage de myomes, une description exhaustive devient parfois moins utile.
Dans cette situation, le compte rendu cherche surtout à préciser :
le volume global de l’utérus ;
les fibromes principaux ;
ceux qui déforment la cavité ;
ceux qui pourraient expliquer les symptômes ;
et ceux dont la localisation pourrait influencer une intervention.
Lorsque la cartographie devient trop complexe en échographie, l’IRM peut devenir particulièrement utile. La HAS considère l’IRM pelvienne comme un examen habituellement réalisé en deuxième intention dans la prise en charge des fibromes.
L’hystéroscopie : regarder directement dans l’utérus
Quand est-elle utile ?
Lorsqu’un fibrome paraît déformer ou occuper la cavité utérine, une hystéroscopie diagnostique peut être proposée.
Une caméra très fine est introduite par le vagin puis le col afin d’observer directement l’intérieur de l’utérus.
L’Assurance Maladie recommande notamment cette exploration lorsqu’une anomalie endocavitaire comme un polype ou un myome est suspectée, particulièrement lorsqu’un prélèvement de l’endomètre peut également être nécessaire.
L’hystéroscopie permet alors de répondre à des questions très concrètes :
le fibrome fait-il réellement saillie dans la cavité ?
Quelle proportion semble située dans le muscle ?
Existe-t-il un ou plusieurs fibromes ?
Y a-t-il également un polype ?
Quelle est la taille de la cavité restante ?
Ces informations peuvent être déterminantes avant une chirurgie hystéroscopique.
L’hystéroscopie est-elle douloureuse ?
Une hystéroscopie diagnostique utilise aujourd’hui des instruments très fins et peut souvent être réalisée en consultation, sans anesthésie générale.
La tolérance varie cependant selon les patientes, l’anatomie du col, les antécédents et le geste nécessaire.
Une hystéroscopie diagnostique ne doit pas être confondue avec une résection hystéroscopique de fibrome, qui constitue un véritable traitement et dont l’organisation dépend notamment de la taille et du type du myome.
Qu’est-ce qu’une hystérosonographie ?
L’hystérosonographie est une échographie particulière.
Une petite quantité de liquide est introduite dans la cavité utérine par un fin cathéter.
Le liquide écarte les deux parois de l’endomètre et permet à l’échographie de mieux distinguer ce qui fait saillie à l’intérieur de la cavité.
Elle peut notamment aider à différencier un polype d’un fibrome sous-muqueux et à préciser la proportion d’un myome située dans la cavité.
L’Assurance Maladie la décrit comme une alternative possible à l’hystéroscopie dans certaines situations ; son principal inconvénient est qu’elle ne permet pas de réaliser directement une biopsie.
Elle n’est donc pas nécessaire chez toutes les patientes.
Elle répond à une question précise : quelle est exactement l’anatomie de la cavité utérine ?
L’IRM : quand l’échographie ne suffit plus
Ce n’est pas l’examen de première intention
La découverte d’un fibrome typique de 2 ou 3 cm à l’échographie ne justifie généralement pas une IRM.
La HAS considère l’IRM pelvienne comme un examen de deuxième intention dans le bilan des fibromes.
Elle devient utile lorsque l’échographie ne répond pas suffisamment aux questions posées ou lorsqu’une cartographie extrêmement précise est nécessaire avant le traitement.
L’Assurance Maladie cite notamment son utilisation pour préciser la taille et la localisation des fibromes.
Lorsque l’utérus comporte de nombreux fibromes
Un utérus très polymyomateux peut être difficile à analyser complètement en échographie.
Les fibromes peuvent se chevaucher et modifier profondément l’anatomie.
L’IRM permet alors de réaliser une véritable cartographie de l’utérus, avec une vue d’ensemble souvent plus facile à interpréter.
Elle permet notamment de repérer les fibromes qui déforment la cavité, ceux qui sont pédiculés vers l’extérieur et ceux qui se développent profondément dans le myomètre.
Cette cartographie peut être particulièrement utile avant une chirurgie conservatrice comportant plusieurs myomectomies ou avant certains traitements interventionnels.
L’IRM permet aussi de rechercher une adénomyose
Cette question est importante chez les patientes qui présentent des règles abondantes et douloureuses.
Une femme peut avoir plusieurs fibromes mais également une adénomyose.
Or retirer les fibromes ne fera pas nécessairement disparaître les symptômes si une grande partie de ceux-ci provient en réalité de l’adénomyose.
L’IRM peut aider à analyser le myomètre dans son ensemble et à mettre en évidence d’autres anomalies qui doivent être prises en compte avant de décider du traitement. L’Assurance Maladie utilise de manière générale l’IRM en deuxième intention pour préciser différentes pathologies gynécologiques lorsque l’échographie ne suffit pas.
L’enjeu n’est donc pas simplement de mieux voir les fibromes, mais de comprendre l’ensemble de l’utérus.
L’IRM peut-elle dire avec certitude qu’une masse est bénigne ?
Dans la très grande majorité des situations, l’association du contexte clinique et de l’imagerie permet de considérer une masse comme très probablement bénigne.
Un fibrome typique possède généralement des caractéristiques rassurantes.
Mais aucune imagerie ne peut garantir avec une certitude absolue la nature histologique de chaque masse utérine.
Cette limite est particulièrement importante lorsqu’une masse possède un aspect inhabituel.
Dans ce cas, l’IRM peut aider à mieux la caractériser et à déterminer si la stratégie chirurgicale doit être modifiée, mais le diagnostic définitif d’une tumeur repose parfois seulement sur l’analyse anatomopathologique après son retrait.
Pourquoi parle-t-on parfois de « fibrome remanié » ou de « nécrobiose » ?
Un fibrome peut ne pas recevoir suffisamment de sang pour l’ensemble de son volume.
Certaines régions de la masse peuvent alors subir des modifications appelées remaniements ou dégénérescences.
Une nécrobiose peut notamment provoquer brutalement une douleur importante. L’Assurance Maladie décrit cette complication comme la destruction d’une partie du fibrome liée à une interruption de son irrigation sanguine.
Ces modifications peuvent changer l’aspect du fibrome en échographie ou en IRM.
Le mot « nécrose » peut être très inquiétant lorsqu’il est lu dans un compte rendu, mais une dégénérescence d’un fibrome bénin n’est pas en elle-même synonyme de cancer.
L’interprétation dépend de l’ensemble des caractéristiques radiologiques.
Quand doit-on se demander s’il ne s’agit pas d’un fibrome ?
La très grande majorité des masses présentant l’aspect classique d’un fibrome sont bénignes.
Certaines situations justifient néanmoins une analyse plus prudente.
C’est notamment le cas lorsqu’une masse présente un aspect très inhabituel à l’imagerie, lorsqu’elle apparaît dans un contexte clinique atypique ou lorsque son comportement ne correspond pas à ce qui était attendu.
Après la ménopause, par exemple, les fibromes ont généralement tendance à régresser en l’absence de traitement hormonal. Une masse utérine nouvellement apparue ou évolutive mérite donc une réévaluation plutôt que d’être automatiquement étiquetée « fibrome connu ».
Cela ne signifie évidemment pas que cette masse est un sarcome.
Les sarcomes utérins restent rares.
L’objectif est simplement de reconnaître les situations dans lesquelles le diagnostic mérite d’être vérifié plus soigneusement.
Faut-il biopsier un fibrome ?
Pas habituellement
Contrairement à une anomalie de l’endomètre ou à une lésion du col, un fibrome situé profondément dans le muscle n’est pas facilement accessible à une biopsie standard.
Une biopsie de l’endomètre prélève la muqueuse à l’intérieur de l’utérus.
Elle ne prélève donc pas nécessairement une masse située dans le myomètre.
La biopsie endométriale peut être indiquée lorsqu’une patiente présente des saignements nécessitant d’exclure parallèlement une pathologie de l’endomètre, mais elle n’est pas réalisée systématiquement simplement parce qu’un fibrome est présent. L’Assurance Maladie réserve notamment les prélèvements endométriaux à certaines situations de saignements et d’anomalies intracavitaires.
Cette distinction est importante :
biopsier l’endomètre n’est pas la même chose que biopsier un fibrome.
Quand faut-il étudier l’endomètre ?
Un fibrome ne doit pas devenir une explication automatique de tous les saignements.
Chez certaines patientes, notamment selon l’âge, le caractère inhabituel des saignements et les facteurs de risque associés, il peut être nécessaire d’évaluer aussi l’endomètre.
Une hystéroscopie et/ou une biopsie endométriale peuvent alors rechercher un polype, une hyperplasie ou une autre anomalie de la muqueuse. L’Assurance Maladie prévoit précisément ces explorations lorsqu’une anomalie de la cavité est suspectée ou lorsqu’un prélèvement est nécessaire.
C’est particulièrement important après la ménopause : un saignement postménopausique ne doit jamais être automatiquement attribué à un fibrome connu sans évaluer sa véritable origine.
Quels examens sanguins sont utiles ?
Il n’existe pas de prise de sang permettant de confirmer qu’une masse est un fibrome.
Le bilan sanguin sert plutôt à rechercher les conséquences ou les autres causes des symptômes.
En présence de règles abondantes, on recherche une anémie et une carence en fer.
Chez une femme en âge de procréer présentant des saignements inhabituels, un dosage de β-hCG peut être nécessaire afin d’éliminer une grossesse en cours.
Selon le contexte, une TSH ou un bilan de coagulation peuvent également être demandés lorsque les saignements ne semblent pas entièrement expliqués par l’anatomie utérine.
Le bilan doit donc rester adapté à chaque situation plutôt que devenir une liste systématique d’analyses.
Le CA125 ou d’autres marqueurs tumoraux sont-ils utiles ?
Il n’existe pas de marqueur tumoral sanguin utilisé pour diagnostiquer un fibrome.
La présence d’une masse utérine typique ne justifie donc pas un dosage systématique de marqueurs de cancer.
Lorsque l’imagerie pose une véritable question diagnostique, la stratégie repose principalement sur une expertise radiologique et gynécologique adaptée plutôt que sur une prise de sang supposée distinguer avec certitude un fibrome d’une autre tumeur.
Diagnostic et fertilité : une question différente
Lorsqu’un fibrome est découvert pendant un bilan d’infertilité, il ne suffit pas de constater sa présence.
Il faut déterminer s’il déforme réellement la cavité utérine.
L’Assurance Maladie indique que l’échographie endovaginale fait partie du bilan de l’infertilité et permet de rechercher notamment les fibromes, les polypes et d’autres anomalies utérines. Une hystérosalpingographie ou une hystéroscopie peuvent compléter l’étude de la cavité selon la situation.
Cette analyse est importante car un fibrome situé loin de la cavité peut n’avoir pratiquement aucun rôle dans l’infertilité.
À l’inverse, un petit fibrome faisant saillie à l’intérieur de l’utérus peut être beaucoup plus pertinent.
Dans ce contexte, l’imagerie doit donc répondre non pas simplement :
« y a-t-il un fibrome ? »
mais :
« ce fibrome modifie-t-il réellement la cavité dans laquelle l’embryon doit s’implanter ? »
Faut-il faire une hystérosalpingographie pour diagnostiquer un fibrome ?
L’hystérosalpingographie consiste à injecter un produit de contraste dans l’utérus puis à réaliser des radiographies.
Elle permet surtout d’étudier la cavité utérine et la perméabilité des trompes.
Elle peut donc indirectement montrer qu’un fibrome déforme la cavité, mais elle n’est pas l’examen principal du diagnostic des fibromes.
Elle est surtout utilisée lorsqu’il existe parallèlement une question de fertilité et de perméabilité tubaire. L’Assurance Maladie la décrit précisément dans le bilan de l’infertilité, où elle peut être complétée ou remplacée selon les questions par une hystéroscopie.
Un fibrome asymptomatique nécessite-t-il des échographies répétées ?
Pas automatiquement.
La Haute Autorité de Santé indique qu’en présence d’un fibrome asymptomatique, une échographie pelvienne systématique répétée n’est pas utile.
Cette recommandation est importante.
Découvrir un fibrome ne signifie pas entrer automatiquement dans un programme d’échographie annuelle pendant toute sa vie.
Une surveillance peut être justifiée dans certaines situations particulières, mais elle doit répondre à une question clinique précise.
Chez une femme qui ne présente aucun symptôme et dont l’imagerie est typique, répéter indéfiniment les examens peut simplement mesurer une tumeur bénigne sans modifier la prise en charge.
Et si le fibrome augmente de taille entre deux examens ?
Cela doit être interprété avec prudence.
Les fibromes peuvent augmenter, diminuer ou rester stables au cours du temps. Leur évolution est variable et difficile à prévoir.
Une augmentation ne signifie donc pas automatiquement une transformation maligne.
Le médecin regarde surtout :
l’importance réelle de l’évolution ;
l’âge de la patiente ;
le statut ménopausique ;
l’apparition de nouveaux symptômes ;
et surtout l’aspect de la masse.
La croissance n’est qu’un élément parmi plusieurs.
Fibrome, polype ou adénomyose : pourquoi le diagnostic différentiel est important
Des règles abondantes ne prouvent pas qu’un fibrome en est responsable.
Un polype se développe à partir de l’endomètre et fait généralement saillie dans la cavité.
Une adénomyose correspond à une modification du myomètre liée à la présence de tissu de type endométrial au sein du muscle.
Un fibrome constitue au contraire un nodule musculaire individualisé.
L’échographie permet souvent de les distinguer ; l’hystérosonographie ou l’hystéroscopie peuvent mieux explorer une anomalie intracavitaire, tandis que l’IRM devient utile lorsque l’analyse du myomètre est plus complexe.
Ces maladies peuvent également coexister.
Une patiente peut donc avoir des fibromes parfaitement réels mais dont l’ablation ne ferait pas disparaître toutes les douleurs ou tous les saignements parce qu’une deuxième pathologie est présente.
Le diagnostic doit préparer le traitement
Un bon bilan n’est pas nécessairement celui qui comporte le plus d’examens.
Il est celui qui apporte les informations dont on a réellement besoin pour prendre une décision.
Si une patiente ne présente aucun symptôme et que le fibrome est typique, une échographie peut suffire — et parfois aucun suivi systématique n’est nécessaire.
Si un fibrome sous-muqueux provoque des règles abondantes, l’hystéroscopie ou l’hystérosonographie peuvent préciser son rapport avec la cavité.
Si l’utérus contient de nombreux fibromes et qu’une chirurgie conservatrice complexe est envisagée, une IRM peut apporter une cartographie beaucoup plus détaillée.
Si la masse possède un aspect atypique, l’imagerie doit surtout aider à déterminer quelle stratégie permet de la traiter sans prendre de risque inutile.
Le diagnostic et le choix du traitement sont donc étroitement liés.
Ce qu’un bon compte rendu d’imagerie doit permettre de comprendre
Pour une prise en charge utile, il ne suffit pas d’écrire :
« utérus fibromateux ».
Le gynécologue doit idéalement pouvoir comprendre :
combien de fibromes sont significatifs ;
où ils se trouvent ;
leurs dimensions ;
lesquels déforment la cavité utérine ;
lesquels se développent vers l’extérieur ;
le volume global de l’utérus ;
et s’il existe parallèlement une autre anomalie, notamment de l’endomètre ou du myomètre.
Lorsque plusieurs examens sont disponibles, la comparaison avec les images antérieures permet également de comprendre l’évolution réelle.
Cette cartographie devient particulièrement importante lorsqu’une intervention conservant l’utérus est envisagée.
Il ne faut pas diagnostiquer uniquement des images
C’est probablement la notion la plus importante.
Une échographie peut montrer trois fibromes.
Mais le diagnostic médical ne s’arrête pas là.
Il faut ensuite déterminer si ces fibromes expliquent :
les saignements ;
l’anémie ;
les douleurs ;
les symptômes de compression ;
ou une éventuelle difficulté de fertilité.
Un fibrome asymptomatique n’a pas la même signification qu’un fibrome sous-muqueux provoquant une anémie sévère.
Et une douleur pelvienne chronique chez une femme ayant un petit fibrome sous-séreux nécessite probablement de rechercher d’autres causes plutôt que d’attribuer automatiquement toute la symptomatologie au myome.
Le diagnostic anatomique doit toujours être mis en relation avec le diagnostic clinique.
Le message essentiel
Le diagnostic d’un fibrome repose généralement sur une démarche simple et progressive.
Les symptômes et l’examen clinique permettent d’abord de comprendre la raison du bilan.
L’échographie pelvienne, le plus souvent complétée par une voie endovaginale, est l’examen de première intention. Elle confirme le diagnostic et précise le nombre, la taille et la localisation des fibromes.
Lorsque la question concerne précisément la cavité utérine, l’hystéroscopie ou l’hystérosonographie peuvent apporter des informations supplémentaires.
Lorsque l’anatomie est complexe, qu’il existe de nombreux fibromes ou qu’une cartographie détaillée est nécessaire avant un traitement, l’IRM constitue un excellent examen de deuxième intention.
En présence de règles abondantes, le bilan doit également rechercher leurs conséquences, en particulier une anémie et une carence en fer.
Enfin, découvrir un fibrome n’oblige ni à le traiter ni même à le surveiller indéfiniment : la HAS indique qu’un fibrome asymptomatique ne justifie pas à lui seul des échographies pelviennes systématiques répétées.
La véritable question du diagnostic n’est donc pas seulement :
« Est-ce un fibrome ? »
Il faut aller plus loin :
« Où est-il exactement ? Déforme-t-il la cavité ? Explique-t-il réellement les symptômes ? Existe-t-il une autre maladie associée ? Et avons-nous besoin d’informations supplémentaires avant de décider s’il doit être simplement laissé en place ou traité ? »
C’est cette cartographie à la fois anatomique et clinique qui permet ensuite de choisir une prise en charge réellement personnalisée.
Fibromes · Traitements
Les traitements des fibromes utérins : médicaments, embolisation et autres alternatives à la chirurgie
Un fibrome n’a pas besoin d’être traité simplement parce qu’il existe. Beaucoup de femmes vivent toute leur vie avec un ou plusieurs fibromes sans aucun symptôme. Lorsqu’un traitement devient nécessaire, l’objectif dépend de la situation : diminuer des règles trop abondantes, corriger une anémie, soulager des douleurs ou une sensation de compression, réduire temporairement le volume de l’utérus, attendre la ménopause ou éviter une intervention chirurgicale. Plusieurs traitements médicaux existent aujourd’hui, ainsi qu’une alternative interventionnelle importante : l’embolisation des artères utérines. Le choix dépend surtout des symptômes, de la localisation des fibromes, de l’âge et du désir éventuel de grossesse. La HAS rappelle que les fibromes asymptomatiques ne nécessitent pas de traitement et que la prise en charge doit d’abord être orientée vers les symptômes.
Un fibrome asymptomatique n’a généralement pas besoin de traitement
C’est probablement le premier message à retenir.
Découvrir un fibrome de 2, 4 ou même plusieurs centimètres à l’échographie ne constitue pas en soi une indication à le faire disparaître.
La décision dépend avant tout de ce qu’il provoque.
Un traitement peut être justifié lorsqu’il existe des règles très abondantes, une anémie, des douleurs, une gêne liée au volume de l’utérus, des symptômes de compression ou certaines situations particulières de fertilité. La HAS recommande au contraire l’abstention thérapeutique lorsqu’un myome est asymptomatique.
Il est donc important de distinguer deux objectifs :
traiter les symptômes provoqués par les fibromes ;
et traiter directement les fibromes eux-mêmes.
Beaucoup de médicaments font très bien la première chose sans faire disparaître la tumeur.
Que cherche-t-on réellement à traiter ?
Chez une femme dont le principal problème est une hémorragie menstruelle, l’objectif peut simplement être de retrouver des règles acceptables et de corriger l’anémie.
Chez une autre patiente présentant un très gros utérus, diminuer seulement les saignements ne suffira pas si la gêne principale est une compression permanente de la vessie ou une importante augmentation du volume abdominal.
Chez une femme de 48 ans proche de la ménopause, un traitement médical permettant de contrôler les symptômes pendant quelques années peut éviter une intervention devenue ensuite inutile.
Chez une femme de 30 ans souhaitant prochainement une grossesse, la stratégie sera encore différente.
Il n’existe donc pas un traitement médical idéal du fibrome, mais plusieurs outils répondant à des objectifs différents.
Traiter d’abord l’anémie
Corriger le manque de fer fait partie du traitement
Des règles très abondantes peuvent entraîner progressivement une carence en fer puis une diminution de l’hémoglobine.
Une patiente peut alors présenter une fatigue importante, un essoufflement à l’effort, des palpitations ou une diminution de ses capacités physiques.
Le traitement du fibrome ne doit donc pas faire oublier le traitement de ses conséquences.
Une supplémentation en fer, par voie orale ou parfois intraveineuse lorsque l’anémie est importante ou que le fer oral est insuffisant ou mal toléré, peut être nécessaire.
L’objectif est double : améliorer rapidement l’état général et, lorsqu’une intervention est finalement envisagée, éviter d’arriver au bloc opératoire avec une anémie importante.
L’acide tranexamique : diminuer les règles sans modifier les hormones
Un traitement simple des jours de règles
L’acide tranexamique agit sur les mécanismes qui dissolvent normalement les caillots sanguins.
Pris pendant les périodes de saignement, il permet de diminuer les pertes menstruelles chez certaines femmes.
La HAS le cite parmi les traitements utilisés pour les ménorragies et métrorragies, et l’Assurance Maladie le présente parmi les médicaments destinés à réduire les saignements associés aux fibromes.
Son intérêt est qu’il n’agit pas en supprimant le fonctionnement des ovaires.
Il ne cherche pas non plus à réduire le fibrome lui-même.
Une fois le médicament arrêté, le fibrome est toujours présent.
Mais si le problème principal était simplement une menstruation très abondante quelques jours par mois, cela peut parfois suffire.
À quelles patientes convient-il particulièrement ?
Il peut être intéressant lorsqu’une femme souhaite conserver des cycles spontanés, ne souhaite pas de traitement hormonal ou cherche simplement une réduction des pertes menstruelles.
Il ne traite en revanche ni un gros effet de masse, ni une compression, ni un fibrome sous-muqueux très intracavitaire dont les saignements restent incontrôlables.
Comme tout médicament, il possède des contre-indications et doit être prescrit en tenant compte notamment du contexte thrombotique individuel.
Les anti-inflammatoires
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou AINS, peuvent diminuer certaines douleurs menstruelles et réduire modestement l’importance des règles.
La HAS indique qu’ils sont globalement moins efficaces sur les ménorragies que l’acide tranexamique ou le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel, mais qu’ils peuvent être utiles sur les symptômes douloureux. Ils sont notamment efficaces lors de certaines douleurs liées à la nécrobiose d’un fibrome.
Ils ne réduisent pas durablement le volume du fibrome.
Ils constituent donc essentiellement un traitement symptomatique, parfois suffisant lorsque les douleurs sont modérées et limitées à quelques jours du cycle.
Le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel
Traiter les saignements plutôt que le fibrome
Un dispositif intra-utérin libérant du lévonorgestrel peut réduire fortement les menstruations chez certaines patientes.
Son action se situe principalement au niveau de l’endomètre : la muqueuse qui saigne pendant les règles devient beaucoup plus fine.
Le fibrome lui-même ne disparaît pas.
Cette stratégie peut être particulièrement intéressante lorsqu’une femme souhaite à la fois une contraception efficace et une diminution importante de ses règles.
Tous les fibromes sont-ils compatibles avec un DIU hormonal ?
Non.
La question principale est celle de la forme de la cavité utérine.
La HAS rappelle que les dispositifs au lévonorgestrel sont contre-indiqués lorsque des fibromes déforment suffisamment la cavité utérine et que les myomes sous-muqueux augmentent notamment le risque d’expulsion et de complications hémorragiques.
Un petit fibrome intramural situé loin de la cavité n’a donc pas la même conséquence qu’un myome qui occupe une grande partie de celle-ci.
Cela explique pourquoi une échographie précise est nécessaire avant de proposer ce type de traitement.
Les traitements hormonaux
Les fibromes sont sensibles à l’environnement hormonal ovarien.
Plusieurs traitements cherchent donc à modifier cet environnement, soit pour réduire les saignements, soit pour diminuer temporairement l’activité hormonale qui stimule les myomes.
Mais il existe une règle générale importante :
un traitement hormonal ne transforme pas définitivement un utérus fibromateux en utérus sans fibrome.
La HAS souligne qu’aucun traitement médical symptomatique ne permet de faire disparaître les myomes.
Les progestatifs
Des traitements progestatifs ont longtemps été très largement utilisés pour les saignements associés aux fibromes.
Ils agissent principalement sur l’endomètre et peuvent donc réduire certaines ménorragies.
Ils ne constituent cependant pas un traitement permettant de supprimer directement le fibrome.
Une utilisation devenue beaucoup plus prudente en France
La situation des progestatifs a beaucoup évolué en raison de la mise en évidence d’un risque de méningiome avec certaines molécules lorsqu’elles sont utilisées à dose importante ou pendant longtemps.
L’ANSM a notamment renforcé les restrictions concernant le nomégestrol et la chlormadinone : ces médicaments ne doivent être utilisés que lorsque les autres options sont inadaptées, avec une exposition aussi faible et courte que possible et une surveillance adaptée lorsqu’elle est nécessaire.
La HAS a également réévalué la médrogestone en 2025 et lui réserve une place très limitée dans les ménorragies liées aux fibromes, principalement dans certaines situations préopératoires lorsque les alternatives ne conviennent pas.
Autrement dit, la prescription prolongée d’un progestatif à forte dose n’est plus un traitement banal du fibrome.
La balance entre bénéfice et risque doit être discutée individuellement.
Peut-on simplement prendre une contraception hormonale ?
Une contraception hormonale peut parfois être utilisée pour mieux contrôler les règles chez une femme qui a parallèlement besoin d’une contraception.
Elle ne fait toutefois pas disparaître les fibromes.
Son choix dépend de l’âge, du tabagisme, des antécédents cardiovasculaires ou thrombotiques et des autres facteurs de risque.
L’objectif reste donc principalement de contrôler le cycle et les saignements, pas d’éradiquer la maladie fibromateuse.
Les agonistes de la GnRH
Mettre temporairement les ovaires « au repos »
Les agonistes de la GnRH, comme certaines formes de triptoréline ou de leuproréline, entraînent après une première phase de stimulation une inhibition importante du fonctionnement ovarien.
Le taux d’œstrogènes chute fortement.
Les règles s’arrêtent généralement et les fibromes peuvent diminuer de volume.
Ces médicaments ont notamment une autorisation en France dans le traitement préopératoire des fibromes, afin de réduire leur taille et/ou de corriger une anémie importante. La HAS précise que leur utilisation est limitée à quelques mois en raison de leurs effets secondaires.
Pourquoi ne les utilise-t-on pas pendant plusieurs années ?
Parce qu’ils créent une situation proche d’une ménopause artificielle.
Bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, troubles du sommeil ou de l’humeur peuvent apparaître.
Surtout, une suppression prolongée des œstrogènes entraîne une diminution de la densité minérale osseuse.
C’est pourquoi les anciens agonistes de la GnRH sont principalement utilisés sur des périodes courtes, notamment lorsqu’il faut diminuer rapidement les saignements et corriger une anémie avant une intervention.
Et après l’arrêt, les ovaires recommencent à fonctionner : les fibromes peuvent alors progressivement retrouver leur volume initial.
Les antagonistes de la GnRH : une nouvelle génération de traitements oraux
Ces dernières années ont apporté une évolution importante : il est désormais possible de bloquer directement le récepteur de la GnRH avec des médicaments pris par voie orale.
Deux traitements possèdent une indication européenne et ont été évalués par la HAS pour les symptômes modérés à sévères des fibromes : le rélugolix en association et le linzagolix.
Ils poursuivent le même objectif général que les agonistes : réduire la stimulation hormonale des fibromes.
Mais leur mécanisme permet un contrôle plus direct et plus rapide de l’axe hormonal.
Le rélugolix associé à une « add-back therapy »
Le rélugolix est commercialisé dans une association fixe contenant également une petite quantité d’estradiol et d’acétate de noréthistérone.
Cette association correspond à ce que l’on appelle une add-back therapy.
Le principe peut sembler paradoxal :
on bloque fortement la production hormonale ovarienne avec le rélugolix, puis on redonne une petite quantité d’hormones.
Pourquoi ?
Parce que l’objectif est d’obtenir suffisamment de suppression hormonale pour contrôler les saignements liés au fibrome, tout en conservant suffisamment d’œstrogènes pour limiter les bouffées de chaleur et la déminéralisation osseuse.
RYEQO possède une indication pour le traitement des symptômes modérés à sévères des fibromes utérins chez les femmes adultes en âge de procréer, avec un avis favorable de la HAS dans cette indication.
Que peut-on attendre de ce traitement ?
L’objectif principal est surtout une diminution importante des saignements.
Il ne faut pas le présenter comme un médicament qui « dissout » les fibromes.
La HAS rappelle que les traitements médicaux restent essentiellement symptomatiques et que les myomes ne disparaissent pas grâce à eux.
Pour certaines femmes, le bénéfice peut néanmoins être majeur si le principal problème est une menstruation extrêmement abondante.
Pourquoi ce médicament ne convient-il pas à tout le monde ?
Parce qu’il contient notamment un œstrogène et un progestatif.
Il existe donc plusieurs contre-indications et précautions, notamment chez certaines femmes ayant des antécédents de maladie thromboembolique veineuse ou artérielle. L’EMA et la HAS imposent également une attention à la santé osseuse et aux risques liés à une grossesse sous traitement.
Le choix nécessite donc une véritable consultation médicale et non une simple prescription destinée à « faire disparaître les règles ».
Le linzagolix
Le linzagolix, commercialisé sous le nom YSELTY, est lui aussi un antagoniste oral de la GnRH.
La HAS lui a donné un avis favorable dans le traitement des symptômes modérés à sévères des fibromes utérins chez la femme adulte en âge de procréer.
Il peut être utilisé selon différents schémas, avec ou sans traitement hormonal associé selon la dose et la durée prévues. L’EMA précise que la posologie dépend notamment de la nécessité d’un traitement court ou prolongé et de l’utilisation d’une add-back therapy.
Les études ont montré une diminution des pertes menstruelles par rapport au placebo, mais la HAS souligne qu’il n’existe pas de comparaison directe permettant d’affirmer qu’il serait supérieur aux autres traitements médicaux ou au rélugolix associé.
Pourquoi surveiller les os ?
Parce que plus l’inhibition hormonale est importante, plus la diminution des œstrogènes peut affecter la densité minérale osseuse.
La HAS a observé avec le linzagolix un effet sur la densité osseuse, partiellement diminué mais non totalement supprimé par l’association à une add-back therapy.
La dose, la durée du traitement et les facteurs individuels de risque d’ostéoporose doivent donc être pris en compte.
Ces nouveaux médicaments évitent-ils toujours une opération ?
Non.
C’est une nuance importante.
Le linzagolix comme l’association à base de rélugolix peuvent très bien contrôler les symptômes chez certaines patientes.
Mais cela ne signifie pas qu’ils guérissent définitivement la maladie.
La HAS souligne même qu’il n’est pas démontré que le linzagolix permette à lui seul de retarder durablement une éventuelle chirurgie.
Leur intérêt peut être très différent selon les situations :
contrôler des règles abondantes ;
traverser une période difficile sans intervention immédiate ;
attendre la ménopause ;
corriger une anémie ;
ou simplement offrir une alternative à une patiente qui ne souhaite pas, pour l’instant, de traitement interventionnel.
Que devient l’ulipristal – Esmya ?
Certaines patientes ayant consulté il y a plusieurs années ont connu l’acétate d’ulipristal à 5 mg, commercialisé sous le nom Esmya, qui avait été largement utilisé pour traiter les symptômes des fibromes.
Ce médicament n’est plus disponible en France depuis 2020, après la survenue de rares mais graves atteintes hépatiques, dont certaines ont nécessité une transplantation hépatique. L’ANSM a ensuite annoncé son arrêt de commercialisation.
Il ne fait donc plus partie des traitements actuels du fibrome en France.
Cette précision est utile car de nombreuses anciennes pages Internet continuent à le citer.
Un traitement médical peut être une stratégie à part entière
Il ne faut pas imaginer que le traitement médical serait simplement « ce que l’on essaie avant d’être obligée d’opérer ».
Chez certaines patientes, il constitue une solution durable et satisfaisante.
Une femme proche de la ménopause dont les symptômes sont parfaitement contrôlés n’a peut-être jamais besoin d’autre traitement.
Une autre peut choisir de poursuivre une stratégie médicamenteuse parce qu’elle préfère éviter une intervention.
Le traitement doit donc être jugé sur le résultat concret pour la patiente :
les règles sont-elles redevenues acceptables ?
L’anémie est-elle corrigée ?
La douleur est-elle contrôlée ?
La qualité de vie est-elle satisfaisante ?
Si oui, la présence persistante du fibrome sur l’échographie n’est pas nécessairement un problème.
Quand les médicaments deviennent-ils insuffisants ?
Un traitement médical devient moins pertinent lorsque les symptômes restent importants malgré les médicaments ou lorsque la gêne dépend essentiellement du volume mécanique des fibromes.
Un utérus très volumineux comprimant la vessie, par exemple, ne sera pas toujours suffisamment amélioré simplement en diminuant les règles.
De même, un fibrome très intracavitaire responsable d’hémorragies répétées peut relever davantage d’un traitement ciblé de la lésion.
La HAS considère que les traitements interventionnels sont généralement discutés lorsque les traitements médicaux sont insuffisants ou inadaptés.
L’embolisation des artères utérines
Une alternative à la chirurgie, réalisée par un radiologue interventionnel
L’embolisation des artères utérines, ou EAU, constitue aujourd’hui la principale technique interventionnelle non chirurgicale utilisée en France pour traiter directement les fibromes.
La HAS la classe parmi les trois interventions de référence actuellement recommandées et prises en charge en France pour les fibromes symptomatiques, avec la myomectomie et l’hystérectomie.
Mais contrairement aux deux autres, elle n’est pas une intervention chirurgicale.
Elle est réalisée par un radiologue interventionnel.
Comment fonctionne l’embolisation ?
Les fibromes ont besoin d’une vascularisation importante pour rester vivants.
Le radiologue introduit un très fin cathéter dans une artère, généralement à partir de l’aine ou parfois du poignet, puis progresse sous contrôle radiologique jusqu’aux artères utérines.
De minuscules particules sont ensuite injectées afin d’obstruer les petits vaisseaux qui alimentent les fibromes.
Privés d’une grande partie de leur apport sanguin, ceux-ci subissent progressivement une ischémie puis une nécrose, avant de diminuer de volume. La HAS décrit précisément l’embolisation comme la création d’une nécrose des fibromes par obstruction de leurs artères nourricières.
L’embolisation traite-t-elle un seul fibrome ?
Non, et c’est même l’un de ses principaux avantages.
Une myomectomie retire un ou plusieurs fibromes identifiés.
L’embolisation agit sur la vascularisation de l’ensemble de l’utérus et peut donc traiter simultanément plusieurs fibromes vascularisés.
Elle peut être particulièrement intéressante chez une patiente présentant un utérus comportant de nombreux myomes.
Le fibrome ne disparaît pas immédiatement.
Il diminue progressivement de volume au cours des mois suivants, tandis que les saignements et les symptômes liés au volume peuvent s’améliorer.
L’utérus est-il conservé ?
Oui.
C’est l’une des différences fondamentales avec l’hystérectomie.
L’utérus reste en place.
Mais il est important de distinguer :
conserver l’utérus
et
avoir exactement les mêmes données de fertilité qu’après une stratégie conçue spécifiquement pour une grossesse future.
Ces deux notions ne sont pas équivalentes.
Peut-on être enceinte après une embolisation ?
Des grossesses sont possibles après embolisation.
Cependant, lorsqu’une femme a un projet de grossesse important, la stratégie doit être discutée avec davantage de prudence.
La HAS considère historiquement l’embolisation comme une alternative particulièrement établie chez les femmes sans désir de grossesse, tandis que les données sur la fertilité et les issues obstétricales restent moins certaines. Les évaluations françaises récentes indiquent qu’elle peut être discutée chez certaines femmes souhaitant préserver une possibilité de grossesse, mais après information sur l’absence de consensus concernant la fertilité ultérieure.
Autrement dit :
une grossesse après embolisation est possible, mais l’embolisation n’est pas automatiquement le premier choix lorsqu’une grossesse est un objectif proche et prioritaire.
Dans cette situation, la localisation des fibromes, l’âge, les antécédents obstétricaux et les autres options doivent être discutés individuellement.
Quelles sont les suites d’une embolisation ?
Une embolisation ne comporte pas de cicatrice chirurgicale importante, mais ce n’est pas pour autant un traitement indolore.
L’arrêt brutal de la vascularisation des fibromes entraîne une réaction inflammatoire.
Des douleurs pelviennes parfois importantes peuvent apparaître dans les premières heures et nécessitent une prise en charge antalgique anticipée.
Une fatigue, de petites pertes vaginales, des nausées ou une fièvre modérée peuvent également accompagner ce que l’on appelle parfois le syndrome post-embolisation.
L’Assurance Maladie indique qu’une convalescence d’environ une semaine est généralement prévue après embolisation en l’absence de complication.
Quelles complications sont possibles ?
Comme toute intervention, l’embolisation possède des risques.
Une infection utérine peut exceptionnellement survenir.
Un fibrome sous-muqueux peut parfois migrer dans la cavité puis être expulsé.
Une aménorrhée durable ou une diminution de la fonction ovarienne est possible, avec un risque qui dépend notamment de l’âge.
Enfin, les symptômes peuvent persister ou réapparaître et une nouvelle intervention peut parfois devenir nécessaire.
Conserver l’utérus signifie en effet que le risque de symptômes ultérieurs ou de nouveaux fibromes n’est pas totalement supprimé.
À quelles patientes l’embolisation convient-elle particulièrement ?
Elle peut être une option très intéressante lorsqu’une femme présente des fibromes symptomatiques et souhaite :
éviter une hystérectomie ;
conserver son utérus ;
éviter une chirurgie abdominale ;
traiter simultanément plusieurs fibromes ;
ou réduire des symptômes importants après échec ou insuffisance des médicaments.
La décision doit être prise après une consultation associant idéalement gynécologue et radiologue interventionnel afin que la patiente puisse comparer réellement les options.
La HAS insiste précisément sur l’importance de présenter aux patientes les différentes alternatives thérapeutiques disponibles.
Tous les fibromes sont-ils adaptés à l’embolisation ?
Non.
Un fibrome entièrement intracavitaire ou très pédiculé peut relever davantage d’une autre stratégie.
La localisation, la vascularisation, l’aspect IRM et le projet de grossesse doivent être pris en compte.
Une IRM est donc souvent réalisée avant embolisation afin de cartographier précisément l’utérus et de vérifier que la technique est adaptée.
L’intérêt de l’embolisation est particulièrement important pour les fibromes intramuraux ou certains fibromes sous-séreux symptomatiques, notamment lorsqu’ils sont multiples.
Les ultrasons focalisés HIFU
Détruire un fibrome sans incision ni cathéter
Une approche technologiquement séduisante consiste à utiliser des ultrasons focalisés de haute intensité, ou HIFU.
Les ultrasons convergent vers une petite zone du fibrome et augmentent suffisamment sa température pour provoquer une destruction thermique du tissu.
Le guidage peut être réalisé par échographie ou par IRM.
La technique ne nécessite donc ni ouverture abdominale ni occlusion des artères utérines.
Est-ce un traitement standard en France ?
À ce jour, non.
Dans son évaluation de juillet 2024, la Haute Autorité de Santé a estimé que les données disponibles étaient insuffisantes pour établir correctement la balance bénéfice-risque du HIFU par rapport à la myomectomie ou à l’embolisation.
Elle n’a donc pas recommandé son inscription comme technique prise en charge de référence et a demandé davantage d’études comparatives.
Au moment de cette évaluation, le HIFU échoguidé n’était pas pratiqué en France et le HIFU guidé par IRM n’était utilisé que de manière limitée dans un centre.
Il s’agit donc d’une technologie intéressante et probablement appelée à évoluer, mais elle ne peut pas actuellement être présentée au même niveau de validation que l’embolisation.
Et la radiofréquence ?
Différentes techniques permettent également de détruire un fibrome en délivrant directement de l’énergie thermique à l’intérieur de celui-ci, notamment par radiofréquence.
Elles cherchent à obtenir une réduction progressive du volume du myome sans réaliser une myomectomie classique.
Ces techniques sont en développement dans plusieurs pays et certains centres les utilisent dans des indications sélectionnées.
En France, elles ne disposent toutefois pas aujourd’hui de la même place de référence et du même niveau d’intégration dans les recommandations nationales que la myomectomie, l’hystérectomie ou l’embolisation ; la HAS identifiait encore en 2024 ces trois dernières comme les interventions recommandées et prises en charge de référence pour les fibromes symptomatiques.
Il faut donc distinguer une technique techniquement disponible d’une technique dont la place est solidement établie dans la stratégie française.
L’ablation de l’endomètre traite-t-elle les fibromes ?
Pas vraiment.
Les techniques d’ablation ou de destruction de l’endomètre cherchent principalement à diminuer les règles en détruisant la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus.
Elles peuvent avoir un intérêt dans certaines situations de saignements, notamment lorsque le projet de grossesse est terminé.
Mais elles ne retirent pas un fibrome intramural ou sous-séreux et ne traitent pas un effet de masse.
Il faut donc éviter de présenter l’ablation de l’endomètre comme une méthode générale permettant de « faire disparaître les fibromes ».
Son intérêt dépend avant tout de l’origine exacte des saignements et de l’anatomie de la cavité.
Que choisir lorsque le principal problème est le saignement ?
Lorsque l’utérus n’est pas extrêmement volumineux et que le symptôme dominant est une menstruation trop importante, plusieurs stratégies peuvent être raisonnables.
Un traitement ponctuel par acide tranexamique peut suffire.
Un dispositif au lévonorgestrel peut être très efficace lorsque la cavité n’est pas déformée.
Un traitement hormonal ou un antagoniste de la GnRH peut être proposé dans certaines situations.
La priorité est alors de mesurer le bénéfice obtenu sur la vie quotidienne et l’anémie, et non nécessairement sur la taille du fibrome.
Et lorsque le problème principal est le volume de l’utérus ?
La stratégie change.
Une femme peut ne presque plus avoir de règles grâce à un traitement médical tout en restant très gênée par un utérus volumineux comprimant la vessie ou donnant une sensation permanente de pesanteur.
Dans ce cas, contrôler l’endomètre ne suffit pas.
Une stratégie diminuant réellement le volume des fibromes — notamment une embolisation ou une intervention chirurgicale — devient plus pertinente.
La distinction entre « symptôme hémorragique » et « symptôme mécanique » est donc essentielle.
Et si l’on souhaite une grossesse ?
Le projet de grossesse change profondément la discussion.
Les traitements hormonaux supprimant l’ovulation ne sont évidemment pas conçus pour être poursuivis pendant une tentative de conception.
Un dispositif intra-utérin est contraceptif tant qu’il reste en place.
Les traitements par analogues ou antagonistes de la GnRH sont réversibles, mais leur objectif n’est pas d’améliorer durablement la fertilité une fois arrêtés.
L’embolisation conserve l’utérus, mais les données concernant la fertilité future restent suffisamment incertaines pour qu’elle ne soit pas automatiquement privilégiée lorsqu’une grossesse prochaine constitue l’objectif principal.
Chez une patiente infertile, la question doit donc revenir au problème anatomique :
le fibrome déforme-t-il réellement la cavité ?
est-il probablement responsable d’une diminution de fertilité ?
le bénéfice attendu d’un traitement dépasse-t-il les risques de ce traitement ?
Tous les fibromes ne nécessitent pas d’être traités avant une grossesse ou une FIV.
Et lorsqu’on approche de la ménopause ?
C’est une situation dans laquelle les traitements médicaux peuvent être particulièrement intéressants.
Les fibromes ont généralement tendance à se stabiliser puis à régresser lorsque la stimulation hormonale ovarienne disparaît.
Chez une femme proche de la ménopause présentant des symptômes contrôlables médicalement, il peut donc être raisonnable de chercher à gagner quelques années plutôt que de réaliser immédiatement une intervention.
Les antagonistes de la GnRH ont notamment élargi les possibilités de traitement dans ce contexte.
Mais l’âge, les facteurs de risque cardiovasculaires et osseux et la sévérité de l’anémie doivent naturellement être pris en compte.
Peut-on associer plusieurs traitements ?
Oui.
Une patiente présentant une anémie importante peut recevoir du fer tout en prenant un médicament destiné à réduire les règles.
Un antagoniste de la GnRH peut parfois être utilisé pour stabiliser la situation avant une autre prise en charge.
Un traitement médical peut également être repris après une première stratégie lorsque de nouveaux symptômes apparaissent.
Il ne faut donc pas penser les différentes options comme un arbre où l’on ne pourrait passer à l’étape suivante qu’après avoir définitivement « échoué » à la précédente.
La prise en charge peut évoluer avec l’âge, les symptômes et le projet de vie.
Pourquoi la décision partagée est-elle particulièrement importante ?
Parce que plusieurs options peuvent parfois être médicalement raisonnables.
Prenons deux femmes présentant exactement les mêmes fibromes.
La première souhaite éviter à tout prix une intervention et accepte de prendre un traitement médical prolongé.
La deuxième préfère une procédure permettant d’espérer une amélioration plus durable même si elle nécessite quelques jours de convalescence.
Aucune de ces préférences n’est intrinsèquement meilleure.
La HAS insiste sur la nécessité de présenter les différentes possibilités de traitement des fibromes symptomatiques et de tenir compte notamment des préférences de la patiente et de son désir de préserver l’utérus.
Traiter les fibromes sans chirurgie : plusieurs niveaux d’intervention
On peut finalement imaginer les traitements non chirurgicaux comme plusieurs niveaux.
Le premier consiste à ne rien faire lorsqu’il n’existe aucun symptôme.
Le deuxième consiste à traiter les conséquences, notamment l’anémie et le manque de fer.
Le troisième cherche à réduire les symptômes, avec par exemple l’acide tranexamique, certains traitements antalgiques ou une stratégie hormonale.
Le quatrième utilise des traitements qui modifient plus profondément l’environnement hormonal, comme les agonistes ou antagonistes de la GnRH. Les traitements oraux modernes comprennent notamment le rélugolix associé et le linzagolix.
Enfin, l’embolisation des artères utérines agit directement sur les fibromes en supprimant une partie de leur vascularisation et constitue aujourd’hui la principale alternative interventionnelle non chirurgicale validée en France.
Le message essentiel
Les traitements non chirurgicaux des fibromes ne cherchent pas tous à obtenir la même chose.
L’acide tranexamique et les traitements antalgiques peuvent diminuer les saignements ou les douleurs sans modifier réellement le fibrome.
Le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel peut contrôler très efficacement les règles chez certaines femmes, à condition notamment que les fibromes ne déforment pas trop la cavité.
Les traitements hormonaux peuvent contrôler les symptômes mais leur prescription doit être individualisée ; certains progestatifs sont aujourd’hui beaucoup plus encadrés en raison du risque de méningiome.
Les agonistes de la GnRH peuvent réduire temporairement le volume et arrêter les saignements, mais leur utilisation reste généralement courte en raison de leurs conséquences liées à l’hypoestrogénie.
Les antagonistes oraux de la GnRH, notamment le rélugolix associé et le linzagolix, ont élargi les possibilités de traitement médical des symptômes modérés à sévères. Ils réduisent efficacement les saignements chez certaines patientes mais ne constituent pas une guérison définitive des fibromes.
L’embolisation des artères utérines constitue une véritable alternative à la chirurgie : elle conserve l’utérus et peut traiter simultanément plusieurs fibromes en interrompant leur vascularisation. Elle doit cependant être discutée avec davantage de prudence lorsqu’un projet de grossesse future est prioritaire.
Enfin, des technologies comme les ultrasons focalisés HIFU sont prometteuses, mais la HAS considérait encore lors de son évaluation de 2024 que les données étaient insuffisantes pour les recommander et les prendre en charge comme techniques de référence en France.
Le choix ne doit donc pas commencer par la question :
« Quel est le meilleur traitement des fibromes ? »
Il doit commencer par :
« Qu’est-ce qui me gêne réellement aujourd’hui : les saignements, l’anémie, la douleur, le volume de l’utérus, la fertilité ? Est-ce que je souhaite une grossesse ? Est-ce que je veux seulement contrôler les symptômes ou obtenir une réduction plus durable des fibromes ? »
C’est seulement après avoir répondu à ces questions que l’on peut choisir entre traitement médical, embolisation ou chirurgie.
Dans les fibromes, le meilleur traitement n’est pas nécessairement celui qui fait disparaître le plus de tissu : c’est celui qui contrôle suffisamment les symptômes, respecte le projet de grossesse lorsqu’il existe et évite une intervention plus lourde lorsqu’elle n’apporte pas de bénéfice supplémentaire.
fibromes · Fertilité
Fibromes et fertilité : faut-il toujours les traiter avant une grossesse ?
Découvrir un fibrome au cours d’un bilan de fertilité suscite souvent une inquiétude immédiate : « Est-ce la raison pour laquelle je ne suis pas enceinte ? Faut-il l’enlever avant d’essayer ? Va-t-il empêcher l’implantation d’un embryon ? » La réponse est rarement aussi simple. Les fibromes sont extrêmement fréquents et la plupart des femmes qui en présentent peuvent concevoir naturellement. Leur impact sur la fertilité dépend surtout de leur localisation et, en particulier, de leur capacité à déformer la cavité utérine. Les fibromes sous-muqueux sont ceux pour lesquels l’effet négatif sur la fertilité et le bénéfice d’une myomectomie sont les mieux établis. À l’inverse, retirer systématiquement un fibrome situé loin de la cavité n’améliore pas nécessairement les chances de grossesse et expose à une chirurgie qui possède elle-même des conséquences. Les recommandations de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM) insistent précisément sur cette distinction entre fibromes déformant ou non la cavité.
Avoir un fibrome signifie-t-il être infertile ?
Non.
Les fibromes sont des tumeurs bénignes extrêmement fréquentes chez les femmes en âge de procréer. Ils deviennent plus fréquents entre 30 et 50 ans, précisément au moment où certaines femmes commencent également à rencontrer des difficultés liées à l’âge reproductif.
La coexistence d’un fibrome et d’une infertilité ne signifie donc pas automatiquement que le premier provoque la seconde.
C’est un point essentiel.
Une femme peut présenter un fibrome à l’échographie tout en ayant une infertilité liée à l’âge, à une anomalie de l’ovulation, à une obstruction des trompes, à une endométriose, à une altération de la qualité du sperme ou parfois à plusieurs facteurs associés.
Les études portant sur les fibromes et la fertilité sont d’ailleurs difficiles à interpréter précisément parce que les femmes porteuses de fibromes sont souvent plus âgées que celles qui n’en ont pas, ce qui peut fausser les comparaisons. L’ASRM souligne cette difficulté méthodologique et considère que les données disponibles ne permettent pas d’affirmer que la simple présence d’un fibrome diminue systématiquement les chances d’obtenir une grossesse.
La première question n’est donc pas :
« Y a-t-il un fibrome ? »
mais :
« Ce fibrome est-il situé de telle manière qu’il puisse réellement gêner la conception ou l’implantation ? »
La localisation compte davantage que le simple nombre de centimètres
Les fibromes peuvent se développer à des endroits très différents de l’utérus.
Un fibrome peut être :
sous-muqueux, lorsqu’il se développe vers la cavité utérine ;
intramural, lorsqu’il est situé dans l’épaisseur du muscle ;
ou sous-séreux, lorsqu’il se développe principalement vers l’extérieur de l’utérus.
Cette différence anatomique est fondamentale pour la fertilité.
Un fibrome de 2 ou 3 cm faisant saillie dans la cavité peut avoir beaucoup plus d’importance qu’un fibrome de 5 cm situé sur la face externe de l’utérus.
L’ASRM souligne d’ailleurs qu’il n’existe pas de relation simple permettant de prédire la fertilité à partir de la taille ou du nombre de fibromes, en dehors de la situation particulière des fibromes sous-muqueux ou des fibromes intramuraux qui modifient réellement le contour de la cavité.
Pourquoi la cavité utérine est-elle si importante ?
Après la fécondation, l’embryon doit s’implanter dans l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus.
Cette implantation nécessite un environnement anatomique et biologique favorable.
Un fibrome qui fait saillie dans la cavité peut modifier :
la surface disponible pour l’implantation ;
la vascularisation locale de l’endomètre ;
les contractions de l’utérus ;
et probablement certains mécanismes moléculaires impliqués dans la réceptivité endométriale.
L’importance clinique de ces mécanismes est difficile à mesurer séparément, mais le résultat global est suffisamment cohérent pour que les fibromes déformant la cavité constituent la situation dans laquelle l’effet sur la fertilité est le mieux reconnu.
Les fibromes sous-muqueux : ceux qui ont le plus d’impact
Quand le fibrome occupe directement la cavité
Un fibrome sous-muqueux se développe juste sous l’endomètre et fait saillie à l’intérieur de l’utérus.
Dans la classification FIGO, les types 0, 1 et 2 correspondent aux principales formes sous-muqueuses, avec une proportion plus ou moins importante du fibrome située dans le muscle.
Ce sont les fibromes pour lesquels le lien avec une diminution des chances de grossesse est le plus convaincant.
L’ASRM considère qu’il existe des données suffisamment solides pour montrer que la résection hystéroscopique d’un fibrome sous-muqueux améliore les taux de grossesse clinique.
Cela ne signifie pas que toute femme possédant un petit fibrome sous-muqueux doit obligatoirement être opérée.
La décision tient compte de sa taille, de son degré de protrusion dans la cavité, de l’âge, de la durée de l’infertilité et des autres facteurs reproductifs.
Mais lorsqu’un fibrome déforme clairement la cavité chez une femme ayant des difficultés à concevoir, il fait partie des anomalies pour lesquelles une correction chirurgicale est raisonnablement discutée.
L’hystéroscopie : traiter sans ouvrir l’abdomen
Lorsqu’un fibrome est suffisamment intracavitaire, il peut être retiré par hystéroscopie.
Une caméra et de petits instruments sont introduits par le vagin puis le col de l’utérus. Il n’existe donc aucune incision abdominale.
Le fibrome est progressivement réséqué à l’intérieur de la cavité.
Selon sa taille et surtout la proportion située dans le muscle, le geste peut parfois être réalisé en une seule intervention ou nécessiter une stratégie plus progressive.
Chez les femmes ayant un désir de grossesse, la HAS considère la myomectomie comme l’intervention de référence lorsqu’un fibrome sous-muqueux de type FIGO 0, 1 ou 2 nécessite un traitement.
Les fibromes intramuraux qui déforment la cavité
La situation intermédiaire est celle d’un fibrome situé principalement dans le muscle mais suffisamment proche de l’endomètre pour modifier la forme de la cavité.
Il n’est pas toujours visible comme une masse entièrement intracavitaire à l’hystéroscopie, mais l’échographie, l’hystérosonographie ou l’IRM montrent que la cavité est bombée ou comprimée.
Du point de vue de la fertilité, ces fibromes ressemblent davantage aux fibromes sous-muqueux qu’aux fibromes intramuraux totalement éloignés de l’endomètre.
L’ASRM considère ainsi qu’une myomectomie peut être proposée chez les femmes infertiles présentant un fibrome intramural déformant la cavité, dans l’objectif d’améliorer les chances de grossesse.
La voie d’abord dépend alors de la proportion du fibrome accessible depuis la cavité et de celle qui reste profondément située dans le muscle.
Les fibromes intramuraux sans déformation de la cavité : la grande zone d’incertitude
C’est probablement la situation la plus difficile.
Une femme peut présenter un fibrome de 2, 3, 4 ou 5 cm situé dans le myomètre, sans aucune déformation visible de la cavité.
Certaines études, notamment chez des patientes réalisant une FIV, ont observé des taux de grossesse ou d’accouchement plus faibles chez les femmes présentant ce type de fibrome.
Mais d’autres études n’ont retrouvé aucune différence.
L’ASRM souligne précisément cette contradiction : certaines cohortes retrouvent une diminution des taux de grossesse après transfert embryonnaire, tandis que d’autres retrouvent des résultats comparables aux femmes sans fibrome. Les études sont difficiles à comparer parce que les tailles, le nombre de fibromes, l’âge des patientes et les techniques de fertilité diffèrent beaucoup.
Et surtout, même si l’on suppose qu’un fibrome intramural puisse parfois diminuer modestement les chances de grossesse, une deuxième question apparaît :
le retirer améliore-t-il réellement les résultats ?
À ce jour, ce bénéfice n’est pas clairement démontré pour les fibromes intramuraux asymptomatiques qui ne déforment pas la cavité. L’ASRM ne recommande donc généralement pas une myomectomie uniquement pour améliorer la fertilité dans cette situation.
Existe-t-il une taille à partir de laquelle il faut obligatoirement opérer ?
Non.
On entend parfois :
« Au-dessus de 4 cm, il faut retirer le fibrome avant une FIV. »
Cette règle est séduisante parce qu’elle est simple, mais les données scientifiques ne permettent pas d’établir un seuil universel.
L’ASRM conclut qu’en dehors des fibromes sous-muqueux ou intramuraux déformant la cavité, aucun seuil précis de taille, de nombre ou de localisation n’a été suffisamment démontré comme responsable d’une diminution de la fertilité pour justifier une règle générale.
Cela ne signifie pas qu’un fibrome intramural de 8 ou 10 cm soit équivalent à un fibrome de 1 cm.
Plus il devient volumineux, plus il peut déformer l’architecture globale de l’utérus, modifier indirectement la cavité ou compliquer une grossesse.
Mais la décision n’est pas basée sur un chiffre isolé.
Elle repose sur l’ensemble de l’anatomie et du contexte reproductif.
Les fibromes sous-séreux : généralement peu importants pour la fertilité
Les fibromes sous-séreux se développent principalement vers l’extérieur de l’utérus.
Ils peuvent devenir très volumineux sans modifier la cavité endométriale.
Pour cette raison, leur impact sur l’implantation semble faible.
L’ASRM considère qu’il n’existe pas de preuve suffisante montrant que l’ablation d’un fibrome sous-séreux améliore la fertilité.
Ainsi, retirer un fibrome sous-séreux asymptomatique simplement parce qu’une femme souhaite une grossesse n’est généralement pas justifié.
Une intervention peut bien sûr devenir nécessaire pour d’autres raisons : douleur importante, effet de masse, déformation majeure de l’utérus ou difficulté technique pour accéder aux ovaires lors d’une ponction de FIV.
Mais il s’agit alors d’une autre logique.
Fibrome et FIV : les mêmes principes s’appliquent-ils ?
Globalement, oui.
Avant une fécondation in vitro, l’équipe cherche surtout à vérifier que la cavité dans laquelle l’embryon sera transféré est normale.
Un fibrome sous-muqueux ou un fibrome intramural déformant clairement la cavité peut donc justifier une correction avant transfert embryonnaire.
Pour les fibromes intramuraux sans déformation de la cavité, la situation est beaucoup moins claire.
Certaines études suggèrent un effet défavorable modeste sur les résultats de FIV, mais les données sont contradictoires et le bénéfice de la myomectomie n’est pas démontré de manière suffisamment solide pour justifier une intervention systématique.
La décision devient alors très individualisée.
Pourquoi l’âge est-il particulièrement important avant de décider d’une myomectomie ?
Parce que la chirurgie elle-même prend du temps.
Une femme de 28 ans et une femme de 40 ans ayant exactement le même fibrome ne se trouvent pas dans la même situation reproductive.
Lorsqu’une myomectomie profonde est réalisée, il faut laisser au muscle utérin le temps de cicatriser avant une grossesse.
Une intervention entraîne donc nécessairement un délai avant la reprise du projet reproductif.
Or la fertilité féminine, et notamment la qualité ovocytaire, diminue avec l’âge.
Chez une femme dont la réserve ovarienne est déjà réduite ou pour laquelle le temps reproductif devient limité, retarder une FIV de plusieurs mois pour retirer un fibrome dont le bénéfice opératoire est incertain peut parfois être moins favorable que de poursuivre directement le parcours d’AMP.
L’ASRM souligne précisément que l’âge, la réserve ovarienne, les autres causes d’infertilité et la stratégie d’AMP doivent être intégrés lorsqu’on évalue l’intérêt d’une myomectomie.
La question n’est donc jamais seulement :
« Peut-on retirer ce fibrome ? »
mais :
« Quel bénéfice reproductif espérons-nous obtenir en le retirant, et quel est le coût reproductif du délai nécessaire pour le faire ? »
Peut-on congeler les ovocytes ou les embryons avant une chirurgie ?
Dans certaines situations, oui.
Chez une femme dont l’âge ou la réserve ovarienne rendent le temps précieux, il peut être pertinent de discuter une stimulation ovarienne et une conservation d’ovocytes ou d’embryons avant une myomectomie.
Cette stratégie n’est évidemment pas nécessaire chez toutes les patientes.
Elle peut être envisagée lorsque la chirurgie semble souhaitable mais que l’on souhaite ne pas perdre plusieurs mois de potentiel ovarien avant de sécuriser des ovocytes ou des embryons.
La décision est particulièrement personnalisée et relève d’une discussion conjointe entre chirurgien gynécologue et équipe de médecine de la reproduction.
Un fibrome peut-il gêner une ponction d’ovocytes ?
Oui, dans certaines situations anatomiques particulières.
Lors d’une FIV, les ovaires sont généralement ponctionnés par voie vaginale sous échographie.
Un très gros utérus fibromateux ou un fibrome déformant fortement le pelvis peut modifier la position des ovaires et les rendre difficiles à atteindre.
Même en l’absence d’effet démontré du fibrome sur l’implantation, cette difficulté technique peut exceptionnellement constituer une raison de discuter une myomectomie.
L’ASRM cite spécifiquement la distorsion importante de l’architecture pelvienne empêchant ou compliquant l’accès aux ovaires pour la ponction parmi les situations où une myomectomie peut être raisonnable malgré l’absence de déformation de la cavité.
Les fibromes augmentent-ils le risque de fausse couche ?
La réponse est plus nuancée qu’on ne le pense souvent.
De nombreuses publications anciennes ont associé les fibromes à une augmentation du risque de fausse couche.
Mais les études sont très hétérogènes, et lorsque l’on tient compte de facteurs comme l’âge, l’association devient beaucoup moins évidente.
L’ASRM considère qu’il n’existe pas actuellement de données de qualité suffisante permettant d’affirmer que la présence de fibromes en général augmente systématiquement le risque de fausse couche.
La localisation reste probablement importante.
Une déformation importante de la cavité paraît biologiquement et cliniquement plus pertinente qu’un fibrome sous-séreux situé à distance de l’endomètre.
Mais il faut éviter d’attribuer automatiquement une fausse couche à un fibrome simplement parce qu’il est visible à l’échographie.
Et en cas de fausses couches répétées ?
Cette question vient justement d’être réévaluée dans les recommandations 2026 de l’ASRM sur les pertes de grossesse répétées.
Les fibromes sous-muqueux font partie des anomalies intracavitaires pouvant être recherchées, notamment par hystéroscopie ou hystérosonographie.
Une myomectomie hystéroscopique peut augmenter les chances de grossesse lorsqu’un fibrome sous-muqueux est présent.
En revanche, les données restent insuffisantes pour démontrer clairement que cette intervention diminue le risque de nouvelle fausse couche, et aucun bénéfice clair de l’ablation des fibromes intramuraux ne déformant pas la cavité n’a été démontré.
Il faut donc là encore éviter un raisonnement trop rapide :
fausses couches répétées + fibrome = le fibrome est forcément responsable.
Les autres causes doivent être évaluées en parallèle.
Comment savoir si un fibrome déforme la cavité ?
L’échographie endovaginale constitue généralement le premier examen.
Elle permet de voir la localisation du fibrome et sa proximité avec l’endomètre.
Lorsque la relation avec la cavité reste incertaine, plusieurs examens peuvent compléter l’évaluation.
L’hystérosonographie consiste à introduire une petite quantité de liquide dans l’utérus pendant l’échographie. Le contraste créé par le liquide permet de voir très précisément si le fibrome fait saillie dans la cavité.
L’hystéroscopie permet de regarder directement l’intérieur de l’utérus.
L’ASRM considère ces méthodes comme particulièrement performantes pour évaluer les fibromes sous-muqueux et leur relation avec la cavité.
L’IRM peut être utile lorsqu’il existe de nombreux fibromes ou lorsque l’anatomie est plus complexe.
Faut-il faire une hystéroscopie avant toutes les FIV lorsqu’il existe un fibrome ?
Non.
Une hystéroscopie n’est pas nécessaire simplement parce qu’un petit fibrome intramural ou sous-séreux est visible.
Elle devient surtout pertinente lorsqu’une anomalie de la cavité est suspectée ou lorsque l’échographie ne permet pas de savoir précisément si le fibrome déforme l’endomètre.
L’objectif n’est pas de multiplier les examens mais de répondre à la question déterminante :
la cavité est-elle normale ?
Pourquoi ne pas enlever tous les fibromes « par précaution » ?
Parce qu’une myomectomie est une véritable intervention.
Lorsqu’un fibrome est profondément situé dans le muscle, il faut inciser le myomètre, retirer la masse puis reconstruire la paroi de l’utérus.
La myomectomie permet de conserver l’utérus et une grossesse ultérieure reste possible, mais elle crée nécessairement une cicatrice utérine.
Une chirurgie pelvienne peut également favoriser des adhérences, et une myomectomie profonde expose à des conséquences obstétricales spécifiques lors d’une grossesse ultérieure. La HAS rappelle notamment qu’après certaines myomectomies par cœlioscopie ou laparotomie, la cicatrice utérine doit être prise en compte lors du suivi de la grossesse.
Le bénéfice attendu doit donc être suffisamment important pour justifier ce coût.
Opérer un fibrome qui diminue réellement les chances d’implantation peut être très pertinent. Opérer un fibrome dont l’effet est incertain peut parfois remplacer un problème hypothétique par les conséquences bien réelles d’une chirurgie.
La myomectomie empêche-t-elle ensuite une grossesse normale ?
Non.
De nombreuses femmes obtiennent des grossesses spontanées ou après AMP après une myomectomie. L’Assurance Maladie rappelle qu’une grossesse ultérieure reste possible après cette intervention conservatrice.
La prise en charge de la grossesse dépend ensuite du nombre, de la taille et surtout de la profondeur des incisions réalisées dans le muscle.
Une petite myomectomie hystéroscopique n’a évidemment pas les mêmes conséquences qu’une intervention ayant nécessité plusieurs incisions profondes du myomètre.
Il est donc important de conserver le compte rendu opératoire, car il pourra être utile à l’obstétricien plusieurs années plus tard.
Faut-il attendre avant d’essayer d’être enceinte après une myomectomie ?
Oui, après une myomectomie impliquant le muscle utérin, une période de cicatrisation est habituellement nécessaire.
La durée dépend de la profondeur des incisions, du nombre de fibromes retirés, de la technique de fermeture de l’utérus et du contexte individuel.
Il est difficile de définir un délai universel fondé sur des données solides.
Il est donc préférable de recevoir une recommandation personnalisée au moment de l’intervention plutôt que d’appliquer systématiquement le même nombre de mois à toutes les patientes.
Cette attente doit elle aussi être intégrée avant de décider d’opérer une femme pour un motif de fertilité.
La myomectomie peut-elle elle-même diminuer la fertilité ?
Elle peut parfois avoir des conséquences susceptibles de compliquer la reproduction, notamment par la formation d’adhérences après une chirurgie abdominale ou par des adhérences dans la cavité après certaines résections hystéroscopiques.
La HAS identifie le caractère potentiellement adhésiogène de la chirurgie parmi les éléments à prendre en compte lorsqu’une myomectomie est envisagée chez une femme ayant un désir de grossesse.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut éviter une chirurgie utile.
Cela signifie qu’il faut éviter une chirurgie inutile.
Dans le contexte de fertilité, chaque intervention doit répondre à une question précise et apporter un bénéfice suffisamment probable.
Peut-on traiter un fibrome avec des médicaments pour améliorer la fertilité ?
Les traitements médicaux peuvent diminuer les saignements ou parfois réduire temporairement le volume des fibromes.
Mais ils ne constituent généralement pas un traitement permettant d’améliorer durablement la fertilité.
Les traitements qui bloquent l’activité ovarienne empêchent par définition une conception pendant leur utilisation, et le fibrome peut reprendre du volume après leur arrêt.
Ils peuvent parfois servir temporairement avant une chirurgie ou permettre de corriger une anémie, mais ils ne remplacent pas la correction anatomique lorsqu’un fibrome déforme réellement la cavité.
Et l’embolisation lorsqu’on souhaite une grossesse ?
L’embolisation des artères utérines est un excellent traitement non chirurgical de nombreux fibromes symptomatiques : elle permet de conserver l’utérus et de diminuer progressivement le volume des myomes.
Des grossesses sont possibles après embolisation.
Mais lorsque la fertilité future constitue un objectif prioritaire, les données disponibles restent moins rassurantes et moins nombreuses que pour la myomectomie.
La HAS continue donc de considérer la myomectomie comme la stratégie interventionnelle privilégiée chez les femmes ayant un désir de grossesse lorsque le fibrome doit être traité, notamment pour les fibromes sous-muqueux.
L’embolisation peut être discutée dans certaines situations particulières, mais elle n’est pas simplement interchangeable avec une myomectomie chez une femme qui souhaite prochainement concevoir.
Et la radiofréquence ou les ultrasons focalisés ?
Les techniques de destruction thermique des fibromes, comme certains traitements par radiofréquence ou par ultrasons focalisés, sont intéressantes parce qu’elles permettent parfois de traiter la masse sans réaliser une myomectomie classique.
Cependant, lorsqu’une grossesse future est l’objectif principal, les données sur les résultats reproductifs restent beaucoup moins abondantes que pour la chirurgie conservatrice.
Dans son évaluation récente des ultrasons focalisés HIFU, la HAS considérait que les données étaient encore insuffisantes pour en faire une technique de référence, notamment au regard des alternatives établies.
Une technique moins invasive n’est donc pas automatiquement une meilleure technique pour la fertilité.
Faut-il enlever un fibrome avant une grossesse naturelle ?
Pas systématiquement.
Une femme jeune présentant un petit fibrome sous-séreux, une cavité normale et aucune autre anomalie peut raisonnablement essayer d’obtenir une grossesse sans intervention.
Une patiente ayant un fibrome sous-muqueux déformant nettement la cavité et une infertilité inexpliquée constitue une situation très différente : une myomectomie peut ici améliorer les chances de grossesse.
Entre ces deux extrêmes se trouvent de nombreuses situations intermédiaires dans lesquelles la décision dépend du contexte.
Et avant une FIV ?
La même logique doit s’appliquer, avec une dimension supplémentaire : le temps.
Avant un transfert embryonnaire, un fibrome déformant la cavité mérite généralement d’être discuté sérieusement.
Mais lorsqu’un fibrome intramural ne déforme pas la cavité, il faut mettre en balance :
son éventuel effet négatif sur l’implantation ;
l’incertitude sur le bénéfice de la chirurgie ;
les risques de la myomectomie ;
le délai avant de pouvoir réaliser le transfert ;
l’âge ;
la réserve ovarienne ;
et le nombre d’embryons disponibles.
L’ASRM ne recommande pas de myomectomie systématique pour les fibromes asymptomatiques ne déformant pas la cavité.
Peut-on stimuler les ovaires avant d’opérer puis transférer les embryons plus tard ?
Oui, et cette stratégie peut être particulièrement intéressante lorsque l’âge ovarien impose de ne pas perdre de temps.
Une stimulation peut permettre d’obtenir et de congeler des ovocytes ou des embryons.
La myomectomie est ensuite réalisée.
Le transfert embryonnaire est effectué après la cicatrisation de l’utérus.
Cette approche permet de dissocier deux problèmes :
préserver le potentiel ovocytaire maintenant
et
optimiser l’utérus avant l’implantation plus tard.
Elle n’est pas nécessaire dans toutes les situations, mais elle illustre l’intérêt d’une réflexion commune entre médecine de la reproduction et chirurgie.
Fibromes multiples : faut-il tout retirer ?
Pas nécessairement.
Lorsqu’une femme présente de nombreux fibromes, vouloir retirer chaque petit nodule peut nécessiter de multiplier les incisions dans l’utérus et rendre la chirurgie beaucoup plus agressive.
La stratégie peut donc consister à cibler en priorité les fibromes qui :
déforment la cavité ;
provoquent des symptômes importants ;
déforment profondément l’architecture utérine ;
ou risquent de poser un problème particulier pour la grossesse ou le parcours d’AMP.
L’objectif n’est pas forcément d’obtenir un utérus totalement dépourvu de fibromes.
L’objectif est d’obtenir un utérus suffisamment favorable à la grossesse avec le minimum de traumatisme chirurgical nécessaire.
Un fibrome peut-il récidiver après une myomectomie ?
Oui.
La myomectomie retire les fibromes présents mais ne supprime pas la capacité du myomètre à développer ultérieurement de nouveaux myomes.
L’Assurance Maladie rappelle que de nouveaux fibromes peuvent apparaître après l’intervention.
Cette possibilité doit être particulièrement prise en compte chez une femme très jeune lorsqu’on envisage une première chirurgie.
Multiplier plusieurs myomectomies au cours de la vie n’est pas anodin.
La stratégie doit donc également anticiper le projet reproductif à moyen terme.
Une grossesse avec des fibromes est-elle forcément à risque ?
Non.
De très nombreuses femmes porteuses de fibromes ont des grossesses normales.
Une fois la grossesse obtenue, certains fibromes peuvent cependant augmenter de volume ou entraîner davantage de surveillance selon leur taille et leur localisation. Les fibromes peuvent notamment apparaître ou évoluer au cours de la grossesse sous l’influence de l’environnement hormonal.
Mais la présence d’un fibrome ne signifie ni qu’une grossesse sera nécessairement compliquée, ni qu’une césarienne sera obligatoire.
La surveillance obstétricale est simplement adaptée à l’anatomie réelle de l’utérus.
Une grossesse après myomectomie est-elle différente ?
Elle peut nécessiter une attention particulière en raison de la cicatrice du myomètre.
Le suivi dépend de la chirurgie réalisée.
Une résection hystéroscopique superficielle et une myomectomie profonde comportant plusieurs sutures de la paroi utérine ne sont pas équivalentes.
La HAS rappelle qu’un risque de rupture utérine existe après certaines myomectomies abdominales ou laparoscopiques, même s’il reste rare, ce qui explique que le compte rendu opératoire soit important pour préparer la surveillance et le mode d’accouchement.
L’indication d’une césarienne ne dépend toutefois pas du seul mot « myomectomie » mais des caractéristiques précises de l’intervention.
Pourquoi la décision est-elle parfois différente d’un centre à l’autre ?
Parce que les données scientifiques sont réellement imparfaites, surtout concernant les fibromes intramuraux qui ne déforment pas la cavité.
L’ASRM souligne la grande hétérogénéité des études disponibles : taille et nombre des myomes différents, populations différentes, patientes plus ou moins âgées, grossesses spontanées ou après FIV et critères de jugement variant entre grossesse clinique et naissance vivante.
Deux équipes peuvent donc parfois proposer des stratégies différentes sans qu’une des deux soit nécessairement « incorrecte ».
Dans ces zones d’incertitude, la préférence de la patiente et son contexte reproductif prennent une importance particulière.
Trois questions permettent souvent de simplifier la décision
Devant un fibrome et un projet de grossesse, il est utile de revenir à trois questions.
1. Le fibrome déforme-t-il la cavité ?
Si oui, son impact potentiel sur la fertilité est beaucoup plus crédible et une myomectomie peut améliorer les chances de grossesse.
2. Existe-t-il une autre explication à l’infertilité ?
L’âge, la réserve ovarienne, les trompes, l’ovulation, le sperme et les autres pathologies pelviennes doivent être étudiés.
Il serait dommage de réaliser une myomectomie complexe et de découvrir ensuite que le principal facteur limitant était ailleurs.
3. Le bénéfice attendu de la chirurgie est-il supérieur à son coût reproductif ?
Il faut intégrer la cicatrice, les adhérences possibles, le délai avant grossesse et l’âge de la patiente.
Ce raisonnement permet d’éviter à la fois de sous-traiter les fibromes réellement gênants et de sur-traiter ceux qui sont probablement simplement présents par hasard.
Quelques situations typiques
Une femme de 32 ans présentant un fibrome sous-muqueux de 3 cm déformant largement la cavité et une infertilité sans autre cause importante a probablement davantage à gagner d’une myomectomie hystéroscopique. Les données disponibles montrent une amélioration des taux de grossesse après résection des fibromes sous-muqueux.
Une femme de 34 ans avec un fibrome sous-séreux de 4 cm, une cavité parfaitement normale et une infertilité masculine n’a en revanche probablement aucune raison de subir une myomectomie uniquement pour améliorer sa fertilité. Il n’existe pas de preuve que retirer un fibrome sous-séreux améliore les chances de grossesse.
Une femme de 39 ans avec une réserve ovarienne diminuée et un fibrome intramural de 4 cm ne déformant pas la cavité représente une situation beaucoup plus délicate. Le bénéfice de la myomectomie n’est pas démontré, alors que le délai imposé par la chirurgie peut avoir une véritable importance reproductive. Une stratégie de préservation d’ovocytes ou d’embryons avant toute éventuelle intervention peut alors faire partie de la discussion.
Enfin, une femme présentant plusieurs gros fibromes qui déforment profondément l’utérus et rendent les ovaires difficilement accessibles pour une ponction peut parfois bénéficier d’une chirurgie même en l’absence de fibrome franchement sous-muqueux. L’ASRM cite spécifiquement ce type de difficulté anatomique parmi les exceptions pouvant justifier une myomectomie.
Le message essentiel
La présence d’un fibrome ne signifie pas qu’une femme est infertile.
Et lorsqu’une infertilité existe, le fibrome n’en est pas automatiquement la cause.
La caractéristique la plus importante est généralement son rapport avec la cavité utérine.
Les fibromes sous-muqueux et les fibromes intramuraux qui déforment la cavité sont ceux pour lesquels l’impact sur la fertilité est le plus crédible. La myomectomie peut alors être proposée pour améliorer les chances de grossesse.
Les fibromes sous-séreux, situés vers l’extérieur de l’utérus, ont généralement peu d’impact sur la fertilité et leur ablation n’a pas démontré qu’elle améliorait les chances de grossesse.
Les fibromes intramuraux ne déformant pas la cavité constituent la principale zone d’incertitude. Certaines études suggèrent un effet défavorable, notamment en FIV, mais les résultats sont contradictoires et il n’est pas démontré qu’une myomectomie systématique améliore les chances d’avoir un enfant.
Il n’existe surtout pas de taille universelle — 3 cm, 4 cm ou 5 cm — à partir de laquelle tout fibrome devrait automatiquement être retiré avant une grossesse ou une FIV.
Enfin, une myomectomie n’est jamais une décision neutre : elle conserve l’utérus et peut être extrêmement utile lorsqu’elle corrige une anomalie réellement défavorable, mais elle crée également une cicatrice, peut favoriser des adhérences et impose un délai de cicatrisation avant la grossesse.
La bonne question n’est donc pas :
« J’ai un fibrome : faut-il l’enlever avant d’être enceinte ? »
mais plutôt :
« Où se trouve ce fibrome ? Déforme-t-il réellement la cavité ? Quelle est la probabilité qu’il diminue mes chances de grossesse ? Quelles sont mes autres causes éventuelles d’infertilité ? Et avons-nous davantage à gagner en l’opérant qu’en poursuivant directement le projet de grossesse ? »
C’est cette balance entre anatomie du fibrome, âge, réserve ovarienne, projet de grossesse et bénéfice réel attendu de la chirurgie qui permet de proposer une prise en charge personnalisée.
Dans le domaine de la fertilité, l’objectif n’est donc pas d’obtenir à tout prix un utérus sans aucun fibrome.
L’objectif est d’obtenir l’utérus le plus favorable possible à une grossesse, en réalisant uniquement les traitements dont le bénéfice est suffisamment probable pour justifier leurs conséquences.
Fibromes · Chriurgie
Fibromes et chirurgie : retirer les fibromes ou l’utérus en adaptant l’intervention à chaque situation
La chirurgie des fibromes utérins ne correspond pas à une seule opération. Selon la localisation et le nombre des fibromes, l’âge de la patiente, ses symptômes et son éventuel désir de grossesse, il est possible de retirer uniquement le ou les fibromes — c’est la myomectomie — ou de retirer l’utérus lorsqu’un traitement définitif est souhaité — c’est l’hystérectomie. La myomectomie peut elle-même être réalisée par hystéroscopie, cœlioscopie, chirurgie robot-assistée ou laparotomie. Le choix de la technique ne dépend donc pas uniquement de la taille du plus gros fibrome : il repose sur une véritable cartographie de l’utérus et sur les objectifs de la patiente. La Haute Autorité de Santé recommande une décision médicale partagée, après comparaison des traitements médicaux, de l’embolisation, de la myomectomie et de l’hystérectomie.
Quand faut-il opérer un fibrome ?
Un fibrome n’est pas opéré simplement parce qu’il est visible à l’échographie.
La majorité des fibromes asymptomatiques ne nécessitent aucun traitement. Une intervention est principalement envisagée lorsque les fibromes provoquent des règles très abondantes, une anémie, des douleurs, des symptômes de compression, une gêne importante liée au volume de l’utérus ou certaines situations particulières de fertilité.
La chirurgie est également discutée lorsque les traitements médicaux ne contrôlent pas suffisamment les symptômes, lorsqu’ils sont contre-indiqués ou lorsque la nature même du problème rend improbable leur efficacité. Un fibrome qui occupe largement la cavité utérine ou un utérus extrêmement volumineux ne répondent évidemment pas à la même problématique qu’une simple augmentation des règles.
L’objectif n’est donc pas de retirer le maximum de fibromes possible, mais de choisir le traitement le moins agressif capable de résoudre réellement le problème.
Deux grandes stratégies chirurgicales
La chirurgie des fibromes repose essentiellement sur deux principes.
La myomectomie consiste à enlever le ou les fibromes tout en conservant l’utérus.
L’hystérectomie consiste à retirer l’utérus. C’est le seul traitement chirurgical qui supprime définitivement le risque de nouveaux fibromes dans cet organe.
Ces deux interventions répondent à des objectifs très différents.
Une femme souhaitant une grossesse aura évidemment besoin de conserver son utérus.
Mais même en l’absence de projet de grossesse, certaines patientes souhaitent conserver leur utérus pour des raisons personnelles, symboliques ou corporelles. D’autres préfèrent au contraire un traitement définitif, notamment après plusieurs années de symptômes ou plusieurs récidives.
Il n’existe pas une bonne décision identique pour toutes.
La myomectomie : enlever les fibromes et conserver l’utérus
La myomectomie consiste à retirer sélectivement un ou plusieurs fibromes puis, lorsqu’ils sont situés dans le muscle, à reconstruire la paroi utérine.
L’utérus reste donc en place et une grossesse ultérieure peut rester possible.
La manière de réaliser cette intervention dépend principalement de l’endroit où se trouve le fibrome.
Un fibrome à l’intérieur de la cavité n’est pas abordé de la même manière qu’un fibrome de 8 cm profondément enfoui dans le muscle.
C’est pourquoi la classification FIGO et la cartographie échographique ou IRM deviennent particulièrement importantes avant la chirurgie. La HAS distingue notamment les fibromes sous-muqueux ou intracavitaires de types FIGO 0 à 2 des fibromes situés davantage dans le myomètre ou vers la surface externe de l’utérus.
La myomectomie hystéroscopique
Opérer par les voies naturelles
Lorsqu’un fibrome se développe à l’intérieur de la cavité utérine, il peut souvent être retiré par hystéroscopie.
Une caméra et de fins instruments sont introduits par le vagin puis par le col de l’utérus.
Il n’y a donc aucune cicatrice sur l’abdomen.
Le chirurgien voit directement le fibrome dans la cavité et le résèque progressivement.
Cette voie est particulièrement adaptée aux fibromes sous-muqueux, notamment les types FIGO 0, 1 et certains types 2.
Type 0, 1 ou 2 : qu’est-ce que cela signifie ?
Un fibrome FIGO 0 est entièrement situé dans la cavité, souvent rattaché à la paroi par un pédicule.
Un type FIGO 1 possède une partie située dans le muscle, mais plus de la moitié de son volume fait saillie dans la cavité.
Un type FIGO 2 est plus profondément implanté dans le myomètre : plus de la moitié de la tumeur reste dans le muscle.
Plus le fibrome pénètre profondément dans la paroi, plus la résection hystéroscopique peut devenir complexe.
Peut-on toujours enlever un fibrome sous-muqueux en une seule fois ?
Non.
Un petit fibrome FIGO 0 peut être relativement simple à retirer.
À l’inverse, un fibrome volumineux ou profondément intramural peut nécessiter une intervention plus longue et parfois une stratégie en plusieurs temps.
L’objectif est de retirer le fibrome tout en évitant de fragiliser inutilement le muscle ou de dépasser certaines limites de sécurité de l’hystéroscopie.
Une résection incomplète au premier temps ne signifie donc pas nécessairement que l’intervention a « échoué ». Dans certaines situations complexes, programmer volontairement un second temps peut être plus prudent qu’essayer de tout enlever à tout prix lors d’une seule procédure.
Pourquoi la myomectomie hystéroscopique est-elle particulièrement intéressante pour la fertilité ?
Parce qu’elle permet de restaurer une cavité utérine normale sans réaliser d’incision abdominale ni d’ouverture de la face externe du myomètre.
Les fibromes déformant la cavité sont précisément ceux pour lesquels le bénéfice d’une myomectomie sur les chances de grossesse est le mieux établi.
C’est donc une chirurgie particulièrement importante chez les patientes infertiles ayant un fibrome sous-muqueux significatif.
Mais elle n’est pas totalement dépourvue de risque.
Les adhérences intra-utérines
Après toute chirurgie réalisée à l’intérieur de l’utérus, des zones de la cavité peuvent exceptionnellement cicatriser l’une contre l’autre.
On parle d’adhérences intra-utérines ou de synéchies.
Ce risque est notamment pris en compte lorsqu’on réalise des gestes hystéroscopiques importants chez des femmes ayant un désir de grossesse.
Il est donc parfois utile de contrôler secondairement la cavité, en particulier après une chirurgie complexe ou lorsqu’une infertilité persiste.
L’objectif de la chirurgie de fertilité est toujours de restaurer la cavité sans créer une nouvelle anomalie.
La myomectomie par cœlioscopie
Retirer un fibrome à travers de petites incisions
Lorsqu’un fibrome se situe dans l’épaisseur du muscle ou vers l’extérieur de l’utérus, l’hystéroscopie n’est généralement plus adaptée.
Une cœlioscopie peut alors être utilisée.
Le chirurgien introduit une caméra par une petite incision au niveau de l’abdomen et travaille à l’aide de plusieurs instruments fins.
Il incise le muscle utérin au-dessus du fibrome, sépare celui-ci du myomètre puis reconstruit soigneusement la paroi utérine avec des sutures.
La HAS inclut la myomectomie cœlioscopique parmi les principales modalités chirurgicales de traitement conservateur des fibromes.
Pourquoi la suture de l’utérus est-elle aussi importante ?
Une myomectomie ne consiste pas seulement à « retirer une boule ».
Lorsqu’un fibrome intramural est extrait, il laisse une cavité plus ou moins profonde à l’intérieur du muscle.
Le chirurgien doit alors contrôler le saignement et reconstruire les différentes couches du myomètre.
Cette étape est particulièrement importante chez une femme souhaitant une grossesse future.
L’objectif est d’obtenir une cicatrice suffisamment solide pour supporter ensuite l’augmentation considérable du volume et de la tension de l’utérus pendant une grossesse.
La qualité de la chirurgie ne se juge donc pas uniquement à la taille des cicatrices visibles sur la peau.
La chirurgie robot-assistée
La chirurgie robot-assistée repose sur le même principe qu’une cœlioscopie : plusieurs petits instruments sont introduits dans l’abdomen et l’intervention est réalisée sans grande ouverture abdominale.
Le robot ne réalise évidemment pas l’opération de manière autonome.
Le chirurgien contrôle en permanence les instruments depuis une console.
L’intérêt du système est notamment la grande mobilité des instruments et les possibilités de suture intracorporelle, ce qui peut être utile dans certaines myomectomies complexes.
La chirurgie robot-assistée constitue donc une manière de réaliser une chirurgie mini-invasive, et non une opération différente de la myomectomie cœlioscopique. La HAS a évalué la chirurgie robot-assistée dans les pathologies gynécologiques bénignes, dont les fibromes.
Le robot est-il forcément meilleur que la cœlioscopie ?
Non.
Il faut distinguer l’intérêt technique que peut représenter le robot dans certaines situations de l’idée qu’une intervention serait nécessairement meilleure simplement parce qu’un robot est utilisé.
Une myomectomie cœlioscopique conventionnelle réalisée par une équipe très expérimentée peut être une excellente intervention.
Le choix entre cœlioscopie classique et chirurgie robot-assistée dépend de l’anatomie, de la complexité de la suture, de l’expérience de l’équipe et des équipements disponibles. La HAS n’a pas établi le robot comme une obligation pour la chirurgie bénigne de l’utérus.
Le robot est un outil chirurgical, pas une indication chirurgicale.
Quels fibromes peut-on retirer par cœlioscopie ?
Il n’existe pas de diamètre unique à partir duquel la cœlioscopie deviendrait automatiquement impossible.
Le chirurgien prend en compte :
le nombre des fibromes ;
leur taille ;
leur profondeur dans le muscle ;
leur localisation ;
le volume global de l’utérus ;
les interventions antérieures ;
et la nécessité de réaliser une reconstruction complexe de la paroi.
Une patiente présentant un seul gros fibrome sous-séreux n’est donc pas comparable à une patiente ayant quinze fibromes profondément intramuraux répartis sur tout l’utérus.
L’expérience de l’équipe influence également ce qui peut raisonnablement être réalisé par voie mini-invasive.
La myomectomie par laparotomie
Pourquoi réaliser encore une chirurgie ouverte ?
La laparotomie consiste à ouvrir l’abdomen par une incision plus importante, généralement transversale dans la partie basse.
Elle peut être nécessaire lorsqu’il existe un très grand nombre de fibromes, un utérus extrêmement volumineux, une anatomie complexe ou lorsqu’une chirurgie mini-invasive ne permettrait pas de réaliser l’intervention dans de bonnes conditions.
Le RCOG reconnaît la laparotomie, la cœlioscopie et, dans certaines situations, la voie vaginale comme différentes voies possibles de myomectomie.
Une chirurgie ouverte n’est donc pas une « cœlioscopie ratée ».
Elle peut être la meilleure voie d’abord dès le départ lorsque la complexité de la reconstruction utérine l’exige.
Quels sont les avantages de la chirurgie mini-invasive ?
Lorsqu’elle est possible et appropriée, une chirurgie mini-invasive permet généralement d’éviter une grande incision abdominale et s’accompagne d’une récupération plus rapide.
Le RCOG souligne notamment que les techniques permettant une extraction par de petites incisions sont associées à moins de douleur postopératoire, un séjour hospitalier plus court et une récupération plus rapide qu’une chirurgie ouverte.
Mais ces avantages ne doivent pas conduire à maintenir à tout prix une voie mini-invasive lorsqu’elle rendrait la chirurgie moins sûre ou la reconstruction utérine de moins bonne qualité.
L’objectif reste d’abord de réaliser une bonne intervention, puis de la réaliser par la voie la moins invasive compatible avec cet objectif.
Le risque de saignement
Le myomètre est un tissu très vascularisé.
La myomectomie peut donc provoquer des pertes sanguines parfois importantes, surtout lorsqu’il existe plusieurs gros fibromes intramuraux.
La HAS identifie les complications hémorragiques parmi les risques de la myomectomie et souligne que la chirurgie par voie haute n’est pas une intervention anodine.
Différentes techniques peuvent être utilisées pendant l’intervention pour réduire le saignement et celui-ci est surveillé attentivement pendant et après la chirurgie.
Lorsque la patiente présente déjà une anémie avant l’intervention, il est particulièrement important de la corriger autant que possible avant le bloc opératoire.
Une hystérectomie peut-elle devenir nécessaire pendant une myomectomie ?
C’est exceptionnel, mais cette possibilité doit être connue.
Dans une situation d’hémorragie impossible à contrôler autrement, une hystérectomie peut constituer un geste de sauvetage.
Ce risque est faible dans une chirurgie programmée bien préparée, mais il explique pourquoi le consentement avant une myomectomie doit évoquer non seulement les complications fréquentes mais également certaines complications rares aux conséquences importantes.
Cette question est évidemment particulièrement sensible chez une femme qui souhaite encore une grossesse.
Les adhérences après myomectomie
Toute chirurgie abdominale ou pelvienne peut entraîner la formation d’adhérences, c’est-à-dire de zones cicatricielles reliant entre elles des structures qui étaient auparavant indépendantes.
Une myomectomie peut notamment entraîner des adhérences autour de l’utérus, des ovaires ou des trompes.
La HAS considère le caractère potentiellement adhésiogène de la myomectomie comme un élément à prendre en compte, particulièrement chez les femmes ayant un projet de grossesse.
Le risque dépend notamment de l’étendue de la chirurgie et du nombre d’incisions nécessaires sur l’utérus.
C’est une des raisons pour lesquelles retirer dix petits fibromes simplement parce qu’ils existent n’est pas toujours une meilleure stratégie que de cibler ceux qui sont réellement problématiques.
Les fibromes peuvent-ils revenir après une myomectomie ?
Oui.
Une myomectomie retire les fibromes présents au moment de l’intervention, mais elle ne modifie pas la prédisposition du myomètre à en développer de nouveaux.
La HAS rapporte un risque de récidive après myomectomie et souligne que certaines patientes auront besoin d’un nouveau traitement au cours des années suivantes.
Le risque dépend notamment de l’âge au moment de l’intervention, du nombre de fibromes initiaux et de la durée restante avant la ménopause.
Chez une femme de 28 ans présentant une maladie très polymyomateuse, le risque de voir apparaître de nouveaux fibromes au cours des vingt années suivantes est évidemment différent de celui d’une femme opérée à 48 ans.
Faut-il retirer absolument tous les fibromes pendant une myomectomie ?
Pas nécessairement.
Cela dépend du projet chirurgical.
Lorsqu’une femme est opérée pour des symptômes de compression dus à deux gros fibromes, retirer de nombreux nodules de quelques millimètres peut nécessiter des incisions supplémentaires sans apporter de bénéfice clinique.
Chez une femme opérée pour restaurer une cavité favorable à une grossesse, les fibromes qui déforment cette cavité sont généralement beaucoup plus importants que certains nodules sous-séreux éloignés.
La chirurgie moderne des fibromes ne cherche donc pas nécessairement à obtenir un utérus radiologiquement parfait.
Elle cherche à obtenir le meilleur résultat fonctionnel avec le moins de traumatisme nécessaire.
La grossesse après une myomectomie
Une grossesse reste tout à fait possible après une myomectomie.
C’est même précisément l’une des principales raisons de choisir cette intervention plutôt qu’une hystérectomie.
La question devient ensuite celle de la cicatrice laissée dans le muscle.
La HAS et les recommandations françaises sur l’utérus cicatriciel soulignent que les données permettant de prédire précisément le risque de rupture utérine après myomectomie sont limitées. La surveillance doit donc être adaptée aux caractéristiques réelles de l’intervention.
Une résection hystéroscopique d’un petit fibrome et une myomectomie ayant nécessité plusieurs incisions profondes du myomètre ne créent évidemment pas la même cicatrice.
Combien de temps faut-il attendre avant une grossesse ?
Il n’existe pas de délai universel applicable à toutes les myomectomies.
La recommandation dépend de la profondeur de la chirurgie, du nombre d’incisions, de la reconstruction de la paroi et du contexte reproductif.
Après une chirurgie profonde, une période de cicatrisation est généralement recommandée avant de débuter une grossesse.
Il est donc utile que ce point soit discuté avant l’intervention, en particulier chez les patientes dont l’âge ou la réserve ovarienne rendent le temps reproductif précieux.
Une césarienne est-elle obligatoire après une myomectomie ?
Pas systématiquement.
La décision dépend de la nature de la chirurgie réalisée.
Une petite résection hystéroscopique n’est pas comparable à une myomectomie profonde ayant traversé une grande partie de l’épaisseur du myomètre.
Les recommandations françaises soulignent que les données sur le risque de rupture après myomectomie restent de faible niveau de preuve et que l’évaluation doit être individualisée.
C’est pourquoi il est extrêmement utile de conserver le compte rendu opératoire.
Plusieurs années après l’intervention, l’obstétricien pourra ainsi savoir combien de fibromes ont été retirés, où se situaient les incisions et quelle reconstruction a été réalisée.
La question particulière de l’ouverture de la cavité utérine
Lorsqu’un fibrome est profondément intramural et proche de l’endomètre, la cavité utérine peut parfois être ouverte pendant la myomectomie.
Cela ne signifie pas que la grossesse future devient impossible.
Mais cette information peut influencer le suivi obstétrical ultérieur.
Elle doit donc être clairement documentée dans le compte rendu opératoire.
L’hystérectomie : le traitement définitif
L’hystérectomie consiste à retirer l’utérus.
Contrairement à la myomectomie, elle supprime à la fois les fibromes présents et la possibilité que de nouveaux fibromes apparaissent dans cet organe.
La HAS la considère, avec la myomectomie et l’embolisation, parmi les principales options interventionnelles des fibromes symptomatiques.
Elle peut être particulièrement pertinente lorsque les symptômes sont importants, que le projet de grossesse est terminé et que la patiente souhaite un traitement définitif.
Hystérectomie ne signifie pas forcément retirer les ovaires
C’est une confusion fréquente.
L’hystérectomie correspond au retrait de l’utérus.
Les ovaires sont des organes différents et leur retrait n’est pas automatiquement nécessaire lors d’une hystérectomie réalisée pour des fibromes bénins.
Le RCOG précise que les trompes et les ovaires peuvent être retirés ou conservés en fonction de la situation individuelle et des préférences de la patiente.
Chez une femme non ménopausée sans pathologie ovarienne particulière, il est donc souvent possible de conserver les ovaires et leur fonction hormonale.
Une hystérectomie avec conservation ovarienne ne provoque pas la même ménopause brutale qu’une ablation bilatérale des ovaires.
Hystérectomie totale ou subtotale
Une hystérectomie peut être totale, avec retrait du corps de l’utérus et du col, ou subtotale, lorsque le col est conservé.
Le RCOG distingue explicitement ces deux possibilités.
Le choix dépend de la situation médicale, de la voie opératoire et de la discussion préopératoire.
Une hystérectomie totale ne signifie pas retirer le vagin : seule la partie supérieure du vagin est refermée à l’endroit où se trouvait le col.
Par quelle voie peut-on réaliser une hystérectomie ?
Comme la myomectomie, une hystérectomie peut être réalisée par plusieurs voies.
Elle peut être :
vaginale ;
cœlioscopique ;
robot-assistée ;
ou abdominale par laparotomie.
Le choix dépend principalement du volume de l’utérus, de l’anatomie, des antécédents chirurgicaux, des pathologies associées et de l’expérience de l’équipe. Le RCOG reconnaît notamment les voies laparoscopique, abdominale et vaginale.
Pourquoi ne pas proposer une hystérectomie à toutes les femmes qui ne veulent plus d’enfant ?
Parce que l’hystérectomie est un traitement définitif, mais aussi une intervention plus radicale que la myomectomie ou l’embolisation.
Certaines femmes souhaitent conserver leur utérus même après avoir terminé leur projet de grossesse.
D’autres préfèrent au contraire éviter le risque de récidive et de nouvelle intervention.
La HAS insiste précisément sur la décision médicale partagée entre hystérectomie, myomectomie et embolisation, selon les symptômes et les préférences individuelles.
Il ne serait donc pas logique de considérer automatiquement :
« plus de désir de grossesse = hystérectomie ».
La question est plutôt :
quel niveau de traitement la patiente souhaite-t-elle pour obtenir quel niveau de résultat ?
Pourquoi l’hystérectomie reste-t-elle parfois la meilleure solution ?
Parce qu’elle constitue le traitement le plus définitif.
Chez une femme présentant de très nombreux fibromes, un utérus extrêmement volumineux, plusieurs interventions antérieures et des symptômes importants, une nouvelle myomectomie peut exposer à une chirurgie complexe tout en conservant un risque de récidive.
Une hystérectomie peut alors offrir un résultat plus prévisible : absence définitive de règles provenant de l’utérus, disparition des fibromes et absence de nouvelle chirurgie pour récidive fibromateuse.
La bonne indication n’est donc pas celle de l’intervention la moins importante en toutes circonstances.
C’est celle de l’intervention proportionnée au problème et au souhait de la patiente.
Qu’est-ce que le morcellement ?
La chirurgie mini-invasive pose une question particulière : comment sortir un fibrome de 8 ou 10 cm à travers une incision de quelques millimètres ?
Une possibilité consiste à le fragmenter en morceaux plus petits afin de pouvoir l’extraire.
Cette fragmentation est appelée morcellement.
Elle peut être réalisée mécaniquement ou à l’aide d’un dispositif spécifique et peut également être utilisée pour extraire un utérus volumineux.
Le morcellement a contribué à permettre de nombreuses myomectomies ou hystérectomies mini-invasives qui auraient autrement nécessité une ouverture abdominale plus importante.
Pourquoi le morcellement pose-t-il une question particulière ?
Parce qu’un fibrome est bénin, mais qu’il existe très rarement des tumeurs malignes du muscle de l’utérus, notamment des léiomyosarcomes, qui peuvent parfois ressembler à un fibrome avant l’opération.
Si une telle tumeur est méconnue et morcelée dans l’abdomen, des cellules tumorales peuvent être dispersées.
Le RCOG souligne que le morcellement d’un sarcome utérin non diagnostiqué peut disséminer la maladie et diminuer les chances de survie.
C’est pourquoi le risque doit être évalué avant toute chirurgie susceptible de nécessiter un morcellement.
Peut-on savoir avec certitude avant l’opération qu’une masse est un fibrome ?
Pas toujours.
L’échographie et, lorsque cela est nécessaire, l’IRM permettent d’identifier la très grande majorité des masses typiquement bénignes.
Des prélèvements de l’endomètre peuvent également être réalisés dans certaines situations.
Mais le RCOG rappelle qu’il n’existe actuellement aucun examen capable d’exclure avec certitude tous les sarcomes utérins avant la chirurgie.
C’est cette incertitude, même extrêmement faible chez une femme jeune présentant un fibrome typique, qui justifie une information spécifique avant morcellement.
Le risque dépend beaucoup de l’âge
Le risque qu’une masse supposée être un fibrome corresponde en réalité à un sarcome augmente avec l’âge, particulièrement autour et après la ménopause.
Le RCOG déconseille ainsi le morcellement chez les femmes de plus de 50 ans ou ménopausées et souligne que le risque doit être évalué individuellement avant l’intervention.
Il n’est donc pas pertinent de raisonner de la même manière chez une femme de 30 ans présentant un fibrome typique et chez une femme de 65 ans présentant une masse utérine nouvellement évolutive.
Le morcellement signifie-t-il forcément utiliser un morcellateur électrique ?
Non.
Le terme décrit toute fragmentation du tissu permettant son extraction.
Un fibrome peut être découpé mécaniquement dans certaines conditions, notamment lors d’une extraction vaginale ou à travers une petite incision abdominale.
Le RCOG précise que même lors d’une chirurgie ouverte ou vaginale, le découpage d’un fibrome ou de l’utérus en plusieurs fragments correspond à une forme de morcellement.
La question importante n’est donc pas seulement le nom de l’appareil utilisé, mais la fragmentation ou non du tissu dans un contexte où sa nature n’est pas encore connue avec une certitude histologique.
Le morcellement peut-il également disséminer un fibrome bénin ?
Oui, rarement.
De petits fragments de tissu fibromateux peuvent rester dans l’abdomen, se fixer sur une surface et continuer à se développer.
Le RCOG estime que cette complication reste peu fréquente mais peut conduire ultérieurement à une nouvelle intervention.
La prévention de la dispersion tissulaire fait donc également partie des considérations techniques lors d’une myomectomie mini-invasive.
Pourquoi utiliser parfois un sac d’extraction ?
Certaines techniques visent à réaliser la fragmentation à l’intérieur d’un système de confinement, afin de limiter la dispersion de fragments dans la cavité abdominale.
L’objectif est d’améliorer la sécurité de l’extraction lorsqu’un morcellement est nécessaire.
Cependant, l’utilisation d’un dispositif de confinement ne transforme pas une masse suspecte en indication de morcellement.
Lorsqu’une tumeur est réellement suspecte de malignité, le principe reste de chercher à l’extraire intacte plutôt que de la fragmenter.
Une masse suspecte doit être traitée différemment
Une masse présentant des caractéristiques réellement atypiques à l’échographie ou à l’IRM, une évolution inhabituelle ou un contexte clinique préoccupant doit être évaluée spécifiquement avant la chirurgie.
Le RCOG recommande qu’une masse suspecte puisse être discutée en réunion multidisciplinaire et rappelle que le morcellement ne doit pas être utilisé lorsqu’un sarcome est suspecté.
Dans cette situation, accepter une incision abdominale plus importante peut être préférable à une extraction mini-invasive qui compromettrait la sécurité oncologique.
La petite cicatrice ne doit jamais devenir l’objectif principal de l’intervention.
Quels sont les autres risques d’une myomectomie ?
Comme toute intervention, une myomectomie comporte des risques anesthésiques et chirurgicaux.
Ils dépendent énormément de la voie d’abord et de la complexité de la chirurgie.
Les principaux risques comprennent notamment :
saignement ;
infection ;
lésion exceptionnelle d’un organe voisin ;
adhérences ;
conversion vers une chirurgie ouverte lorsqu’une cœlioscopie devient impossible ou dangereuse ;
et, exceptionnellement, nécessité d’une hystérectomie pour contrôler une complication grave.
La HAS souligne que la myomectomie par voie haute expose à des complications per- et postopératoires et peut également avoir des conséquences sur la fertilité du fait notamment de son caractère adhésiogène et de la cicatrice du myomètre.
Le risque individuel varie cependant énormément entre le retrait hystéroscopique d’un fibrome de 2 cm et une myomectomie portant sur quinze myomes.
Comment se déroule la récupération après une chirurgie ?
Elle dépend principalement de la voie d’abord et de l’importance du geste.
Après une hystéroscopie simple, la récupération peut être très rapide.
Après une cœlioscopie ou une chirurgie robot-assistée, la récupération est généralement plus rapide qu’après une laparotomie, même si une myomectomie reste une véritable chirurgie du muscle utérin.
Une laparotomie nécessite habituellement une récupération plus longue en raison de l’incision abdominale.
Le RCOG souligne globalement que les approches mini-invasives permettent une récupération plus rapide et un séjour plus court que la chirurgie ouverte lorsqu’elles sont appropriées.
Pourquoi deux femmes ayant « le même fibrome » peuvent-elles recevoir des propositions différentes ?
Parce que l’indication ne dépend pas simplement du diamètre.
Un fibrome de 5 cm peut être entièrement sous-séreux et très simple à retirer.
Un autre de même diamètre peut être profondément intramural, proche de l’endomètre et situé à proximité de gros vaisseaux.
Le premier peut nécessiter une incision limitée.
Le second peut imposer une reconstruction complexe du myomètre.
Le nombre de fibromes, l’âge, le projet de grossesse, les antécédents chirurgicaux, l’existence d’une adénomyose et les priorités de la patiente modifient également la décision.
La chirurgie doit être dessinée autour de l’utérus réel de la patiente, pas autour d’un chiffre isolé sur un compte rendu.
Plusieurs fibromes : myomectomie ou hystérectomie ?
C’est une décision particulièrement personnelle.
Une femme de 32 ans souhaitant encore deux grossesses et présentant plusieurs fibromes symptomatiques pourra accepter une myomectomie complexe afin de conserver son utérus.
Une femme de 46 ans ne souhaitant plus de grossesse, présentant quinze fibromes et ayant déjà subi deux myomectomies peut préférer une hystérectomie afin d’obtenir un traitement définitif.
La HAS insiste précisément sur l’importance d’intégrer le souhait de conservation utérine, les symptômes, les caractéristiques des fibromes et les bénéfices et risques de chaque technique dans la décision.
Aucune de ces deux décisions n’est intrinsèquement plus moderne ou plus conservatrice que l’autre.
Le bon traitement est celui qui correspond au projet de la patiente.
Une chirurgie doit-elle forcément être proposée avant une embolisation ?
Non.
Lorsqu’un fibrome nécessite un traitement non médical, la HAS considère la myomectomie, l’hystérectomie et l’embolisation comme trois grandes options qui doivent être comparées selon les caractéristiques individuelles.
Une femme sans désir de grossesse présentant de nombreux fibromes peut par exemple préférer une embolisation afin de conserver son utérus sans chirurgie.
Une autre peut préférer une hystérectomie pour obtenir un traitement définitif.
Une troisième peut privilégier une myomectomie.
La consultation doit permettre de comprendre les avantages et les limites de chacune, plutôt que d’imposer une succession rigide d’étapes.
Peut-on préparer médicalement la chirurgie ?
Oui, dans certaines situations.
Lorsqu’une patiente présente une anémie importante, la priorité est de corriger le manque de fer et de limiter autant que possible les nouveaux saignements avant l’intervention.
Des médicaments supprimant temporairement l’activité hormonale ovarienne peuvent également être utilisés dans certaines situations afin de réduire les saignements et parfois le volume des fibromes avant la chirurgie.
L’objectif n’est pas de remplacer l’intervention prévue mais de permettre qu’elle soit réalisée dans de meilleures conditions.
Chirurgie conservatrice ne signifie pas automatiquement meilleure chirurgie
Préserver l’utérus peut être essentiel lorsqu’un projet de grossesse existe ou lorsque la patiente souhaite cette conservation.
Mais préserver un utérus à tout prix peut parfois conduire à une chirurgie extrêmement complexe, avec de nombreuses incisions, une importante perte sanguine et un risque élevé de nouvelle intervention.
Inversement, réaliser une hystérectomie simplement parce qu’une femme ne souhaite plus d’enfant peut être disproportionné lorsque quelques fibromes faciles à traiter sont responsables de ses symptômes.
La notion centrale est donc la proportionnalité.
Mini-invasive ne signifie pas automatiquement moins risquée dans toutes les situations
La cœlioscopie et la chirurgie robotique offrent d’importants avantages lorsque l’intervention est adaptée à ces voies.
Mais une chirurgie mini-invasive qui impose une extraction problématique, un morcellement inapproprié ou une suture utérine de mauvaise qualité ne constitue pas un progrès.
Le RCOG souligne justement que le bénéfice des petites incisions doit être mis en balance avec les risques spécifiques du morcellement lorsqu’il est nécessaire.
L’objectif est donc :
la voie la moins invasive permettant de réaliser correctement et en sécurité l’opération nécessaire.
Le message essentiel
La chirurgie des fibromes ne correspond pas à une opération unique.
La myomectomie hystéroscopique permet de retirer par les voies naturelles les fibromes situés dans la cavité utérine, notamment les types FIGO 0, 1 et certains types 2.
La myomectomie cœlioscopique ou robot-assistée permet de retirer certains fibromes intramuraux ou sous-séreux tout en conservant l’utérus, avec de petites incisions abdominales.
La laparotomie garde une place lorsque l’utérus est très volumineux, lorsqu’il existe de nombreux fibromes ou lorsque la reconstruction serait trop complexe pour une voie mini-invasive.
L’hystérectomie constitue le traitement définitif : les fibromes ne peuvent plus récidiver puisqu’il n’existe plus d’utérus. Elle n’implique cependant pas nécessairement le retrait des ovaires.
La myomectomie permet de préserver la possibilité d’une grossesse, mais elle crée parfois une cicatrice du myomètre, peut entraîner des adhérences et n’empêche pas l’apparition ultérieure de nouveaux fibromes.
Enfin, lorsqu’une chirurgie mini-invasive nécessite de fragmenter le fibrome pour l’extraire, la question du morcellement doit être discutée. Le risque qu’une masse supposée bénigne soit en réalité un sarcome est rare mais augmente avec l’âge ; le morcellement d’un sarcome méconnu peut disséminer la maladie.
La question à poser n’est donc pas simplement :
« Peut-on m’opérer par cœlioscopie ? »
ni même :
« Peut-on conserver mon utérus ? »
Il faut plutôt se demander :
« Quel fibrome devons-nous réellement traiter ? Dans quel objectif ? Quelle voie permet de le faire avec le moins de conséquences ? Est-ce que je souhaite conserver mon utérus ? Ai-je un projet de grossesse ? Et le bénéfice d’une chirurgie conservatrice est-il suffisamment important pour justifier son risque de récidive et ses conséquences sur le muscle utérin ? »
C’est cette réflexion qui permet de choisir entre hystéroscopie, cœlioscopie, chirurgie robot-assistée, laparotomie ou hystérectomie.
La meilleure chirurgie des fibromes n’est pas nécessairement celle qui retire le plus, ni celle qui laisse la plus petite cicatrice. C’est celle qui traite suffisamment la maladie tout en préservant ce qu’il est utile et souhaité de préserver.
Fibromes · Notre centre
Notre centre : une prise en charge spécialisée et multidisciplinaire des fibromes
Les fibromes utérins sont extrêmement fréquents, mais leur prise en charge peut devenir complexe lorsqu’ils sont nombreux, volumineux, responsables de saignements importants, associés à un désir de grossesse ou lorsqu’une première stratégie thérapeutique a échoué. À l’Hôpital Nord de Marseille, notre approche repose sur un principe simple : il n’existe pas un traitement unique du fibrome. Notre centre dispose au contraire de plusieurs possibilités — traitements médicaux, hystéroscopie, chirurgie mini-invasive, embolisation des artères utérines et radiofréquence échoguidée par voie vaginale — afin de choisir la stratégie la plus adaptée à chaque patiente. Tous les dossiers nécessitant un traitement interventionnel sont discutés en staff afin de confronter les différentes options avant de proposer une prise en charge. L’AP-HM présente aujourd’hui la prise en charge des fibromes de l’Hôpital Nord comme une approche multimodale associant traitements médicaux, chirurgie, radiofréquence et radiologie interventionnelle.
Ne pas commencer par choisir une technique
Lorsqu’une patiente consulte pour des fibromes, la première question n’est pas :
« Faut-il opérer ? »
et encore moins :
« Quelle opération faut-il faire ? »
Nous cherchons d’abord à comprendre le problème réellement posé par les fibromes.
Chez certaines patientes, il s’agit principalement de règles très abondantes et d’une anémie.
Chez d’autres, le symptôme principal est une pesanteur permanente ou une compression de la vessie liée au volume de l’utérus.
Chez une femme souhaitant une grossesse, la question peut être totalement différente : le fibrome déforme-t-il réellement la cavité utérine et peut-il gêner l’implantation ?
Enfin, certains fibromes ont été découverts par hasard et ne nécessitent aucun traitement.
Cette étape est fondamentale, car un même fibrome peut raisonnablement conduire à des décisions différentes selon l’âge de la patiente, ses symptômes, son projet de grossesse et ses priorités.
Une consultation consacrée à la prise en charge des fibromes
À l’Hôpital Nord, la prise en charge des fibromes est coordonnée par le Dr Antoine Netter, au sein du service de gynécologie-obstétrique. L’AP-HM décrit cette activité comme associant traitements médicaux, techniques mini-invasives et chirurgie des situations complexes.
La consultation permet d’abord de reprendre l’histoire de la maladie :
depuis quand les fibromes sont-ils connus ?
Quels symptômes provoquent-ils ?
Existe-t-il une anémie ?
Y a-t-il déjà eu un traitement médical, une embolisation ou une intervention ?
Une grossesse est-elle souhaitée prochainement ?
Les fibromes déforment-ils réellement la cavité ?
Existe-t-il également une adénomyose ou une autre pathologie susceptible d’expliquer les symptômes ?
Cette dernière question est particulièrement importante. Une femme peut présenter simultanément plusieurs fibromes et une adénomyose. Retirer les fibromes ne fera pas nécessairement disparaître les règles douloureuses si une grande partie des symptômes provient en réalité de l’adénomyose.
L’imagerie permet de construire une véritable cartographie de l’utérus
L’échographie reste généralement l’examen de départ.
Elle permet de préciser le nombre, la taille et surtout la localisation des différents fibromes.
Lorsque l’anatomie est plus complexe, une IRM pelvienne peut être particulièrement utile avant de choisir le traitement.
L’Hôpital Nord dispose sur place d’un plateau complet d’imagerie comportant échographie, IRM 1,5 et 3 Tesla, scanner, angiographie et radiologie interventionnelle.
Cette proximité entre gynécologues et radiologues est importante car l’imagerie ne sert pas seulement à confirmer l’existence des fibromes.
Elle doit permettre de répondre à des questions thérapeutiques :
lesquels déforment la cavité ?
lesquels sont profondément intramuraux ?
lesquels se développent vers l’extérieur ?
quel est le volume global de l’utérus ?
quelle technique permettrait de traiter les fibromes réellement responsables des symptômes avec le minimum de conséquences ?
Tous les dossiers sont discutés en staff
L’un des principes de notre organisation est que les dossiers nécessitant un traitement interventionnel sont discutés en staff.
Cette discussion est particulièrement importante parce que plusieurs traitements peuvent parfois être raisonnables pour une même patiente.
Une femme présentant plusieurs fibromes intramuraux et des règles très abondantes pourrait par exemple être candidate à une myomectomie, à une embolisation ou, dans certaines situations sélectionnées, à une destruction par radiofréquence.
Ces techniques n’ont pas exactement les mêmes avantages, les mêmes limites ni les mêmes conséquences pour un éventuel projet de grossesse.
Le rôle du staff est donc de ne pas faire dépendre la proposition thérapeutique de la seule technique pratiquée par le médecin consulté.
Nous cherchons à choisir le traitement pour la patiente, plutôt qu’à choisir la patiente pour une technique.
Les traitements médicaux restent souvent la première étape
Lorsque le problème principal est le saignement et que la situation anatomique le permet, une prise en charge médicale peut suffire.
Elle peut comporter des traitements destinés à diminuer les règles, à corriger une carence en fer, un dispositif intra-utérin hormonal lorsque la cavité n’est pas trop déformée, ou certains traitements hormonaux plus spécifiques.
Chez une femme proche de la ménopause, contrôler efficacement les symptômes pendant quelques années peut parfois éviter toute intervention.
Le fait que notre centre dispose de nombreuses possibilités techniques ne signifie donc pas que nous cherchions systématiquement à les utiliser.
Ne pas intervenir est une véritable option thérapeutique lorsque les symptômes sont suffisamment contrôlés.
L’embolisation des artères utérines disponible directement à l’Hôpital Nord
L’une des particularités de notre organisation est la disponibilité sur le même site d’une équipe de radiologie interventionnelle réalisant les embolisations des artères utérines.
Le service travaille notamment avec le Dr Jérôme Soussan et le Dr Simon Ravaud. L’embolisation des fibromes fait partie des procédures réalisées sur le plateau de radiologie interventionnelle de l’Hôpital Nord.
La collaboration entre gynécologie et radiologie interventionnelle est également explicitement intégrée au parcours fibrome du service.
Comment fonctionne l’embolisation ?
L’embolisation ne retire pas les fibromes.
Le radiologue interventionnel introduit un cathéter dans le réseau artériel puis atteint les artères qui vascularisent l’utérus. Des particules sont utilisées pour diminuer fortement la vascularisation des fibromes.
Ceux-ci diminuent ensuite progressivement de volume et leurs symptômes peuvent s’améliorer.
L’intérêt est notamment de pouvoir traiter plusieurs fibromes simultanément, sans retirer l’utérus et sans réaliser de myomectomie.
Cette technique peut donc constituer une excellente alternative chez certaines patientes présentant plusieurs fibromes symptomatiques.
Une décision conjointe entre gynécologue et radiologue
L’embolisation n’est pas proposée simplement parce qu’elle est disponible.
La question est de savoir si elle constitue la meilleure option dans la situation considérée.
Un fibrome presque entièrement situé dans la cavité utérine ne pose pas la même question qu’un utérus comprenant plusieurs gros fibromes intramuraux.
De même, une patiente sans projet de grossesse et une femme souhaitant concevoir dans les prochains mois ne seront pas nécessairement orientées vers la même stratégie.
Lorsque l’embolisation paraît pertinente, l’intérêt de notre organisation est que le dossier peut être discuté directement avec les radiologues interventionnels de l’Hôpital Nord, notamment le Dr Jérôme Soussan et le Dr Simon Ravaud, plutôt que de considérer la radiologie interventionnelle comme une filière séparée de la gynécologie.
La radiofréquence échoguidée par voie vaginale
Notre centre propose également une technique encore peu diffusée en France : la myolyse par radiofréquence échoguidée par voie vaginale, réalisée par le Dr Antoine Netter.
L’AP-HM présente l’Hôpital Nord comme l’un des centres proposant cette approche mini-invasive pour certains fibromes utérins.
Le principe est très différent de celui d’une myomectomie.
Le fibrome n’est pas retiré.
Sous contrôle échographique permanent, une fine électrode est introduite par voie vaginale jusqu’au fibrome.
L’énergie de radiofréquence est alors délivrée directement à l’intérieur du myome afin de provoquer une destruction thermique contrôlée du tissu.
Le fibrome traité va ensuite progressivement se modifier et diminuer de volume.
Une intervention sans cicatrice abdominale
L’un des intérêts de la voie vaginale échoguidée est de pouvoir atteindre certains fibromes sans réaliser d’incision sur l’abdomen.
L’AP-HM décrit cette procédure comme une technique mini-invasive réalisée sans cicatrice abdominale et intégrée à la prise en charge globale des fibromes de l’Hôpital Nord.
Elle ne correspond cependant pas à une chirurgie « plus moderne » qui remplacerait toutes les autres interventions.
Tous les fibromes ne sont pas accessibles dans de bonnes conditions par cette technique.
La localisation, la taille, le nombre de fibromes, leur proximité avec les autres organes et le projet reproductif de la patiente doivent être pris en compte.
C’est précisément pour cette raison que la radiofréquence fait partie des options discutées en staff, au même titre que l’hystéroscopie, la myomectomie ou l’embolisation.
Radiofréquence, embolisation ou myomectomie : pourquoi disposer des trois est important
Il est tentant de vouloir établir un classement simple :
quelle est la meilleure technique ?
En réalité, cette question n’a pas de réponse universelle.
La myomectomie retire physiquement le fibrome.
L’embolisation agit sur la vascularisation de l’ensemble des fibromes.
La radiofréquence détruit de manière ciblée le tissu du ou des fibromes traités sans les enlever.
Chacune de ces techniques répond donc à une logique différente.
Une patiente avec un fibrome sous-muqueux de 2 cm responsable de règles hémorragiques peut bénéficier d’une hystéroscopie très simple.
Une autre avec une dizaine de fibromes intramuraux peut être une bonne candidate à une embolisation.
Chez une troisième patiente présentant quelques fibromes bien accessibles, la radiofréquence peut permettre une stratégie très peu invasive.
Enfin, certaines situations nécessitent une véritable myomectomie complexe afin de reconstruire l’utérus.
L’intérêt d’un centre proposant plusieurs techniques est précisément de ne pas avoir à considérer l’une d’elles comme la solution à tous les fibromes.
La chirurgie hystéroscopique
Les fibromes qui se développent dans la cavité utérine peuvent être retirés par hystéroscopie.
La caméra et les instruments sont introduits par le vagin et le col : aucune cicatrice abdominale n’est nécessaire.
Cette voie est particulièrement importante lorsqu’un fibrome sous-muqueux est responsable de saignements ou déforme la cavité chez une femme ayant un projet de grossesse.
Selon la taille et la profondeur du fibrome dans le muscle, l’intervention peut parfois nécessiter plus d’un temps opératoire.
L’objectif est de restaurer une cavité aussi normale que possible sans fragiliser inutilement le myomètre.
La chirurgie cœlioscopique et robot-assistée
Pour les fibromes situés dans l’épaisseur du muscle ou à la surface externe de l’utérus, une myomectomie peut être réalisée par voie mini-invasive lorsque la situation s’y prête.
L’activité gynécologique de l’Hôpital Nord comprend la chirurgie mini-invasive et la chirurgie robot-assistée, et la prise en charge des fibromes complexes fait partie de l’activité du Dr Antoine Netter.
L’objectif d’une myomectomie n’est pas seulement d’extraire les fibromes.
Chez une patiente souhaitant une grossesse, la qualité de la reconstruction du muscle utérin est essentielle.
Une chirurgie mini-invasive n’est donc intéressante que si elle permet de réaliser correctement l’ensemble de l’intervention.
Et lorsque la chirurgie ouverte est préférable ?
Certaines patientes présentent un utérus extrêmement volumineux ou un très grand nombre de fibromes profondément intramuraux.
Dans ces situations, une chirurgie ouverte peut parfois rester préférable.
Notre objectif n’est pas d’imposer une cœlioscopie ou une chirurgie robotique à toutes les patientes.
La taille des cicatrices cutanées ne constitue pas le seul critère de qualité d’une intervention.
Lorsqu’une myomectomie complexe est nécessaire, la priorité est de retirer les fibromes responsables des symptômes et de reconstruire correctement l’utérus, en particulier lorsqu’une grossesse est envisagée.
L’hystérectomie fait également partie des possibilités
Lorsque le projet de grossesse est terminé et que les fibromes sont extrêmement nombreux, récidivants ou responsables de symptômes majeurs, l’hystérectomie peut constituer une option raisonnable.
Elle représente le seul traitement définitif des fibromes, puisqu’une récidive devient impossible après retrait de l’utérus.
Mais elle n’est pas proposée simplement parce qu’une patiente ne souhaite plus d’enfant.
Certaines femmes préfèrent conserver leur utérus et choisir une embolisation, une radiofréquence ou une myomectomie.
D’autres souhaitent au contraire éviter le risque de nouvelles interventions et privilégient un traitement définitif.
Ces préférences font pleinement partie de la décision.
Une attention particulière au projet de grossesse
La question de la fertilité modifie profondément la prise en charge des fibromes.
Tous les fibromes n’empêchent pas d’être enceinte et tous ne nécessitent donc pas d’être retirés avant une grossesse ou une FIV.
Nous cherchons particulièrement à déterminer si le fibrome déforme la cavité utérine, car c’est dans cette situation que son impact sur l’implantation est le plus important.
Mais le fibrome n’est qu’une partie du bilan.
L’âge de la patiente, la réserve ovarienne, les trompes, le sperme et les éventuelles autres causes d’infertilité doivent être intégrés avant de décider une chirurgie qui peut elle-même retarder le projet de grossesse.
Une relation directe avec le centre d’AMP de La Conception
Lorsque la situation associe fibromes et difficulté à concevoir, notre centre travaille en lien avec le Centre Clinico-Biologique d’Assistance Médicale à la Procréation de l’Hôpital de la Conception.
Le centre est dirigé notamment par le Pr Blandine Courbière, aux côtés des Pr Catherine Guillemain et Jeanne Perrin, et son équipe comprend actuellement le Dr Appoline Zimmermann.
Cette collaboration est particulièrement utile lorsque la décision n’est pas évidente :
faut-il enlever le fibrome avant la FIV ?
Faut-il au contraire commencer par une stimulation ovarienne afin de conserver des ovocytes ou des embryons ?
Le fibrome déforme-t-il suffisamment la cavité pour justifier une intervention avant transfert ?
Une chirurgie risque-t-elle de faire perdre un temps reproductif précieux ?
Faut-il envisager un traitement conservateur particulier ?
Ces décisions gagnent à être prises en associant expertise chirurgicale du fibrome et expertise de médecine de la reproduction plutôt qu’en les raisonnant séparément.
L’AP-HM confirme actuellement l’organisation du centre d’AMP de La Conception sous la responsabilité notamment du Pr Blandine Courbière et la présence du Dr Appoline Zimmermann dans l’équipe.
Parfois, préserver la fertilité signifie ne pas opérer
C’est une nuance importante.
Chez une femme souhaitant une grossesse, la stratégie la plus « conservatrice » n’est pas forcément celle qui consiste à retirer tous les fibromes.
Une myomectomie peut entraîner des adhérences, créer une cicatrice dans le muscle utérin et imposer un délai avant la grossesse.
Lorsqu’un fibrome ne déforme pas la cavité et que son impact sur la fertilité paraît faible, l’absence d’intervention peut donc parfois être la meilleure manière de préserver les chances reproductives.
À l’inverse, retirer un fibrome intracavitaire qui gêne probablement l’implantation peut être extrêmement pertinent.
Préserver la fertilité ne signifie donc pas préserver tous les fibromes ni les enlever tous : cela signifie intervenir uniquement lorsque le bénéfice reproductif attendu est supérieur aux conséquences du traitement.
Une prise en charge des fibromes et de l’adénomyose souvent associée
Les fibromes ne sont pas toujours la seule anomalie de l’utérus.
Une adénomyose peut coexister et participer aux règles abondantes, aux douleurs ou parfois aux difficultés reproductives.
Cette association est particulièrement importante lorsqu’une patiente possède plusieurs fibromes mais que les symptômes semblent disproportionnés par rapport à leur localisation.
Le traitement doit alors être conçu pour l’ensemble de l’utérus et non uniquement pour les images les plus visibles sur l’IRM.
La disponibilité simultanée de la chirurgie, des traitements médicaux et de la radiologie interventionnelle permet justement d’adapter la stratégie lorsque plusieurs mécanismes participent aux symptômes. L’équipe de radiologie interventionnelle de l’Hôpital Nord réalise notamment des embolisations dans le cadre des fibromes et de l’adénomyose.
Une intervention n’est proposée que si elle apporte quelque chose
Dans un centre disposant de techniques innovantes, il existe toujours un risque : être tenté d’utiliser une technique simplement parce qu’elle est disponible.
Notre philosophie est inverse.
Une patiente asymptomatique n’a généralement pas besoin d’un traitement.
Une femme dont les règles sont parfaitement contrôlées par un traitement médical n’a pas nécessairement intérêt à subir une intervention.
Une patiente proche de la ménopause peut parfois raisonnablement attendre.
Et chez une femme souhaitant une grossesse, un fibrome situé loin de la cavité n’a pas obligatoirement besoin d’être retiré.
Disposer de nombreuses techniques doit permettre de mieux sélectionner les traitements, pas d’augmenter le nombre d’interventions.
Le suivi après traitement
Le suivi dépend du traitement choisi.
Après une myomectomie, l’objectif est notamment de vérifier la récupération et, lorsqu’une grossesse est souhaitée, d’expliquer le délai nécessaire avant de débuter le projet.
Après une radiofréquence ou une embolisation, les fibromes restent visibles pendant un certain temps : ils diminuent progressivement de volume. L’imagerie éventuelle doit donc être interprétée en fonction de la technique utilisée.
L’efficacité du traitement ne se mesure d’ailleurs pas seulement en centimètres.
Les questions les plus importantes restent :
les règles ont-elles diminué ?
l’anémie est-elle corrigée ?
la pesanteur ou la compression se sont-elles améliorées ?
la qualité de vie est-elle meilleure ?
Un fibrome toujours visible mais devenu asymptomatique peut correspondre à un excellent résultat.
Une offre particulièrement large sur un même site
L’un des intérêts de l’organisation de l’Hôpital Nord est de réunir dans un même environnement plusieurs approches complémentaires.
Le service de gynécologie propose les traitements médicaux, l’hystéroscopie, les myomectomies mini-invasives et la myolyse par radiofréquence endovaginale.
Le service de radiologie interventionnelle réalise sur le même site les embolisations des artères utérines, avec notamment le Dr Jérôme Soussan et le Dr Simon Ravaud.
Et lorsqu’un projet de fertilité ou une AMP doit être intégré à la réflexion, la prise en charge peut être coordonnée avec l’équipe du Pr Blandine Courbière et du Dr Appoline Zimmermann à l’Hôpital de la Conception.
Cette diversité permet de construire le traitement autour de chaque situation plutôt que de proposer systématiquement la même réponse.
Le message essentiel
Notre centre considère les fibromes comme une maladie qui doit être prise en charge de manière personnalisée et multimodale.
Tous les fibromes n’ont pas besoin d’être traités.
Lorsqu’un traitement est nécessaire, tous les dossiers sont discutés en staff afin de confronter les différentes possibilités.
Nous disposons des traitements médicaux et des principales techniques chirurgicales, notamment l’hystéroscopie et la chirurgie mini-invasive.
Nous pouvons également proposer directement à l’Hôpital Nord l’embolisation des artères utérines, grâce à notre collaboration étroite avec l’équipe de radiologie interventionnelle et notamment le Dr Jérôme Soussan et le Dr Simon Ravaud. L’embolisation des fibromes figure actuellement parmi les activités interventionnelles du service de radiologie de l’Hôpital Nord.
Notre centre propose également la myolyse par radiofréquence échoguidée par voie vaginale, réalisée par le Dr Antoine Netter, pour certaines patientes sélectionnées. L’AP-HM intègre actuellement cette technique à son offre spécifique de prise en charge mini-invasive des fibromes.
Enfin, lorsqu’un projet de grossesse ou une infertilité est associé aux fibromes, nous travaillons directement avec le centre d’AMP de l’Hôpital de la Conception, notamment avec le Pr Blandine Courbière et le Dr Appoline Zimmermann.
L’objectif n’est donc pas de répondre à toutes les patientes par une chirurgie, une embolisation ou une radiofréquence.
Il est de pouvoir réellement choisir.
Chez une patiente, la meilleure décision sera de ne rien faire. Chez une autre, de contrôler les règles par un traitement médical. Chez une autre encore, d’enlever un fibrome par hystéroscopie ou cœlioscopie. Certaines bénéficieront davantage d’une embolisation, d’autres d’une radiofréquence. Et lorsque la fertilité entre dans l’équation, le projet reproductif doit être intégré avant la première intervention.
C’est cette capacité à réunir autour d’un même dossier gynécologie, chirurgie, échographie, radiologie interventionnelle et médecine de la reproduction qui constitue le cœur de notre prise en charge des fibromes à l’Hôpital Nord.
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Téléphone : 04 91 96 46 58 de 8h00 à 12h00
Mail : rdvgyneconord@ap-hm.fr